Les Sentiers de la gloire
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 avril 2025
Tout le génie de Kubrick, je crois simplement que c'est le plus grand film de guerre que j'ai pu voir.
Chaque dialogue résonne comme une détonation, le poids de chaque mot face à l'horreur de cette mission suicide et cette injustice.
Immersif et majestueux, à la fois perdre foi en l'humanité pour finalement se dire que tout n'est peut-être pas foutu.
Noise&sound
Noise&sound

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4,5
Publiée le 18 mars 2025
« Le patriotisme est le dernier refuge des crapules »
Phrase choc prononcée par le Colonel Dax, interprété brillamment par Kirk Douglas, citant Samuel Johnson.

Nombreuse seront les personnes choquées à sa 1ere lecture, tant le mot « patriotisme » raisonne dans le cœur des hommes.

Mais sa véritable lecture, n’est pas celle d’une critique du sentiment patriotique. Elle est d’ailleurs prononcée par le colonel Dax, un héros de guerre, patriote, défendeur de la nation.
Non, elle vise les profiteurs, tout compte fait peu regardants, qui se drapent du patriotisme pour s’assurer une ascension sociale. Ceux qui ont recours au mot « patriote » à tout bout de champ comme un sesame magique qui occulterait leurs véritables motivations : eux-mêmes.

Ça vous rappelle quelques-uns, à travers la planète et dans notre beau pays ?…
En effet, « Les sentiers de la gloire » sont plus que jamais d’actualité dans cette période confuse, qui n’est pas sans rappeler les années 1930.

Le film dérange et si en 1957, il rencontre un succès important aux Etats-Unis et en Belgique, le Quai d’Orsay (en pleine guerre d'Algérie) demandera à Washington de persuader les Artistes Associés, distributeurs du film, de renoncer à une exploitation.
Le film, autocensuré, ne sortira donc en France, qu’en 1975, presque 20 ans après sa réalisation

Souvent décrit, voire décrier comme un film pacifiste, « Les sentiers de la gloire » présente une portée bien plus profonde que cela.
C’est, au bout du compte, une fable sociale sur la déshumanisation de l’homme par l’homme, mise en exergue par le cadre tragique de la guerre de 14-18 et le fonctionnement verticalisée inhérente à l’armée.
Ce qui est vrai dans ce propos, l’est tout autant dans d’autres sphères sociétales, à d’autres époques, dans d’autres situations. Et c’est bien ce qui donne à ce film un caractère universel et intemporel.
Tout oppose dans ce film, la classe dirigeante, celle des hauts gradés, à la classe laborieuse, celle des soldats.
Les 1ers s’épanouissent dans un confort mondain fait de dorures et de bonnes chaires. La guerre ne semble, pour eux, qu’un jeu de cartes topographiques et de figures symboliques représentant les régiments que l’on pousse sur la « côte 110 ». D’ailleurs, dès le début du film, la décision de prendre cette fameuse colline, éminemment stratégique, dans moins de 48h, semble avoir été prise sans la moindre concertation, comme sur un coup de tête, entre deux tasses de thé. Aucun moyen supplémentaire n’y est alloué.
La mission semble vouée à l’échec ? Qu’importe ! Car chez ce petit monde, la force de la volonté plie toute réalité. Qu’importe si cette volonté est celle du soldat, celle de sa souffrance, de son sang. Après tout, n’est-ce pas pour lui, la chance de trouver, enfin, un sens à sa vie, d’écrire l’histoire ?
Qu’importe, si au final, la gloire et l’honneur, eux, ne se partageront pas.
L’échec appartient à la classe laborieuse, le succès à la classe privilégiée. Telle est, au bout du compte la morale du film de Kubrick.
L’enjeu, pour ces généraux, n’en est pas moins leur propre ascension sociale que la nation. Ce qui nous ramène « aux crapules » qui se drapent de patriotisme.
Le film est tourné sur une pellicule noir & blanc de belle qualité, ce qui renforce le traitement naturaliste de la guerre de 14-18, à l’exemple de la plus belle scène du film , celle du long travelling arrière sur le colonel Dax dans la tranchée. Une scène devenue mythique !
Kubrick a choisi très intelligemment un ton et un rythme littéralement martial pour son film.
Malgré l’affrontement, jamais nous ne verrons de soldats allemands. L’ennemi est là, toujours, caché, présent par ses tirs d’artillerie, par ses tirs sporadiques. La mort, comme tombée du ciel, fauche le soldat français dans son assaut. La guerre est opiniâtre, elle tue à distance. L’ennemi importe peu. Cette vision réaliste de la guerre, très loin du war-comics, n’heroise pas le combattant. Le courage, ici, est de ne pas fuir, cette mort arbitraire. Ici, tous les soldats sont héroïques, sans distinction.
C’est pourquoi, le jugement du tribunal militaire sera si injuste et immoral, si inhumain, si révoltant.
Si révoltant que Stanley Kubrick, qui souhaitait un film plus consensuel et commercial, voulait sauver les condamnés. Kirk Douglas l’en dissuada, estimant, avec raison, que cela atténuerait la portée du film.
« Les sentiers de la gloire » est donc un film à multiple facettes, indispensable. une des très belles réalisations de Kubrick.
Starwealther
Starwealther

