Rashômon
Note moyenne
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184 critiques spectateurs

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AK13
AK13

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2022
Film difficilement accessible au premier abord, en raison de son schéma narratif si particulier et qui peut perdre un spectateur non averti.
L'évocation de la thématique du viol ainsi que la vision de la femme est archaïque, mais l'intérêt de ce film réside dans l'évocation de concepts qui irriguent la vie humaine : vérité, mensonge, justice, subjectivité...
Film à voir !
Sosa
Sosa

11 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 août 2022
Film très prenant ce qui est assez surprenant sachant qu'il date du début des années 50, visuellement c'est très beau
L'histoire nous est raconté de part une multitude de point de vue seulement j'ai fait le compte, il en manque un : celui du cheval.
D'où sort ce foutu bébé ???

Le jeu des acteurs est vraiment mauvais, l'inconnue qui débarque au début, le malfrat, les deux femmes jouent extrêmement mal, c'est limite insupportable surtout lorsqu'ils crient et Dieu qu'ils le font
Ce qui est aussi dommage est que le film est trop explicatif notamment à la fin et ce qui est pire que la guerre ce n'est pas le crimes commis mais les faux sourcils des femmes situé aux milieux de leurs fronts.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 août 2022
J’évoque parfois la fatigue des vieux films rattrapés par les rides du temps. Honoré à l’époque par les plus grandes récompenses « Rashomon » appartient semble-t-il à ce cas de figure sur lequel Akira Kurosawa imagine le procès d’un bandit à travers différents témoignages contradictoires et sujets à caution. A chaque version des faits Kurosawa illustre les propos, systématiquement et sans élan véritable, sinon la fougue que met le bandit à se défendre devant ses juges et à profiter de ses victimes. Il y a comme une forme instinctive dans le maniement de la caméra qui répond aux exigences d’une mise en scène implacable . Mais soixante dix ans après le souffle est pesant, l’image trop marquée par son époque. Je crois que Toshiro Mifune joue là son premier rôle pour Kurosawa. Ils allaient poursuivre une collaboration fructueuse.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2022
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2022/08/10/rashomon-critique/

Chaque narrateur va en somme raconter « une histoire dont il est le héros ». Il est en réalité question d’une réflexion engagée sur la vérité, sur les petits accommodements que l’on passe avec soi-même, qui viennent jusqu’à nous auto-persuader d’un vécu bien différent de ce qui s’est vraiment passé…

Au-delà de la puissance très universelle du message, il émane de la mise en scène comme une pureté formelle, avec des jeux ultra-novateurs pour l’époque d’ombres et de lumière, comme si ce noir et blanc là n’était pas comme les autres. Les cadres, les plans sur la pluie, comme sur le soleil, sur les personnages, l’esthétisme philosophique fou des dialogues qui fait de chaque réplique un sujet de mémoire…

C’est la force d’un message poétique, politique, philosophique. "Rashômon" est un bouleversement, un renversement, une merveille de questionnement sur la façon d’être au monde, sur le vrai moi, c’est un film essentiel, indispensable, fondateur.

Malgré le sublime désespoir sur la nature humaine que porte "Rashômon", dans l’art de sa métaphore, au bout, justement, il existera l’espoir.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 228 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2022
l un des grands kurosawa. cette idée de faire raconter l histoire par chaque intervenant était précurseur à l époque. terriblement efficace, réalisé de main de maître, certains classiques sont l évidence même, Rashomon est de cette trempe là
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 août 2022
Une oeuvre vieillissante mais à l'interprétation d'une grande qualité et d'une narration originale. Ensuite, l'oeuvre porte un regard critique et complexe sur l'être humain, sur son honnêteté et sur sa cupidité.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mars 2022
Rashomon sort de ce qu'on a l'habitude de voir : le jeu d'acteur est très exagéré et peut paraître parodique par moment. Pourtant en dehors de ça, c'est un récit non linéaire qui ne fait que de se changer et où on ne sait plus qui croire. C'est au final passionnant à suivre, d'autant plus que la mise en scène n'a pas pris une ride.
Alphasantore
Alphasantore

