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    Fedora
    note moyenne
    3,9
    265 notes dont 50 critiques
    répartition des 50 critiques par note
    6 critiques
    17 critiques
    18 critiques
    7 critiques
    1 critique
    1 critique
    Votre avis sur Fedora ?

    50 critiques spectateurs

    chrischambers86
    chrischambers86

    Suivre son activité 1899 abonnés Lire ses 10 388 critiques

    4,0
    Publiée le 25 avril 2014
    En 1978, personne ne savait que "Fedora" allait être l'avant dernier film de Billy Wilder qui avait derrière lui la carrière extraordinaire que l'on sait! Ici, une star de cinèma est morte! Elle s'est jetèe sous un train comme la pauvre Anna Karènine! Un producteur se souvient de la vie et de la carrière de cette star à l'aura incomparable...C'est le prètexte du brillant scènario ècrit par I.A.L. Diamond et Wilder, d'après une histoire contenue dans un roman de l'ancien acteur Tom Tryon, sur les anciennes gloires d'Hollywood! La construction du film est faite de flashbacks et d'èclatements (on se croirait parfois chez Mauro Bolognini), tel qu'on a parfois l'impression d'un rêve plus ou moins vaporeux autour de la star! C'est William Holden qui joue le producteur, ce qui fait aussitôt rentrer le mètrage dans la succession d'un "Sunset Boulevard". Et c'est la suissesse Marthe Keller qui joue magistralement le rôle de « Fedora » , prisonnière de ce visage à tout jamais! il faut savoir qu'au dèpart, Keller devait tenir les deux rôles de Fedora et Antonia! Et ce filou de Wilder lui a finalement adjoint l'excellente Hildegard Knef dans ce rôle d'Antonia! Mais c'est une comèdienne allemande qui doubla les deux rôles de sa même voix pour homogènèiser le tout! C'est Alexandre Trauner qui signe les dècors, Miklós Rózsa la musique, de cette oeuvre très belle, à la fois lucide et mèlancolique sur le passè perdu d'Hollywood! Il en ressort une rèussite, la dernière de ce boulevardier crèpusculaire qu’ètait Wilder...
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,5
    Publiée le 3 août 2018
    « Fedora » est l’avant dernier film de Billy Wilder. Certains des admirateurs du grand réalisateur aimeraient qu’il fût le dernier, afin de pouvoir gommer « Buddy, Buddy », le triste remake de « l’Emmerdeur » (Edouard Molinaro, 1973) , qui conclut de manière peu glorieuse sa fructueuse collaboration avec le scénariste fétiche de sa deuxième partie de carrière, IAL Diamond. Il est vrai que voir se refermer la filmographie de Wilder avec cette deuxième réflexion amère sur Hollywood aurait plus d’allure et surtout plus de cohérence. Après la consécration majestueuse que fut « La garçonnière » en 1960, couronnée de trois oscars majeurs dont celui du meilleur film et du meilleur scénario, le duo constitué en 1957 sur « Ariane » va connaître progressivement un déclin que les deux hommes ne sont pas parvenus à s’expliquer alors qu’avec le recul il apparaît évident qu’il se sont trop facilement reposés sur le génie comique de Jack Lemmon qui leur avait tant donné sur « Certains l’aiment chaud » et « La garçonnière ». Une impression de déjà vu a sans doute fini par détourner les spectateurs de Billy Wilder dont le cinéma au mitan des années 1960 a soudainement paru démodé. Pourtant « La vie privée de Sherlock Holmes » où les deux hommes ont semblé se réinventer avait une sacrée allure. Mais nous étions déjà en 1970 et l’heure de Wilder avait sonné, les Penn, Pollack, Scorsese ou Coppola ayant apporté une nouvelle manière d’aborder les sujets et aussi une nouvelle façon de diriger les acteurs. En 1978 après cette série d’échecs, Wilder ne fait plus la pluie et le beau temps au sein d'un Hollywood en pleine mutation. Il devra pour la première fois aller faire de la « retape » pour trouver le financement de ses ambitions. C’est en Europe à travers un deal franco-allemand qu’il finira par obtenir gain de cause et pouvoir mettre en scène une fois encore. Wilder avait en réalité abandonné le vrai drame depuis près de trente ans et « Le gouffre aux chimères » (1951) qui succédait à « Sunset Boulevard » (1950), son film phare qui avait secoué une industrie des studios encore triomphante qui ne lui avait pas pardonné ce miroir tendu à son cynisme . Juste retour des choses , en 1951 l'académie des Oscars l’avait durement sanctionné en ne lui décernant que trois récompenses mineures alors que le film avait été nommé dans toutes les catégories reines. Comment peut-on expliquer autrement l’Oscar accordé à Judy Holliday pour « L’esprit vient aux femmes », alors que Gloria Swanson dont la composition bouleversante en star déchue du muet, tout comme Bette