107 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2024
Excellent film de Stanley Kubrick sur la première guerre mondiale vu uniquement du côté français Le colonel Dax (Kirk Douglas) n'arrive pas à supporter la folie d'un commandant emmenant des soldats au casse pipe, les considérant comme de la simple chair à canon. Tuer ses propres compatriotes peut sembler quelque chose de totalement aberrant mais c'est pourtant bien ce qui s'est parfois passé pendant la guerre de 14, une vraie folie. En résumé, un film court mais intense et très incisif sur l'absurdité de la guerre, un pamphlet anti militariste de grande qualité signé Stanley Kubrick.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 12 décembre 2024
Enthousiasmé par le résultat du précédent film de Stanley Kubrick, "l'ultime razzia" la star Kirk DOUGLAS décide de collaborer avec le réalisateur pour ce qui deviendra outre l'un des plus grands films de guerre de tous les temps, l'un des plaidoyers antimilitariste les plus virulents.


Pendant sa première partie, nous suivons la 701° compagnie menée par le colonel Dax, a qui l'ordre est donné de s'emparer d'une position allemande primordiale à la stratégie de l'armée française. Nous sommes en 1916 sur le front est, en pleine guerre des tranchées, la guerre de positions où les quelques dizaines de mètre gagnés sur l'ennemi une nuit au prix de centaines, de milliers de morts et blessés sont repris le lendemain.

Kubrick fait montre ici de toute sa maestria en termes de réalisation, les travellings dans les tranchées sont d'une fluidité hallucinante lorsqu'on réalise que les caméras se portaient à la force des bras et que le steadycam serait inventé plusieurs décennies plus tard. La photographie, et le design sonore, participent à l'immersion ressentie et si d'ergoteurs spécialistes ne pourront s'empêcher de remarquer quelques libertés avec la réalité historique, il n'en demeure pas moins que Kubrick nous plonge au plus près de la réalité de ces hommes.

L'attaque, comme on le comprend très vite est vouée à l'échec, et la virtuosité avec laquelle est filmée la charge suicidaire de la première division, n'efface pas l'immense inconscience coupable des généraux. Inouï le nombre de films de guerre ultérieurs qui s'inspireront de cette scène, comme si Kubrick avait posé de façon définitive la meilleure façon de filmer une attaque de fantassins.


Refusant d'admettre l'insondable bêtise de leur plan d'attaque, les plus hauts gradés impliqués décident de juger sur le chef de "manque de combativité face à l'ennemi" trois soldats désignés au hasard par un tribunal militaire.

Une pratique alors courante dans l'armée française, les fusillés pour l'exemple.