5 abonnés 36 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2021
Film culte, dont la mécanique scénaristique a été reprise sur un grand nombre de films après. Cette mécanique consiste à nous énoncer un événement majeur qui s'est déroulé et qu'on nous montre chaque version d'histoire de chaque personne complètement différente de celles des autres. On étudie d'ailleurs souvent dans les écoles de police "l'effet rashomon", en hommage au long métrage du grand réalisateur Akira Kurosawa.
Volapuk
Volapuk

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2021
Un chef d'oeuvre du cinéma japonais inspiré de deux chefs d'oeuvre de la littérature japonaise Rashōmon et Dans le fourré ( Yabu no naka) de Ryūnosuke Akutagawa. J'aurais toutefois une critique à faire : si Dans le fourré est magistralement adapté, la nouvelle Rashōmon est plutôt malmenée et c'est vraiment dommage.
Le film n'aurait pas du s'appeler Rashōmon mais Yabu no naka.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 janvier 2021
Il faut bien entendu remettre les choses dans leur contexte avant de visionner Rashomon: il s'agit d'un film japonais datant de 1950, autant dire une antiquité du 7e art. Après quelques minutes, l'un des points frappants est l'incroyable dynamisme de la mise en scène, avec une caméra mobile, des plans splendides, bref, tout ce qui a fait d'Akira Kurosawa l'une des grandes références du cinéma contemporains, et un visionnaire génial. L'histoire elle-même n'est pas en reste, un homicide relaté par plusieurs personnages, chacun en ayant une version différente. L'occasion pour le réalisateur d'explorer les aspects les moins glorieux de l'espèce humaine, telle que la lâcheté et le mensonge.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 mai 2020
Kyoto, Xeme siècle. Deux hommes ont assisté à un procès. C'était le procès du bandit nomade Tajomaru, qu'on accuse d'avoir tué le samouraï Takehiro et d'avoir agressé la femme de celui-ci. Tajomaru, Masako (la femme) et le fantôme de Takehiro vont raconter les faits divers chacun à leurs façons. Mais chaque histoire est différente. Qui dit la vérité ?
Nous avons là une histoire totalement inédite pour le cinéma japonais. Lorsque j'avais fini de regarder ce film, j'étais bouche bée. Je me disais "comment réaliser des films aussi bon en 1950 ?" mais aussi "comment un film de si bonne qualité peut être si peu connu ?". C'est vrai, il y a des films comme "Rashômon" ou "Koyaanisqatsi" que personne ne connaît et qui sont pourtant des chefs-d'œuvres qui pourraient plaire à tous. "Rashômon" est le plus grand film japonais, le plus inédit, le plus beau, le plus... Je rappelle qu'il se trouve en position 5 du top 100 de la Rédac' AlloCiné. C'est d'ailleurs pour ça que j'avais eu l'idée de le voir avec ma famille, qui n'en avait jamais entendu parler. Au final, tout le monde avait adoré.
Pour tout les fans du cinéma qui ne l'aurait pas vu, je vous conseille de le voir primordialement.
Dans ce film, le jeu des acteurs est parfait et les images et le travail de la lumière sont splendides, fascinants et mettent dans l'ambiance. Et puis, la caméra filme avec une grande élégance, comme si elle dansait... Que dire... À part certaines petites longueurs parfois (c'est pour ça que j'ai mis 4.5), "Rashômon" n'a pas profondément vieilli.
Chacun a ses goûts, mais il faudrai avoir été vraiment déconcentré si on adressait à ce chef-d'œuvre du film philosophique en dessous de 3 étoiles.
En conclusion, c'est un film vraiment profond et troublant qu'il faut voir, particulièrement pour les fans de films noirs mystérieux qui voudraient approfondir encore plus leur passion.
Marcelo_Di_Palermo
Marcelo_Di_Palermo

15 abonnés 168 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mai 2020
J'ai quand même du mal à croire ce que je lis ici: les critiques parlent d' "UN CRIME" qui a été commis. Moi j'en ai vu DEUX et je suis stupéfait d'être le seul : 1/ le viol de cette femme 2/ l'assassinat du mari. Ca donne à réfléchir cet aveuglement... Cela mis à part, il faut reconnaitre que le film a vieilli. Son intérêt est essentiellement historique, et en gardant cela en mémoire, je lui pardonne son côté suranné et je reconnais que dans cette catégorie il est remarquable.
StoRmEy
StoRmEy

15 abonnés 64 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 avril 2020
Comment le mari est décédé ? Quels sont les motifs ? Quel récit s’approche le plus de la réalité des évènements ? En clair, que s’est il passé bordel ? 70 ans après, on ne sait toujours pas, et c’est un des points forts de cette oeuvre explosive, totalement déroutante et qui ne vous quittera pas un seul instant après la (re)découverte de Rashōmon.