Davis dans « Eve » (Mankiewicz) restèrent sur le carreau ? Prudent et échaudé par l’échec du « Gouffre aux chimères », son film préféré, qui dénonçait la voracité des médias, Wilder ayant bien reçu le message, s’orienta dès 1957 en collaboration avec IAL Diamond vers le créneau de la comédie légère qu’il parvenait malgré tout à teinter systématiquement d’une réflexion acide sur la société américaine. Après une décennie glorieuse suivie d'une autre marquant un lent déclin, Wilder sentant bien que les choses allaient devenir de plus en plus compliquées pour lui et qu’il n’aurait plus beaucoup d’occasions d’exercer son art, a sans doute voulu adresser un dernier message à la Mecque du cinéma qui, il avait pu désormais le vérifier lui-même, brûlait sans vergogne ceux qu’elle avait encensés. William Holden qui avait endossé le costume du scénariste ambitieux qu’avait été Wilder à ses débuts dans "Sunset Boulevard" se transforme pour "Fedora" en producteur réduit à parcourir l’Europe pour donner vie à son projet un peu à l’image de Wilder sur ce même film. Encore le procédé du film dans le film. Jeune ou vieillissant, scénariste assoiffé de réussite ou producteur à la dérive, Holden, alter ego de Wilder est encore une fois le témoin-acteur de la chute d'une icône féminine de l'écran lâchée par les studios après que les spectateurs se soient détournés d'elle. A Hollywood le triste sort des stars glamour, féminines surtout, est comme le dit si bien leur dénominatif, de s'éteindre à leur firmament. Norma Desmond a été conduite au mausolée par une révolution technique (l'arrivée du parlant), Fedora a lutté comme la chèvre de Monsieur Seguin contre les premières atteintes du vieillissement. Dans les deux films, Wilder insiste sur la tentative désespérée d'arrêter le temps, qui ronge celles, qui le plus souvent sorties du néant ont été adulées des foules pour leur plastique magnifiée par l'écran. Pour que la légende demeure elles n'ont souvent d'autres choix que d'accepter une première petite mort. Normand Desmond vivait recluse dans sa villa de Bel Air et Fedora s'est perdue sur la petite île grecque de Corfou. Holden violeur d'intimité dans chacun des deux films va jouer un peu le rôle de l'égyptologue profane qui ignore que l'on ne peut exposer à l'air libre une momie sortie de son sarcophage. Wilder, par les différents métiers qu'il a exercé à Hollywood et les choix qu'il a été amené à faire, sait qu'il a fatalement joué un rôle dans le processus d'entrée et de sortie du statut de star des actrices qu'il a employées. Dans "Fedora" on l'a dit, l'identification est sans doute encore plus forte, Wilder goûtant à son tour aux affres du désamour du public et à la réaction en chaîne qu'il provoque au sein de la hiérarchie des studios . Avec une autodérision qui lui ressemble bien, tel Norma Desmond en quête de revenir sur le devant de la scène grâce à un scénario indigeste et surtout dépassé, Wilder affuble Barry Detweiler (William Holden) d'une nouvelle adaptation d'Anna Karenine qu'il entend proposer à Fedora pour son retour sous les feux de la rampe alors que Garbo l'avait déjà immortalisée par deux fois à l'écran dans les années 1930. C'est sans doute à Garbo que Wilder a pensé en premier lieu en réalisant "Fedora", elle qui prudemment avait choisi la retraite anticipée avant que les moguls ne lui indiquent le chemin de la sortie. Il avait envisagé dans un premier temps confier à son amie Marlène Dietrich le rôle de Fedora vieille, mais la star de 76 ans, elle-même recluse dans son appartement parisien de la rue Montaigne, avait décliné l'offre. Moins limpide que "Sunset Boulevard", "Fedora" propose une intrigue nimbée de mystère qui pousse à son paroxysme la schizophrénie qui peut s'emparer de ceux habitués à se dédoubler. Moins limpide, moins parfait mais tout aussi noir que son glorieux aîné, "Fedora" demeure un film captivant d'un cinéaste de l'âge d'or d'Hollywood échoué sur le rivage qui regarde un peu amer "ces barbus qui secouent leurs caméras" (allusion dans le film de Detweiller aux Coppola, Spielberg et Scorsese nouveaux rois d'Hollywood) lui ravir sa place sur le trône. Les difficultés sur le plateau de Marthe Keller choisie pour le rôle titre, confirme le décalage du cinéaste avec la réalité d'une époque qui n'était plus la sienne. Pour admirer ce chant du cygne d'un des plus grands réalisateurs de l'âge d'or d'Hollywood, les éditions Carlotta ont édité un magnifique Blu-Ray avec en supplément un très bon documentaire où Marthe Kelletr et Michael York témoignent du décalage des méthodes du vieux lion avec celles des rois du nouvel Hollywood.
    Freaks101
    Freaks101