La deuxième partie du film nous montre les enjeux du procès, tant du point de vue des condamnés et à travers eux de tous ces hommes servant de chaire à canon que du point de vue de ceux qui leur ordonnent de se battre et de mourir, sont à l'arrière. S'ajoute alors une dimension sociale, sur le front, sous les balles, les pauvres gens, les sans grades, les pauvres et ceux qui manquent d'instruction. A l'arrière, sous les lambris dorés, les nantis, les notables et les décideurs.


Kubrick réussit au travers d'une réalisation exceptionnelle, une direction d'acteur magistrale à faire un film de guerre majeur qui fait encore aujourd'hui référence, une satyre contre l'armée cinglante dans un pays où l'histoire militaire et l'armée jouissent d'une grande popularité, et à ceux qui lui reprocheront d'avoir choisi de dénoncer les travers d'une armée étrangère, il répondra quelques trente ans plus tard en montrant au monde l'absurdité d'une autre armée, avec son "Full metal jacket", mais aussi un film social et politique d'une finesse d'analyse bluffante et enfin, en achevant sa narration par l'union d'une chanteuse allemande et des soldats survivants de la 701° compagnie au cœur de ce récit dans le chant à l'unisson d'un chant antimilitariste, sur des plans des visages émus de ces hommes, Kubrick nous montre l'humanité dans toute sa beauté effrayante.


La France censurera le film à sa sortie, enlisée alors dans le conflit algérien, jusqu'en 1975.


"L'ultime razzia" marquait la naissance d'un cinéaste, "Les sentiers de la gloire' marque la naissance d'un maître.
chrischambers86

16 171 abonnés 13 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2024
Kirk Douglas dèfie « les sentiers de la gloire » tandis que Stanley Kubrick dènonce la stupiditè de la guerre! C'est une grande oeuvre du cinèma amèricain que nous avons là, courageuse et saisissante, restèe indèsirable en France pendant deux dècennies dont l'intelligence dènonce avec une rigueur implacable la vanitè et l'absurditè du conflit! Ce sont des hommes que nous allons apprendre à connaitre et tout le système hièrarchique qui gravite autour! Et pour le spectateur, cette sensation d'injustice de ne rien pouvoir faire! il est une sèquence de "Paths of Glory" (1957) que l'on ne peut pas oublier, spoiler: celle de l'exècution capitale où l'on voit des soldats condamnès dont un apportè sur une civière pour être fusillè par leurs propres camarades! Terrible!
Les acteurs sont remarquables, jusqu'aux seconds rôles! Kirk Douglas trouve un rôle en or mais ce sont George Macready et Adolphe Menjou qui se taillent la part du lion en gènèraux arrivistes! Un choc made in Kubrick...
OMTR
OMTR

36 abonnés 288 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 décembre 2024
Les Caporaux de Souain ou les fusillés de Souin

Stanley Kubrick est spoiler: encore en apprentissage avec cette
adaptation du roman éponyme de Humphrey Cobb paru en 1935, qui relate l'absurdité de la guerre en général et de la Première Guerre mondiale, ainsi que de l'injustice de l'affaire des caporaux de Souain, en particulier.

Si la performance exceptionnelle de Kirk Douglas porte le film du début à la fin, on peut néanmoins spoiler: déplorer la piètre qualité de la photographie, ainsi que de la bande-son
, ce qui est étrange pour un film de la fin des années 1950.

Le reste du casting est également excellent ; en revanche, la spoiler: conception de production n'est pas à la hauteur
.

En fin de compte, c’est un sujet important qui est spoiler: médiocrement développé
, mais qui bénéficie de grandes performances d'acteurs et d’actrice.

