909 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
92 critiques spectateurs
5
22 critiques
4
22 critiques
3
18 critiques
2
15 critiques
1
13 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
ProjecteurTemporel
1 abonné
58 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 11 mai 2026
Avec Profession : reporter, Antonioni filme la disparition de soi comme une lente dérive métaphysique, où chaque déplacement semble rapprocher Jack Nicholson d’un vide qu’il croyait fuir. La beauté du film tient dans cette manière presque hypnotique de faire du silence, des architectures et des paysages les véritables révélateurs du malaise intérieur. Rarement le cinéma aura capté avec autant de précision la fatigue existentielle d’un homme qui échange son identité sans jamais réussir à échapper à lui-même. Le célèbre plan final reste l’un des gestes les plus vertigineux de toute l’histoire du cinéma, une prouesse technique qui devient ici une méditation funèbre sur le regard et l’effacement. Une œuvre d’une élégance spectrale, dont la froideur apparente finit paradoxalement par devenir profondément émouvante.
Film crépusculaire et fascinant, Profession : reporter déploie une méditation vertigineuse sur l’identité et la fuite de soi. Michelangelo Antonioni y impose une mise en scène lente et contemplative, où chaque plan semble suspendre le temps. Jack Nicholson incarne avec une intensité feutrée un homme en quête d’effacement. Le récit, minimaliste et hypnotique, s’étire jusqu’à un final d’une maîtrise formelle saisissante. Une œuvre exigeante et mélancolique, qui hante longtemps après sa dernière image.
Un film fascinant où Michelangelo Antonioni explore la perte d’identité à travers un récit lent et hypnotique. La performance de Jack Nicholson apporte une profondeur mélancolique au personnage principal en fuite. Malgré son rythme contemplatif, le film marque par sa mise en scène élégante et son atmosphère existentielle.
Chef-d'œuvre, paraît-il, de Michelangelo Antonioni. Mais hélas j'ai bien du mal à m'enthousiasmer pour sa propension à la quête existentialiste et à l'allégorie. Certes je me suis émerveillé pour la qualité esthétique de sa mise en scène, en particulier les scènes de désert, mais son message sur l'identité, la sollicitude et incommunicabilité, ses partis pris pour les dialogues et la direction d'acteurs, tout m'a laissé indifférent et m'a même quelque peu agacé !
C'est l'histoire d'une fuite en avant, l'étrange aventure d'un reporter à qui le hasard permet un jour de changer d'identité et de se faire passer pour mort. L'attitude inexplicable, et inexpliquée parce qu'Antonioni n'introduit que fort peu d'éléments biographiques et encore moins d'indices psychologiques, de David Locke n'en demeure pas moins la manifestation d'un malaise existentiel profond. L'imposture du personnage de Jack Nicholson, particulièrement sobre en comparaison de certaines de ses prestations chez Milos Forman ou Stanley Kubrick, ne sera peut-être qu'une vaine renaissance. D'abord curieux de sa nouvelle vie qui le plonge dans un vaguespoiler: trafic d'armes, l'identité réelle de Locke ne s'avèrera-t-elle pas incontournable? Le film d'Antonioni est un film d'atmosphère; c'est-à-dire qu'il peut fasciner comme il peut agacer ou ennuyer par son affectation. Du Maghreb désertique et comme intemporel à l'animation bruyante de l'Espagne, le caractère hiératique et taciturne de la mise en scène donne un tour abstrait et métaphorique au sujet, lequel devient, au fil du temps, toujours plus insondable ...et rébarbatif.