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    3,5
    Publiée le 9 janvier 2014
    « Boulevard du crépuscule » traitait déjà avec amertume de la fin d’une période dans l’histoire du cinéma, le passage du muet au parlant, « Fedora » quand à lui enterre au propre comme au figuré le vieil Hollywood, celui des studios, ringardisé par le nouveau (à l’époque), celui des jeunes cinéastes « en jeans et barbus » (dixit l’héroïne). Sur les deux films plane la même folie décadente, avec une distance moins ironique pour « Fedora », Wilder sentant peut être aussi la fin de son règne (c’est son avant dernier film). Sur la forme, « Sunset boulevard » avait des allures de film d’épouvante gothique, ici on est plus dans le suspense psychologique façon De Palma, c’est peut être la seule faiblesse du film, son intrigue abracadabrante. Pour le reste, cette histoire de miroir aux alouettes et de gloire éternel factice ne pourra que toucher les amateurs de cinéma. Reste à savoir qui va enterrer les stars du nouvel Hollywood, devenu vieilles à leurs tour.
    gemini-hell
    gemini-hell

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    4,5
    Publiée le 22 octobre 2013
    Oui, l’histoire est abracadabrante. Oui, Marthe Keller surjoue. Oui, certaines scènes sont outrancières. Oui, ce film dégage un parfum suranné (c’était déjà le sentiment partagé au moment de sa sortie en 1978). Et pourtant, quelle cohérence et maîtrise dans le scénario et son développement. « Fedora » se dévore littéralement comme un roman de gare où la plupart des séquences sont poussées à leur paroxysme. Billy Wilder signe ici un film qui demeure parmi les plus méconnus de sa fructueuse carrière et que je place parmi ses plus grandes réussites et où des thèmes multiples et toujours contemporains y sont exposés. Sa mise en scène est prodigieuse, envoûtante. C’est du pur travail d’orfèvre, magnifiquement photographié par Gerry Fisher et illustré musicalement par le talentueux Miklos Rosza. Oui, c’est un grand classique, intemporel et dont les visions successives n'altèrent en rien son intérêt.
    Benjamin A
    Benjamin A

