Film fantastique réalisé par James Whale, Frankenstein est un bon long-métrage. L'histoire nous fait suivre Henry Frankenstein, un jeune savant voulant créer artificiellement la vie. Pour cela, il façonne un corps humain à partir de morceaux de cadavres. Seulement, au lieu de lui procurer un cerveau sain, Fritz, son assistant, lui fournit celui d'un assassin. Lorsque la créature prend vie, celle-ci devient alors incontrôlable. Ce scénario, tiré de la pièce de Peggy Webling datant de 1927, elle-même adaptée du roman Frankenstein Ou Le Prométhée Moderne de l'autrice Mary Shelley, s'avère prenant à visionner tout du long de sa courte durée d'une heure et dix minutes. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous montrant le processus de la création de ce monstre, jusqu'à ce qu'il prenne vie et s'en prenne à ceux qui l'entoure. Le récit est limpide et mêlé au mariage à venir du savant avec sa future épouse. Tout cela donne lieu à des scènes au sein desquels la terreur vient s'inviter. L'ambiance se veut à la fois dramatique et horrifique, et parvient à nous le faire ressentir. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, à commencer par le créateur joué par Colin Clive. Il est entouré par une distribution comprenant Mae Clarke, John Boles, Edward Van Sloan, Frederik Kerr ou encore Dwight Frye. Mais la véritable tête d'affiche, c'est bien la créature monstrueuse parfaitement incarnée à l'écran par Boris Karloff, dont l'imposante stature le rend menaçant, mais pour qui on ressent de l'empathie car il voit le jour sans repères. Tous ces individus entretiennent des rapports de crainte face à cette menace créée de toute pièce. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits, comportant quelques touches d'humour lorsqu'ils sortent de la bouche du baron. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique s'avère qualitative. Sa mise en scène est rudement efficace et évolue dans de superbes décors. De plus, le noir et blanc est particulièrement joli à la faveur d'une photographie léchée et d'un éclairage soigné. Ce visuel remarquable n'est accompagné par aucune bande originale. Pour autant, le métrage parvient à avoir une atmosphère à la faveur de tous les bruits environnants. Reste une fin abrupte mais tout de même satisfaisante, venant ainsi mettre un terme à Frankenstein qui, en conclusion, est un film méritant d'être découvert.