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"Sœurs de sang" est la première incursion dans le thriller horrifique de De Palma qui juste avant a connu un petit succès d'estime avec "Greetings" suivi de "Hi mom!"; deux comédies dramatiques bavardes avec Robert De Niro. De Niro est en attente de Scorsese et De Palma a compris qu'il ne serait pas le Frank Capra des seventies. C'est dans une direction diamétralement opposée qu'il tourne son regard en se replongeant dans les chefs d'œuvre du maître du suspense, le bien nommé Alfred Hitchcock, encore vivant à l'époque et qui vient de boucler son avant dernier film "Frenzy" dont De Palma s'inspire ici nettement pour la photographie. Mais c'est dans "Vertigo" et "Fenêtre sur cour" que De Palma va puiser les thèmes conducteurs de "Soeurs de sang" que sont la gémellité et le voyeurisme. Pour le coup, il réussit à débaucher Bernard Herrmann en relatif sommeil depuis sa dispute avec Hitchock au sujet de la partition devant accompagner " Le Rideau déchiré". Tout est donc en place pour que le jeune metteur en scène réussisse sa percée. Mais le piège n'est pas loin car s'il ne parvient pas à transcender les effets de son maître il ne sera vu que comme un piètre plagiaire. Le pari est donc d'importance pour De Palma qui s'il échoue risque de se voir renvoyer à ses chères études. Aidé de comédiens peu chevronnés , il remporte un relatif succès qui lui permettra de poursuivre l'aventure jusqu'au succès mondial de "Carrie au bal du diable". De Palma a fort bien retenu d'Hitchcock que ce qui compte dans le suspense c'est l'ambiance plus que ce que l'on montre réellement au spectateur. On nage ici dans une irréalité cotonneuse dont le parti pris est montré dès l'entame du film avec cette parodie cinglante des jeu télévisés américains dont l'esprit a depuis largement irrigué les télévisions européennes. L'humour n'est jamais très loin et alterne souvent avec les scènes de suspense pur. Ces changements de rythme font tout le sel de cette entrée en fanfare dans un genre dont il sera incontestablement le maître reconnu de tous dans les années 70 et 80 au même titre que John Carpenter et Wes Craven. Quoiqu'il s'en défende dans les bonus du DVD, De Palma prolonge l'œuvre américaine d'Alfred Hitchcock. Son film qui s'insère entre "Frenzy" et "Complot de famille" est en osmose complète avec les derniers opus du maître qui sont teintés d'un humour cynique et un peu trash. "Pulsions" et "Body Double" renoueront avec ce mélange si particulier après que De Palma se soit recentré un temps sur des thrillers plus classiques comme "Furie" ou "Blow out". Une alternance heureuse que De Palma n'aurait jamais du interrompre. Les amateurs de pop musique pourront apprécier la prestation décalée et toute en dérision de William Finley en psychiatre amoureux d'un des siamoises, véritable sosie de Ron Mael membre du groupe anglais Sparks, célèbre pour son attitude hiératique et sa petite moustache à la Hitler.
Ajoutée le 26 déc. à 18h43 Signaler un abus
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