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    4,5
    Publiée le 6 avril 2014
    Avant-dernier film du géant Billy Wilder, à qui l'on doit des films aussi excellent que variés tel que "Boulevard du Crépuscule", "Certains L'aiment chaud" ou encore "Le poison" et surement pour ma part l'un, si ce n'est mon metteur en scène préféré. Si on s'arrête au synopsis (où l'on suit un producteur Américain qui veut convaincre une ancienne star de revenir sur le devant de la scène pour effectuer un come-back retentissant), on pense énormément à son chef d'oeuvre "Boulevard du crépuscule", mais finalement il n'en est rien de ce point de vue là, c'est un film bien différent qu'il nous livre et c'est surtout un très grand film (une fois de plus). On retrouve le fidèle I.A.L. Diamond au scénario, (associé à Billy Wilder), et ce n'est pas donc pas pour rien que "Fedora" brille par son écriture, que ce soit dans l'histoire et son déroulement, les dialogues ou encore sa galerie de personnages éblouissantes, sombres et surtout fascinantes. Wilder réalise un drame intimiste tout en réglant ses comptes avec Hollywood (devenu celui des "réalisateurs en jeans et barbu où l'on fait des films sans scénario"), et ses représentants, que ce soit les producteurs ou les stars ainsi que la folie où ca peut mener (chirurgie esthétique, isolement, égocentrisme...). Wilder brasse donc plusieurs thèmes et il nous fascine et nous captive tout le long, avec des rebondissements souvent bien pensée et surtout une atmosphère envoutante et fascinante, à l'image des apparitions de Fedora, froide, distante, mystérieuse et fascinante, derrière ses grosses lunettes noires, son chapeau et ses habits blanc. Sa mise en scène est impeccable et il nous offre de belles images. Il filme de très belle manière cette déchéance et il a l'art du détail que ce soit scénaristique ou visuel. La musique signée Miklos Rosza est superbe, colle très bien au récit et ne fait que renforcer l'atmosphère. Wilder multiplie les références (à des films, patron, producteur, acteurs...) souvent excellente. Les interprétations sont impeccable, que ce soit William Holden dans le rôle de ce producteur fasciné par Fedora qui souhaite lui proposer un nouveau rôle, Marthe Keller, envoutante, Hildegard Knef effrayante, Henry Fonda dans son propre rôle ou encore Michael York lui aussi dans son propre rôle. Au passage, William Holden, excédé par le tournage, tout comme Marthe Keller (et notamment de la direction très perfectionniste de Wilder) déclara qu'il continua de tourner avec lui car à chaque fois il était nommé aux oscars (ce qui ne sera pas le cas là, le film ayant été snobé). Il ne fera plus qu'un seul film après celui là, mais assurément "Fedora" est son dernier grand film et au bout de tant d'année de carrière (son premier film date du milieu des années 1930) ainsi qu'une longévité aussi exceptionnelle et notamment sur la qualité de ses films, ca fait toujours bizarre et un petit pincement au cœur d'assister à son véritable testament et son dernier très grand film au parfum aussi envoutant et fascinant et finalement, un parmi d'autres... Chapeau l'artiste et merci...
    Estonius
    Estonius

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    5,0
    Publiée le 20 mai 2017
    On peut préférer Wilder dans des sujets plus légers, on se demande d'ailleurs au début dans quoi il nous embarque avant de se laisser emporter par ce style si raffiné, un peu thriller, un peu drame, film sur le folie, l'auteur nous embarque sur une vision cauchemardesque de l'envers du star système. C'est bien fait, bien interprété, c'est du Billy Wilder, ça se déguste.
    Yann D.
    Yann D.

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    5,0
    Publiée le 11 février 2014
    Un vrai choc! C'est le pendant de "Boulevard du crépuscule", 28 ans plus tard. C'est un film qui retrace toute l'histoire du cinéma à travers le portrait d'une actrice. Et aussi toute l'histoire de Billy Wilder, en train de laisser sa place au Nouvel Hollywood. ça m'a passionné, bouleversé. Quel génie ce Wilder!! Il y a son humour, son sens des dialogues cinglants, mais c'est un film un peu testamentaire, un peu amer, sensible et d'une intelligence stupéfiante. Une critique a dit "ce n'est pas son meilleur film, mais c'est le plus beau" et c'est exactement ce que j'ai ressenti. A voir absolument!
    Caine78
    Caine78