Lorsqu'on se contraint à terminer le visionnage d'un film sous l'égide de sa réputation de grand classique, cela n'annonce généralement rien de positif. Jonché d'incohérences, d'invraisemblances et de séquences superflues d'une naïveté étonnante, le film relate les péripéties d'un homme mûr qui tente maladroitement de fuir son propre succès en changeant d'identité. Pour ce faire, il lui suffit d'échanger son passeport contre celui d'un homme récemment décédé dans la chambre voisine de son hôtel, quelque part en Afrique, en y recollant sa photo avec une simplicité déconcertante. Même le formidable Jack Nicholson, malgré son jeu d'acteur naturellement organique, éprouve des difficultés à donner de la substance à ce récit. Les productions cinématographiques des années 70 du XXe siècle tendent souvent à justifier la suprématie de l'homme blanc quadragénaire sur les autres races, catégories d'âge, et surtout sur les femmes qui les accompagnent, obligatoirement beaucoup plus jeunes. Ce qui rend ce film particulièrement insupportable, c'est la discutable éthique de l'auteur qui inclut dans le film de véritables images d'archives d'une exécution capitale. En somme, ce film incarne un cinéma désormais résolument démodé.
David Locke (Jack Nicholson) est grand reporter pour la télévision. Mais las de sa vie, il décide de disparaître en prenant l’identité de David Robertson, le voisin de chambre brutalement décédé d’un arrêt cardiaque de l’hôtel qu’il occupe dans une bourgade isolée du Tchad. Robertson se révèle être un marchand d’armes qui approvisionne un mouvement rebelle. Pour ce motif, Locke/Robertson est poursuivi par la police tchadienne. Nancy, la femme de Locke, qui veut éclaircir les circonstances du décès de son mari, est aussi à ses trousses. De Munich à Almeria, en passant par Barcelone où il fait la connaissance d’une jeune femme anonyme (Maria Schneider), Locke/Robertson doit fuir.
"Profession : reporter" marque un point d’orgue dans la carrière d’Antonioni, quinze ans après "L’Avventura", cinq ans après "Zabriskie Point". Le film est enseigné dans toutes les écoles de cinéma pour le plan-séquence qui le conclue. D’une durée de sept minutes, il part de la chambre où Locke/Robertson a enfin trouvé le repos et, dans un lent travelling avant, en franchit la fenêtre pour rassembler dans un long mouvement circulaire tous les protagonistes de l’histoire avant de revenir sur son héros.
Comme dans tout le cinéma d’Antonioni, "Profession : reporter" – bizarrement traduit en anglais The Passenger alors que son titre italien est bien "Professione : reporter") est un drame de l’incommunicabilité et de l’identité. Son héros est à ce point dégoûté de sa propre existence qu’il décide de l’abandonner pour en prendre une autre. Mais ce stratagème rencontre vite ses limites. Locke (le choix du nom du célèbre philosophe anglais de la liberté ne doit bien sûr rien au hasard) découvre vivre à ses propres dépens qu’on ne peut jamais se fuir totalement : on est rattrapé par sa propre histoire, comme Locke est rattrapé par sa femme, et l’on doit porter l’histoire de celui dont on a usurpé la vie.
La vénération qu’on voue à Antonioni est si respectueuse (j’en parlais déjà dans mes critiques très mitigées du "Désert rouge" et du "Cri") que c’est du bout des lèvres que je m’autorise toutefois une note dissidente sur ce film unanimement porté aux nues. Je trouve que le choix de Jack Nicholson dans le rôle principal est malheureux. La star hollywoodienne – qui accumulait les nominations aux Oscars pour "Easy Rider", "Five Easy Pieces" et "Chinatown" avant de tourner quelques mois plus tard "Vol au-dessus d’un nid de coucou" – a le sourcil trop sardonique, l’oeil qui frise trop, l’ironie à fleur de peau, pour se cooler dans un personnage si mélancoliquement antonionien.
Errance, transfert, décalage, rencontre impossible, retour au Tchad depuis l'Andalousie, sortir de la chambre d'hotel pour y revenir, toujours, pour toujours
… Quand Michelangelo Antonioni filme l’Espagne, le Barcelone de Gaudi puis l’Andalousie, c’est magnifique, avec des images à couper le souffle. Malheureusement le scénario conçu en thriller est faiblard, plutôt ennuyeux et assez prétentieux… ça sent la grosse tête !