Kurosawa est un artiste dont j’ai entendu parler inlassablement depuis des années et j’ai décidé de m’immerger, à tâtons, dans sa filmographie vantée comme une des plus inspirantes, éclectiques et puissantes jamais formée. C’est un réalisateur très malin, sadique aussi vraisemblablement, mais toujours perfectionniste, qui prend un grand plaisir à perturber le spectateur. Partant d’un fait divers pourtant banal en apparence ( les personnages du début rappellent avec insistance qu’un mort, dans cette période post guerre si chaotique et sanglante des années 40-50, on en voit à foison), le cinéaste déploie une armada de récits, de souvenirs tantôt grotesques, tantôt touchants, tantôt improbables, qui font de ce film une oeuvre totale.

Totale, en premier lieu à l’aide d’un scénario franchement imprévisible, peut être même pour un assidu de Kurosawa, tant il est ardu de démêler le vrai du faux dans cette descente aux enfers vécus par les 4 narrateurs, qui se contredisent sans cesse et n’aident pas du tout à trouver la vérité dans cette affaire d’une confusion absolue.

Totale, également par le biais d’une amplitude inouïe de moyens cinématographiques mis à l’oeuvre pour en faire un film inclassable : un éclairage 300% naturel à la fois écrasant dans la moiteur de la forêt, froid dans les scènes du tribunal, noir et mettant en avant la pluie torrentielle qui enferme les personnages dans le temple ; des acteurs au sommet de leur art, aussi bien possédés par une présence malveillante, habités par la folie, le doute, la vengeance, le désespoir ou l’incompréhension dans cette épopée majestueuse ; enfin, une bande son mystique, inquiétante et enjouée par rares moments, qui n’est pas sans rappeler Ravel ( le Boléro spécifiquement) et ses inspirations orientales, utilisée pour accentuer l’aspect menaçant des séquences qui vous hanteront j’en suis sur.

Totale, finalement par l’abondance remarquable des thèmes abordés, universels et aussi propres au Japon et de la culture qui lui est associée : l’honneur, la trahison, la foi en l’humanité, la futilité de l’existence, l’absence de la justice ( ou son incompétence, on remarquera que les témoignages sont des monologues d’une noirceur épatante et que le juré ne se prononce jamais - si tant est prouvé qu’il existe ici...- tout se déroule dans les énonciations des témoins), la relativité de la vie et de ses épreuves, et tant d’autres notions qui font de ce film de moins d’1h30 ( !! ) une oeuvre fleuve aux qualités innombrables.

Le point le plus marquant de Rashōmon est certainement l’aptitude, le talent monstre avec lequel le réalisateur démontre qu’un fait, au premier abord évident et constaté, peut être approché de différentes manières qui remettent en question les versions énumérées. Il y a le déni, l’aliénation, le rapport homme-femme ancestral ( comportant un des triangles amoureux les plus néfastes et somptueux de l’histoire du cinéma), le tragique du meurtre/suicide et la libération, le remords qui en découle, c’est fabuleux à quel point ce récit s’ouvre à nous pour ne finalement dévoiler que peu de réponses et garder ses secrets depuis autant d’années.

D’une beauté plastique absolument terrifiante, innovant sur tous les points ( je n’ai jamais rien vu de semblable sur plus de 1000 films) et avec une morale aussi pessimiste sur le devenir de l’homme qu’illuminée par une conclusion aux aboutissants incertains, Rashōmon est une réussite magistrale qui ne cesse de résister à l’assaut du temps, preuve ici d’une oeuvre d’art impérissable et pour autant, marquée d’une époque où l’humanité et ses névroses a failli à assurer la paix dans le monde, ce qui, dans les années 50’s, a pu décourager tant d’âmes sur terre, dont les pauvres êtres qui se déchirent dans ce film déchirant, flamboyant et génial.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mars 2020
Avis basé sur des éléments essentiels de l'intrigue de Rashômon.