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    5,0
    Publiée le 25 août 2014
    Mineur, majeur, maudit, testament... Beaucoup de termes ont été utilisés concernant « Fedora », enfin sorti en DVD/Blu-Ray dans une magnifique copie. Mais le mot me venant en premier est « grand ». Peut-être pas aussi grand que « Boulevard du crépuscule », autre chef-d'œuvre sur le milieu du cinéma, mais magnifiquement mis en scène, écrit, réfléchi... On retrouve à chaque instant l'empreinte du génial Billy Wilder, le film prenant même une tournure vertigineuse lors d'une révélation fracassante à mi-parcours. C'est alors un nouveau récit qui commence, tout aussi passionnant , riche et intense que le premier, avec peut-être un peu moins de mots « Wilderiens », mais une intelligence d'esprit, une force qui, elles, ne trompent pas concernant l'identité du cinéaste... Excellente interprétation, William Holden en tête, et conclusion à la hauteur de ce joyau supplémentaire dans la filmographie déjà superbe d'un des plus grands réalisateurs de l'Histoire : et dire qu'il était mécontent du tournage comme du résultat... On aura tout entendu !
    brunocinoche
    brunocinoche

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    4,0
    Publiée le 21 août 2013
    Evidemment, sur un thème proche, "Ferdora" n'atteint pas le niveau de "Sunset boulevard". Il n'empêche que le scénario malin, la mise en scène maitrisée et l'interprétation juste font de ce film un agréable spectacle. A redécouvrir.
    ferdinand
    ferdinand

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    4,0
    Publiée le 25 août 2013
    Vu en 78, puis revu là dans sa copie restaurée (moyennement), c'est un film qu'on n'oublie pas ! En le revoyant, il me parait même meilleur qu'en 78 : scénario fascinant, superbes acteurs avec le plus de William Holden déjà vieux, à nouveau dans une histoire de vieille star, le tout rappelant le "Sunset boulevard" de 1950... Tout est parfait dans ce film, acteurs, décors (l'utilisation du musée Jaquemart-André) musique volontairement (?) désuète de M. Rosza... C'est mélancolique, nostalgique et d'une ironie plutôt amère...Belle conclusion d'une grande carrière.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    4,5
    Publiée le 24 décembre 2014
    Un film construit en deux parties: d'abord un suspense étrange où Dutch, un producteur de cinéma américain tente de retrouver la grande actrice Fedora pour lui proposer un nouveau rôle; puis un récit en flashback qui explique le coup de théâtre ayant lieu après une heure de film. Billy Wilder, avec une mise en scène classique et d'une rare élégance, rend à la fois hommage au cinéma et plus particulièrement au métier d'actrice tout en retravaillant le fameux thème de la peur de vieillir. Fort d'une écriture subtile et d'une interprétation remarquable (Marthe Keller et William Holden magnifiques), le film passionne et devient de plus en plus mystérieux. En effet, "Fedora" ne se contente pas d'une simple intrigue qui consisterait à savoir si l'actrice acceptera le rôle, mais se permet de changer de tons en devenant extrêmement sombre et de casser le point de vue principal en même temps que la structure narrative soit malmenée. Fascinant et déroutant, un film à l'atmosphère crépusculaire qui compare Hollywood à la figure du diable, entité qui pourchasse sans relâche ses comédiens pour les hanter et les convaincre que leur gloire est éternelle.
    TTNOUGAT
    TTNOUGAT

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    3,5
    Publiée le 30 août 2016
    Malgré le soin et la qualité de la mise en scène, c’est un des 27 films de Billy Wilder parmi les moins enthousiasmants. Le scénario et le coté sombre du jeu des acteurs en sont les premières causes. Vient ensuite le choix des flashbacks fort réussis du point de vue cinéma mais qui rendent la partie finale du présent d’une lourdeur inhabituelle. Cette histoire est trop compliquée, elle est pire que la réalité ce qui est extrêmement rare en dehors des films fantastiques. Ce huis clos entre les 5 personnages importunés par Barry Detweiler a tout de kafkaïen et sied mal à Wilder. De plus, William Holden 59 ans prématurément vieilli, est dérangeant pour ses admirateurs car il est impossible d’oublier ses 32 ans de ‘’Sunset Boulevard’’. Je suis surpris que Wilder qui fait attention à tout n’est pas pensé à cela.
    Loïck G.
    Loïck G.

