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Un visiteur
5,0
Publiée le 22 mars 2011
Aussi beau que les cheveux d'une hirondelle, aussi luxuriant que le Bois de Boulogne. Les deux acteurs sont morts aujourd'hui... "C'est toujours les meilleurs qui partent en premier." (Jeanne Calment, 1997)
Sublime sur de nombreux aspects. Mais mention spéciale pour le jeu d'acteur de notre cher regretté Patrick Dewaere qui est tout simplement génialissime, il ne frise pas il touche le génie du doigt et meme de ces deux mains. Très peu et très rarement un Acteur Français sera allé si loin...
Si le cinéma français ne devait se résumer qu'en quelques films, celui-ci figurerait sans aucun doute dans la liste. Corneau nous décrit un univers noir, poisseux où le désespoir est le seul luxe que l'on peut se permettre. Le scénario tiré d'un roman du génial Jim Thompson est brillant avec de magnifiques dialogues tragi-comiques. La mise en scène est irréprochable et Patrick Dewaere est tout simplement flamboyant dans ce film où il trouve son meilleur rôle. Un chef-d'œuvre, une grosse claque cinématographique dans la gueule, c'est du grand art.
S'il n'y a jamais eu d'adaptation du "voyage" de Céline, ce film est ce qui s'en rapproche le plus. Un film assez unique, à voir ! Et Dewaere au sommet!!!! Un des films qui m'a le plus marqué!!!
Toujours raté à la télé, séance de rattrapage en salles. Certaines sorties du mercredi n'attirent pas autant de monde, et on comprend pourquoi. Pur régal. Rien à rajouter à ce qui a été dit. On prend place dans son fauteuil, et on est au spectacle. Scotché. Patrick DEWAERE tout bonnement et simplement au delà de tout. Bernard BLIER sadique à souhaits. Marie Trintignant mignonissime, muette comme une carpe, amorphe, un mur à tartes sur lequel Franck POUPART monologue, en roue libre, souple et imprévisible comme un fauve sauvage, instable, prêt à exploser dans la seconde qui suit, fait mouche à chaque salve, sans personne pour lui renvoyer la réplique (Adaptation et dialogues signés Georges PEREC), se déplaçant dans chaque scène comme Mohammed ALI swinguait sur un ring et devant les micros, comme Michael JORDAN mystifiait les parquets, comme PELE doublait toutes les défenses comme des passoires sur tous les terrains pour envoyer tous ces ballons au fond des cages. Bref, un mec qui corpore. Que le cinéma français d'aujourd'hui est narcissique et lisse, tièdasse, inoffensif, ennuyeux, sans intérêts. Quand aux comédiens... comme par hasard, la liste complète des acteurs en vogue depuis 20 ans ont reçu le Prix Patrick DEWEARE. L'hommage du vice à la vertu...
Prologue burlesque, pathétique, à l'orée d'une banlieue lugubre, où l'on découvre notre antihéros Frank Poupard singer Duke Ellington... Incontestablement le meilleur rôle de Patrick Dewaere, l'une des plus grandes compositions d'acteur toutes catégories confondues, une terrible plongée en apnée dans la France des misères quotidiennes : voilà ce qu'est Série Noire, chef d'oeuvre du cinéma hexagonal réalisé par le regretté Alain Corneau. On pourrait palabrer des heures au sujet de la prestation de Patrick Dewaere : volontairement anti-naturaliste, explosive, mélange délectable de cynisme, de grotesque et de fébrilité, cette dernière est digne des plus grandes. A noter également l'excellente apparition de Myriam Boyer, celle de Bernard Blier et celle de la très jeune Marie Trintignant... Malgré son atmosphère particulièrement glauque et dépressive Série Noire réussit à nous tenir en haleine du début à la fin, en raison d'un style remarquable et d'une écriture tout à fait délicieuse ( on retrouve l'écrivain Georges Perec au poste de dialoguiste ). Un film poétiquement dévorant, cruel et désespéré. Chef d'oeuvre, même si je n'ajoute pas grand-chose de nouveau à ce qui a déjà été dit...
Un chef d'oeuvre! Dewaere est au sommet de son art! Fou, halluciné! Moi-même qui suis comédien, j'aurais aimé interpréter ce rôle! Superbe! Marie Trintignant est super mignonne et Blier est égal à lui-même! Quand à Myriam Boyer, très belle! Un chef d'oeuvre du cinéma français qui vaut largement toutes les merdes cinématographiques d'aujourd'hui!!! Du très grand Alain Corneau!
c'est hilarant et glaçant à la fois. la petite jouée par la sublime trintignant nous possède comme elle possède franck poupart jusqu'au point de non retour. on flirte avec une folie permanente, le héros étant constamment sur le fil du rasoir. adapté d'un roman de jim thompson. rien que ça.
On crie! Oh là là qu'est-ce que ça crie, une autre époque ou on ressent bien le dessus qu'ont les hommes sur les femmes. Le film se tient très bien et s'arrête au bon moment, au coeur de la plongée aux enfers du personnage incarné par Patrick Dewaere.
Alain Corneau signe une œuvre singulière. Son propos social pessimiste laisse libre cour au talent de Patrick Dewaere. Ce dernier en roue libre comme l'atteste par exemple la scène d'ouverture ou les nombreux monologues porte littéralement le film. "Série Noire" est construit autour de lui. Ainsi l'appréciation du film est fortement dépendante de celle de Dewaere. Si certain lui reprocheront de sur-jouer, son interprétation reste quant même de la trempe des plus grands. Le film de Alain Corneau se révèle alors cynique, sombre, et même parfois drôle (humour noire, bien entendu). On reprochera une esthétique inégale. Et retour de flamme oblige, un certain néant à coté de Dewaere. Oui mais voilà, ce film respire le mal être, c’est sordide, les personnages sont minables, le contrat est remplie à « sang pour sang ». Enfin, la France n’a pas produit à la chaine des films noirs de qualités, « Série Noire demeure donc à voir.
Alain Corneau signe avec "Série Noire" un polar glauquissime aux accents tragi-comiques.
En France, à la fin des années 70, l'illusion des 30 glorieuses s'est évanouie depuis bien longtemps et le climat se veut de plus en plus étouffant. Le film s'inscrit donc parfaitement dans son époque et qui mieux que P. Dewaere pouvait incarner le personnage de Poupard, minable petit VRP de banlieue, dont la rencontre avec la sublime et la mystérieuse Mona (excellente Marie Trintignant) conduira inexorablement à sa perte.
La composition hallucinée de Dewaere est portée à son paroxysme et la caméra de Corneau semble l'accompagner dans ses moindres accès de folie.Le film est adapté d'un roman de Jim Thompson (ce dernier inspirera également le génial "Coup de Torchon" de Bertrand Tavernier quelques années plus tard) et les dialogues sont signés Georges Pérec. .
Affichant clairement sa singularité, "Série Noire" déstabilise, dérange mais passionne tout autant. Quoiqu'il en soi, ce voyage aux confins de la folie ordinaire et du désespoir laisse une trace indélébile dans l'esprit de tout spectateur.