"I believe if they set aside their law as and when they wish, their law no longer has rightful authority over us."
Si on fait l'impasse sur le fait que le film a pas mal vieilli, il faudra reconnaître qu'il garde un intérêt certain, mêlant aventure, romance et cadre historique à un moment charnière de l'histoire des colonies américaines, moment par ailleurs assez complexe, celui de la lutte, liée à la Guerre de Sept Ans, opposant les Britanniques, les colons et une partie des populations natives aux Français alliés à une autre partie des populations autochtones pour le contrôle des terres s'étendant entre la Nouvelle-Angleterre et le Québec. Cette guerre sera suivie par la guerre d'indépendance des Treize-Colonies, où les colons recevront l'appui des forces françaises.
De facture académique, la réalisation de Michael Mann, également coscénariste, portée par une musique envoûtante (Trevor Jones et Randy Edelman) qui n'est pas sans rappeler à certains moments l'Ennio Morricone de Mission (Roland Joffré, 1986), nous laisse le temps d'appréhender le cadre social et géographique de cette région, à ce moment donné. L'interprétation, assez stéréotypée malgré la prestance de Daniel Day-Lewis, n'apporte pas grand chose de plus sinon quelques émotions imposées. Ainsi, Madeleine Stowe apparaît-elle constamment maquillée, comme si son talent se résumait à agrandir les yeux avec un très léger strabisme convergent, mignon mais très réducteur, alors qu'elle peut beaucoup plus. Au début des années '90, les actrices sont encore des faire-valoir (et le rôle des femmes dans une oeuvre patriotique de 1826, je ne te raconte même pas !).
Au final, Le Dernier des Mohicans, oeuvre romantique avec pas mal de souffle épique, surtout dans son long final, reste un document de référence concernant la culture des Etats-Unis, celle du cadre historique traité, celle du roman original... et la culture cinématographique du début des années '90.
"You stay alive, no matter what occurs !"