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    4,0
    Publiée le 20 août 2013
    Vision noire du septième art en forme de règlement de compte « Fedora » évoque la jeunesse éternelle à travers le mythe de la star hollywoodienne. De cette grande famille du cinéma qui n’est que façade quand les masques tombent et vous oublient. Un thème récurrent chez les cinéastes que Wilder traite avec mélancolie et nostalgie. Le décor -volontairement-tristoune confère à l’histoire toute sa dramaturgie que Marthe Keller dans le rôle-titre endosse sobrement, avec grâce et distinction. Pour en savoir plus
    Guillaume182
    Guillaume182

    Suivre son activité 92 abonnés Lire ses 1 194 critiques

    3,5
    Publiée le 1 septembre 2013
    Pendant un mois, dans mon petit cinéma indépendant c'est cycle Billy Wilder. Un réalisateur que j'aime beaucoup, mais dont il me reste encore quelques films à découvrirent. Ce soir je vais donc "Fedora" Un film sur actrice légendaire d'Hollywood et qui s'est retiré de l'industrie depuis un moment et qui vie dans une forteresse sur une île Grecque. Seulement un vieil ami, qui se trouve être un producteur de cinéma envisage de lui dernier un dernier rôle dans un film, mais il n'est pas au bout de ses surprises. "Fedora" n'est pas le plus célèbre des films de Wilder, ce n'est certainement pas le meilleur non-plus, mais c'est tout de même un bon film. La mise en scène et la narration sont très habiles. Et le scénario est plein de surprises. On va dire que le film est une belle illustration d'hollywood et de ses illusions. Les acteurs et les actrices croient à leurs légendes et souhaite la perpétuer coute que coute et pour ça il y a notamment la chirurgie et cette obsession de la jeunesse éternelle. L'image il n'y a que cela qui compte. J'ai pensé à Michael Jackson en regardant le film, je crois qu'il est surement l'un des pires exemples, quand on voit ce que la célébrité lui a fait, lui qui était et reste l'une des plus grandes star du monde. J'ai préféré "Fedora" à Boulevard du crépuscule. Fédora est encoure plus fou et montre parfaitement les dangers et la pranaoia qu'engendre Hollywood.
    Top of the World
    Top of the World

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    4,0
    Publiée le 9 janvier 2017
    N'ayant pas vu "Sunset Boulevard", je ne pourrai pas comparer ces deux films de Billy Wilder aux thématiques apparemment voisines. Mais on peut affirmer en tout cas que l'influence de "La comtesse aux pieds nus" (pour sa narration polyphonique et ses personnages) et celle de "Vertigo" ( pour son twist scénaristique) planent sur cette histoire d'une star de cinéma retirée des écrans (un rôle-titre idéalement incarné par Marthe Keller) dont plusieurs flash-backs retracent la vie tumultueuse après son suicide. Un producteur fauché (William Holden, impeccable) se souvient notamment de sa tentative de relancer leurs carrières respectives. C'est ce personnage qui sert de médiateur entre le film et le spectateur : il n'est pas un héros, seulement un témoin de l'histoire du cinéma, du passage de l'âge d'or des studios au Nouvel Hollywood des 70's. Wilder lui-même médite sur sa place dans ce nouveau système alors que ses plus belles années sont derrière lui. Il le fait avec une mélancolie désenchantée mais jamais déprimante. L'oeuvre reste toujours fluide, lumineuse, traversée par une ironie cruelle et un humour satirique. Riche sur le fond, élégant dans la forme, "Fedora", malgré un léger manque d'intensité, est un film à la beauté envoûtante.
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