3.5/5
Labulle56
Labulle56

12 abonnés 214 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 décembre 2024
Grand film sur la bêtise humaine en temps de guerre. L'attente dans les tranchées et la charge qui s'en suit est superbement réalisé . Kubrick appuie là où cela fait mal en dénonçant l'absurdité du sacrifice de soldats en les fusillant pour l'exemple . Kirk Douglas est excellent dans le rôle du capitaine voulant sauver ses hommes de l'exécution . Au même niveau que le film " A l'ouest rien de nouveau" . Même si ce film a un peu vieilli , il faut toutefois le redécouvrir .
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2024
De Stanley Kubrick (1957). Titre original Paths of Glory;
Il y a comme un souffle qui emporte dans ce film . A montrer l'absurdité de l'institution militaire Kubrick dénonce surtout le cheminement de décisions mal appropriées et même des erreurs stratégiques pour nous démonter l'absurde de situations qui mènent au chaos . Ce n'est pas seulement une dénonciation de l'armée mais des différents processus de l'autorité qui derrière son statut se croit autorisée à tout . Entre la cupidité de quelques uns , la lâcheté du commandement et surtout l'aveuglement de l'autorité pour faire l'exemple . Magistrale interprétation notamment de Kirk Douglas, Ralph Meeker et Adolphe Menjou. Bien filmé avec un beau noir et blanc et une belle reconstitution des tranchées.
LNKRDRN
LNKRDRN

12 abonnés 765 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 décembre 2024
Un film un peu moyen.

Je n'ai pas ressentie que le film nous transmette la réelle horreur de la guerre...

Les décors sont pas mal mais j'avoue je ne me suis pas retrouvé très immergé dans cet époque.

L'histoire est bien, ça bavarde un peu trop à mon goût mais il y a une certaine originalité dans le scénario.

À voir.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 novembre 2024
C’est un magnifique réquisitoire sur l'absurdité de la guerre 14-18 et l’aveuglement du commandement se terrant derrière un patriotisme et un machiste écœurant. L'affrontement ne se matérialise pas entre les Français et les Allemands mais entre les généraux et les soldats d'un même camp, ce n’est pas un film de guerre mais une réflexion sur la guerre. Le noir et blanc donne de la profondeur et rend l’image picturale en faisant ressortir des détails saisissants sans pour autant montrer du sang et des morts à outrance. La caméra au cœur des tranchées nous plonge dans un réalisme terrifiant et illustre la folie meurtrière et le pouvoir absolu de militaires pétris de vanité et de mépris. Le jeu intense de Kirk Douglas donne toute la puissance à ce plaidoyer désespéré. N’oublions pas que ce film s’inspire de plusieurs faits réels et les martyrs des cours martiales se comptent en milliers. Son interdiction en France pendant 18 ans montre à quel point il avait dérangé.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2024
Interdit chez nous jusqu'en 1975. Il y avait de quoi. Le Chemin des Dames, la première bataille de l'Aisne en 1914... tout cela n'évoque plus grand chose dans la mémoire collective aujourd'hui et nous ne prenons plus le temps de nous renseigner. Mais, à noms et lieux différents, c'est pourtant bien de cela dont il s'agit. Kubrick ne nous montre pas la guerre dans son absurdité physique, entendez par là les scènes de conflits, mais dans son absurdité bureaucratique. Des officiers envoyant à la mort des milliers de soldats, juste pour gratter quelques centimètres de territoire et un galon supplémentaire. Quand l'opération tourne au fiasco attendu (par tout le monde, sauf par les soldats), ce sont les fantassins qui font les frais de l'incurie. "Les sentiers de la gloire", c'est aussi ce film qui met en scène ce qui s'apparente à un vrai procès Stalinien, c'est aussi ce film qui te dit que les véritables héros de l'histoire, sont bel et bien ceux que l'on condamne et fusille pour soi-disant de la lâcheté. Pour ma part, j'ai toujours eu du mal à voir en lui l'un des chef-d'oeuvre de Kubrick, un déroulé trop mécanique des événements en serait probablement la cause. Mais, il y a la force du propos et cette dernière scène qui fait partie des plus belles de l'Histoire du cinéma.
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 novembre 2024
Un nouveau chef d œuvre de la part de stanley Kubrick, étant en grande admiration devant ce réalisateur, je n avais pas vu ce film, qui débute sa brillante filmographie, dont des l amorce du film je reconnais ses valeurs de cadres, ses mouvements de caméra, par exemple au tout de début ou les 2 généraux s entretiennent pour lancer une offensive face aux Allemands, ou l on voit , pendant cette conversation, la caméra tourner autour des 2 personnages, cela me rappelle la scène dans eyes wide shut.
C est un film antimilitariste qui va ouvrir le champ pour les précédents films dr folamour, full métal jacket etc...
Kubrick est un génie, j aurais toujours en tête la façon dont il filme les tranchées, ou la caméra suit ce dédale et où on a la sensation d y être.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 897 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 novembre 2024
Comment éviter Kubrick l’année du centenaire de la première guerre mondiale ? Ce plaidoyer contre la guerre, pardon contre le cynisme d’une certaine hiérarchie militaire est indémodable. D’ailleurs, il n’y a aucun acteur français pour jouer dans ce film sur les mutineries durant la guerre des tranchées, film que l’on sent porté personnellement par Kirk Douglas, coproducteur, né sur un bateau d’émigrants partant vers l’Amérique. D’ailleurs, on sous-estime parfois l’implication essentielle des USA dans ce premier conflit planétaire. Je pensais que ce film avait été interdit en France à sa sortie, au moment où la guerre d’Algérie fait rage. Plus subtil, personne n’a osé le distribuer…

