Li-Po
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4.5 - Excellent
Voilà à mes yeux un film qui va bien au-delà de ses apparences - et c'est ce qui fait sa valeur. Narrant une histoire somme toute assez classique (un petit gangster du genre loser va de malchance en malchance alors qu'il est coincé plusieurs jours dans une petite ville minable de l'Arizona), il laisse dès le départ apparaître en filigrane la force de thème éternels: la vie - la mort, le destin, la noirceur de l’âme humaine, les faux-semblants, la faiblesse de tous devant la passion et l'argent... Voilà un film dans lequel chaque personnage est pétri de duplicité, manie le mensonge et la duperie comme des arts sublimes et finalement est mû par des pulsions malsaines dont le sexe, l'argent, le mensonge sont les moyens d'expression. Nulle lumière dans cet ensemble très noir: même le vieil indien clochard qui pouvait passer pour un sage se dévoile finalement comme sonnant bien faux!
L'ambiante est pesante, on sent le renfermé de cette vie en vase clos sous le palpitant soleil du désert.
Rythme lent en général, ponctué de quelques scènes plus enlevées qui dévoilent la petitesse, la mesquinerie des personnages: un casse qui tourne mal, quelques bagarres assez minables avec un fiancé jaloux; le héros (très bon Sean Penn) rate tout, tout le monde le manipule, il perd argent, armes, voiture, espoirs.... et dents! Il se bat mal, fait mal l'amour et ce qui est remarquable chez lui, ce sont les colères vaines et creuses qui laissent s'exprimer son sentiment d'impuissance. Bon nombre de gros plans s'attardent sur les visages, révélant leurs faiblesses, leurs doutes, leur noirceur. Sont intercalés sans cesse des plans d'animaux grimaçants, vivants ou morts; rappel de la bestialité de l'homme? Pièce importante de cette œuvre grinçante et en fait assez atypique, la musique de Ennio Morricone, inventive et souvent obsédante, contribue efficacement aux diverses ambiances.
U turn est donc un drame finalement profond sur le destin et le peu de crédit que l'on peut accorder à chacun, prisonnier se son passé, de ses pulsions, de sa petitesse. Un film très noir finalement.
Ajoutée le 22 déc. à 17h54
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