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De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
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Un visiteur
5,0
Publiée le 3 octobre 2008
Le film date de 1973 et pourtant, il est résolument moderne, beaucoup plus que la majorité de ce qu'on voit aujourd'hui. La réalisation n'est pas attendue, pas caricaturale. Tout est fin et subtil
Né un 26 janvier 1926, c’est aussi un 26 qu’il tira sa révérence au monde entier. En effet, Paul Newman s’est éteint il y a quelques jours de cela (le 26 Septembre 2008), à l’age de 83, des suites d’un cancer. Tout le monde le connait en tant qu’acteur (notamment dans Butch Cassidy et le Kid - 1969 & Luke la main froide - 1967), mais peu de gens savent qu’il avait aussi réalisé des films, dont celui-ci qui est son deuxième long-métrage (en réalité c’est son troisième mais il a renié Le Clan des irréductibles - 1971). Avec De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (1973), Paul Newman nous retranscrit à la perfection le quotidien d’une famille Américaine des années 70. Peu d’argent en poche et deux filles à élever, Béatrice Hunsdorfer est une mère de famille divorcée et profondément blessée par la vie. Dépassée par la dureté de la vie et ce qui l’attend, peur de ne pas subvenir aux besoins de ses enfants, cette femme d’une quarantaine d’années donne l’impression d’être névrosée ou écoeurée de ce qu’elle est devenue. Dans la lignée de Alice n'est plus ici (1975) de Martin Scorsese. Paul Newman nous offre là un très beau portrait, où l’interprétation remarquable de Joanne Woodward (sa femme à la ville) prime avant tout (elle remporta le Prix d'Interprétation Féminine lors du 26ème Festival de Cannes).
Il est un charme, une magie évidente qui se dégage de l'oeuvre de P.Newman, d'une poésie et d'une grâce rare. Dommage que seule la superbe N.Newman émeuve.
Un très beau portrait de femmes… qu'ajouter d'autre ? les mots sont inutiles alors qu'il suffit de se laisser porter dans ce film sans longueur et avec beaucoup de charmes
Derrière son titre rebutant, ce film intimiste nous présente à la fois une vision très intelligente de la situation d'une femme seule aux difficultés financières dans une société machiste et matérialiste et une histoire touchante construite autour de ses relations particulièrement émouvantes qu’elle a avec ses deux filles, l'une rebelle et l'autre plus timide. C’est bien ce personnage tragicomique, magnifiquement interprétée par Joanne Woodward, la femme de Paul Newman qu'il met parfaitement en avant, nous dévoilant ainsi toute la sensibilité de sa mise en scène.
Le titre est une métaphore de l'impact qu'a l'attitude d'une mère de famille américaine, un peu déséquilibrée par une vie trop dure, sur la personnalité de chacune de ses deux filles. Alors que l'ainée, qui a subi de plein fouet et pendant trop lomptemps les frasques de sa mère, en sort affaiblie, la plus jeune, qui a réussi à se garder un espace de liberté dans l'univers tendu et incohérent qui l'entoure, tire bénéfice de cette épreuve en devenant un petit génie en science nat. La propre fille de Newman et Woodward joue le rôle de la cadette et le ton de sa voix, lors du concours scolaire qu'elle remporte, reflète le courage et l'obstination de qui veut se sortir d'un univers très hostile. La mise en scène de Newman, feutrée, très proche des personnages (à l'instar d'un Cassavetes), permet de rendre une vraie profondeur psychologique et de décrire sans complaisance un milieu social à la dérive.
Paul Newman signe ici un très beau film sur la dureté et la déchéance d'une femme élevant seule ses deux filles dans une banlieue américaine. Le rôle principal de cette femme écorchée par la vie est tenu par sa femme Joanne Woodward qui réussie la prouesse de se glisser dans un personnage extrême, plein de colère par rapport à la vie qui l'a tant maltraité. Cependant, le film est loin d'être entièrement négatif : malgré la maladie qui frappe la sœur ainée, la cadette poursuit ses études. Un très beau film qui fait un peu penser à ceux que réalisa Ken Loach.
Comme son contemporain Robert Redford, Newman préfère casser son image glamour de séducteur en filmant des personnages écorchés en proie au doute et à la névrose dans des productions éloignées du confort narratif et visuel hollywoodien. Le charme fou qu'exerce cette adaptation d'un roman se poursuit bien après la projection. Newman prend le temps de filmer les petits moments de l'existence et les bizarreries du quotidien (désopilante séquence d'une voisine entrevue par la fenêtre et que l'on croit morte alors qu'elle s'est assoupie). Portrait d'une enfant déchue ? Cette œuvre s'inscrit en fait dans la lignée d'un certain cinéma de la femme américaine des seventies : en passant de la transe à l'hystérie, sans céder aux sirènes du cabotinage Actor's studio, Woodward compose un personnage proche de celui d'Ellen Burstyn dans ''Alice n'est plus ici'' ou surtout de Gena Rowlands dans ''Une femme sous influence''.