Certes, je n’aime que voir les films en vo, et entendre les généraux s’exprimer en anglais interpelle quelque peu, mais l’universalité du propos l’emporte. Certes, les tranchées filmées en travelling arrière -l’un des mouvements de caméra maitrisés avec talent par Kubrick- sont plus proprettes et presque accueillantes qu’elles ne l’étaient en réalité. Mais le carnage de l’attaque à la baïonnette face aux mitrailleuses ou la peur qui suinte de la patrouille, partie de nuit en reconnaissance, nous ramène vite dans la glauque réalité de cette boucherie boueuse.

Kubrick n’est pas un cinéaste politique, il scrute les rapports humains, nos contradictions, nos courages, nos violences et nos faiblesses. Il ne fait pas dans la dentelle, mais dans la précision. Peut-on envoyer des milliers d’hommes à la mort sans être devenu calculateur et indifférent ? Peut-on aimer ses soldats, et malgré tout exécuter des ordres absurdes ? Les armées qui ont des états d’âme sont des vaincus potentiels.

La mise en scène insiste sur le faste et les grands espaces du château où siège le quartier général. Il n’oublie pas de nous montrer furtivement, mais suffisamment pour que le contraste interpelle, le bal des officiers supérieurs. A portée de canon – au plutôt un chouia plus loin !-, des lignes de défense dans lesquelles croupissent les appelés. Guerre de classe dites-vous, quelle grande illusion vous répondrait Renoir.

Kubrick reviendra plus tard sur l’entrainement professionnel des soldats dans Full Metal Jacket. Ici, personne n’a pu se préparer à subir cet enlisement. On est parti en chantant, on mourra en chantant.

spoiler: La scène finale est bouleversante, interprétée par la future Madame Kubrick, artiste allemande. Une série de gros plans de grognards, égrillards, privés de femmes, et qui soudainement fondent littéralement en pleurs devant la voix de Christiane. La compagnie 701 vient d’assister à l’exécution de trois de leurs compagnons pour refus de combattre. Le commandant Dax va bientôt les remmener à la boucherie, et mener la charge le pistolet à la main : « Laissez-les en profiter encore quelques minutes ».


Novembre 2014
SB88
SB88

35 abonnés 1 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2024
Excellent film montrant si bien comme les généraux, dirigeants voient les petites mains de la guerre, celles envoyées en première ligne et parfois abattues pour l'exemplarité. Tous ces sacrifices pour rien. Il y a bien sûr eu mieux dans ce genre mais ça vaut la peine de le regarder
3,65/5
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 657 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2024
histoire prenante et bien filmée. acteurs charismatiques notamment Douglas. très dur sur l’armée. à voir
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