Les Allan Quatermain avec Richard Chamberlain sont des films ma foi très sympathiques, même si ceux-ci ont clairement vieillis. Le premier reste surement le meilleur, surement car c’est celui qui de nos jours parait le moins archaïque.
L’interprétation dans ce premier volet est ma fois agréable, et le casting convaincant. Chamberlain est un très bon acteur, malheureusement qui n’a pas eu à mon sens la carrière qu’il aurait mérité (il n’est pas mort néanmoins !). Il rentre dans la peau d’Allan Quatermain avec décontraction, et nous livre une interprétation semi-parodique d’Indiana Jones. En termes de look il n’y a pas photo, et dans son jeu Chamberlain renvoie indéniablement à Ford. A ses cotés Sharon Stone en débutante. Charmante, loin de ses rôles sulfureux, elle est convaincante même si elle n’est pas non plus exceptionnelle. Enfin deux acteurs aux carrières gigantesques, bien que souvent dans l’ombre. Herbert Lom d’une part, et John Rhys-Davies (déjà dans Indiana Jones d’ailleurs !) d’autre part. Principaux antagoniste du film, ils sont très solides l’un et l’autre, et eux aussi nous livrent des prestations joyeusement caricaturales (surtout Lom). Pour le reste c’est assez passe-partout, Ken Gampu tirant un peu son épingle du jeu en Umbopo.
Le scénario reprend clairement les idées d’Indiana Jones. Des Nazis, un trésor, un duo héros-héroïne, des rebondissements à gogo. Sous le prétexte d’adapter Haggard, on a plutôt un succédané de la saga de Spielberg. Reste que l’ensemble est divertissant, et plutôt bien conduit par Thompson, se laisse regarder avec un réel plaisir. Il y a des moments assez anthologiques, reprenant les vieilles légendes (du genre la marmite géante…). C’est sympathique en somme.
Sur la forme, ben le travail n’est pas très bon. En fait quant on y réfléchi, la différence budgétaire avec Les Aventuriers de l’Arche perdue par exemple n’était pas si énorme (12 millions contre 18), mais c’est clair que le résultat ne soutient pas la comparaison. La mise en scène est nettement moins maitrisée, et les cascades et l’action sont loin d’avoir le niveau du film de Spielberg. Elles font beaucoup plus artisanales, et sentent vraiment plus la série B que le vrai film de cinéma. Cela n’est pas forcément un reproche, mais c’est clair qu’il faut aimer. La photographie n’a pas trop mal vieillie en revanche, et avec certains paysages s’avère aussi convaincante que celle d’Indiana Jones. Je pense que si Allan Quatermain bénéficiait des mêmes soins, une version restaurée en blue-ray soutiendrait la comparaison. Les décors par contre ne sont pas très enthousiasmants, et comme les cascades, font vraiment artisanaux. C’est encore le cas des effets spéciaux. Ceux-ci ont vieillis, et s’ils ne sont pas aussi nombreux que dans le 2 (et du coup piquent moins les yeux), ce qu’il y a est douloureux. A la même époque des films avec 1 ou 2 millions faisaient aussi bien, alors je dois dire que je juge plutôt sévèrement le laissé-allé qu’il y a eu de ce point de vue. La musique en revanche, signée Goldsmith est bien dans le coup, et agrémente solidement le métrage.
Au final, si vous voulez prolonger la mythologie Indiana Jones, et que l’aspect archaïque ne vous rebute pas, allez voir Allan Quatermain et les mines du roi Salomon. C’est vraiment un bon petit divertissement, en dépit de vrais défauts. Il n’est pas trop mal dans l’ensemble, et surtout s’avère généreux. Il y a beaucoup d’aventure, de pièges en tout genre, et une belle pointe d’humour. En tout cas ce film est nettement supérieur à Indiana Jones 4, car il a une âme, et possède vraiment l’esprit de la première trilogie de Spielberg. Une belle copie en somme!