La lenteur du rythme en rebutera certainement plus d'un, c'est du pur cinéma contemplatif et dans ce domaine Antonioni confirme que c'est un as. La photographie est juste sublime et la prestation de Jack Nicholson vaut le détour. Impossible aussi d'oublier le magistral plan-séquence de 7 minutes qui clôture le film.
6 196 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 30 septembre 2021
J'attendais Profession : reporter avec impatience en tant que fan de Nicholson mais je viens de gaspiller près de deux heures de ma vie pour rien et j'aurai surtout pu faire autre chose que de regarder ça. Les intellectuels s'écrieront c'est du Antonioni donc c'est génial moi je suis un intellectuel et je dis non c'est un film idiot. La mise en scène est piétonnière et les acteurs secondaires sont en bois à l'extrême en particulier Jenny Runacre qui donne l'impression d’être un chêne perdu dans une foret et sa scène avec Berkoff est tous simplement épouvantable. La réalisation était plutôt moyenne et surtout elle n'a pas réussi à élever l'intrigue au-delà du banal. Le soi-disant fameux dernier plan n'était rien d'autre qu'ennuyeux stupide et même comique à mes yeux. Une petite voiture roulant dans la poussière comme c'est métaphysique en effet. J'ai trouvé que ce film son histoire mince comme du papier et ses personnages superficiels étaient une perte de temps totale pour moi sauf peut-être pour quelques aperçus de la vie de l'Espagne de Franco et je serais très surpris si Jack Nicholson en était fier...
Mon film de chevet, mon film culte. J'ai du mal à parler de ce chef-d'œuvre, de peur d'en trahir toute la richesse et la beauté. Comment ne pas penser à Rimbaud en le visionnant, à l'évocation de ce personnage, reporter en pleine ascension de carrière, qui choisit d'endosser l'identité d'un mort et de devenir trafiquant d'armes. Je est un autre donc, mais cette fuite se révèle vite sans issue. On n'a jamais filmé le désert de manière aussi belle, aussi vraie. Il se dégage de ce voyage vers nulle part une impression de mélancolie à mesure qu'on s'achemine vers son terme, qu'on devine tragique. Le terminus, un hôtel perdu au milieu de nulle part, au pied des arènes, pour un plan séquence qui est ce que j'ai vu de plus beau et de plus poignant au cinéma, au nom cruellement ironique qui rappelle le caractère dérisoire de toute existence humaine: hostal de la gloria.
Un film que je retenterai peut être à l’occasion car la à la première vision je ne suis jamais rentré dedans. Je reconnais des moments de mise en scène très inspirés, Antonioni sait ce qu’il fait de sa caméra c’est indéniable,mais l’histoire ne m’a jamais impliqué ou intéressé. Et pourtant il y a Jack Nicholson qui électrise toujours un film de sa présence, mais là non plus ça n’a pas suffit. Il y a de bonnes choses, de très bonnes choses mais je me suis ennuyé.
Le roi nu. Honnetement, HONNETEMENT, si on ne vous a pas bourré le crâne avant de "c'est un chef d'oeuvre" , vous voyez quoi dans ce film? De beaux paysages, une intrigue qui démarre bien mais devient peu crédible (voire pas du tout), des longueurs, des plans qui ne servent à rien (éventuellement ridicules, comme par exemple ce mouvement lent de caméra vers un tableau dans un hôtel ???), un plan séquence final qui ne sert pas non plus à grand chose si ce n'est à nous réveiller (ah! comment il a fait? Ben, il a dû faire fabriquer une fausse grille qui s'ouvre en fait comme une fenêtre, fastoche). Bref, un film tout à fait surévalué par les fans inconditionnels d'Antonioni, parce que c'est Antonioni. Les autres le jugent pour ce qu'il est : un essai cinématographique intéressant mais ennuyeux, ou un joli documentaire. Tiens j'irais bien en Andalousie.