Le film s'ouvre sur un temple détruit, vestige du passé devenu refuge pour deux personnages, un prêtre et un bûcheron, rapidement rejoint par le roturier, troisième homme représentant l'arrivée du spectateur dans l'intrigue : il ne connaît rien à l'histoire, pose autant de question que le public s'interroge, suit cela sans trop comprendre le sens des quatre versions différentes de l'élément tragique à la base de toutes ces inquiétudes.

Si l'on comprend alors qu'il est un vecteur d'intérêt et d'enjeux, cela pousse l'immersion d'autant plus loin que Kurosawa propose un festival de virtuosité à celui qui visionne : accompagné au scénario de son compère Shinobu Hashimoto, l'écriture et la mise en scène rivalisent de malice et de talent en créant une intrigue alambiquée, complexe et passionnante d'à peine plus d'une heure vingt de durée tenant en respect des films d'enquête de plus de deux heures.

Et l'on se prend facilement à ce jeu de pistes fascinant qui présentera, ce n'est pas surprenant, la présence réjouissante de l'iconique Toshirõ Mifune : tenant le film sur ses épaules (le reste du casting aura beau être irréprochable, il le domine indubitablement), l'acteur campe le personnage le plus fouillé, le plus profond et complexe de l'oeuvre, élargissant sa personnalité à autant d'histoires qui nous sont présentées : un tour sanguinaire, un tour honorable, on ne sait jamais comment le considérer.

Si la certitude reste que c'est un voyou, un vaurien profondément vicieux, on ne peut cependant s'empêcher de l'apprécier à le voir si satisfait de se vanter d'un crime qu'il n'aurait possiblement pas commis, et de rajouter dans son histoire des détails qu'on pourrait imaginer inventés pour étayer sa légende, et se faire craindre auprès des civils et des autorités. Il a tout de ces antagonistes qu'on adore détester, se taillant une place de marque dans la galerie des personnalités complexes et inoubliables des films de samouraï/western.

Comment mépriser une personnalité si ambiguë, qu'on imagine facilement enfant orphelin élevé au combat pour la survie, à la douleur perpétuelle ayant endurci son coeur au point de le changer en pierre; et tout aussi mauvais qu'il puisse paraître, ne serait-il pas finalement le personnage le plus honnête face à ces "honnêtes" gens dont l'histoire diffère à chaque fois, tant ils ont tous un intérêt quelconque qu'ils tentent de cacher aux yeux des juges, minimisant leur rôle ou dissimulant des détails importants à la compréhension de l'affaire?

Et tandis qu'il se trouve présent dans pratiquement tous les passages les plus iconiques de Rashômon, on ne peut que tomber des nues face au talent certes attendu de Kurosawa, mais toujours aussi désarçonnant : la qualité de ses plans millimétrés ne laissant rien au hasard épousera à la perfection son écriture, dévoilant à l'écran les indices qu'elle tente de placer à l'oral. Cette symbiose incroyable entre forme et fond se retrouve également dans son propos humain, que la fin place sans prévenir en forme d'uppercut imparable.

On retrouvera dans le message de fin cette réflexion portée sur le protagoniste campé par Mifune : Rashômon, qui présentait jusqu'ici une critique désenchantée de la condition humaine et de son individualisme vicieux, fait disparaître la pluie en même temps que son trio s'apprête à quitter l'écran, emportant avec eux un nouvel espoir, celui d'une naissance, d'un enfant abandonné par ses parents auquel la vie pourrait sourire.

Et s'il se retrouve propulsé dans l'intrigue et leur vie par un geste odieux (quoi qu'on n'en connaît pas les raisons véritables), il n'empêche que l'enfant porte un regard radieux sur l'humanité, innocent, une nouvelle vision de notre nature qui pourrait changer, redevenir aussi saine que celle de l'enfance. Si les miracles surviennent et que des vocations parentales naissent, alors les hommes peuvent changer et devenir un peu plus honnêtes entre eux.

Le véritable miracle étant que l'homme le plus égoïste peut faire preuve d'altruisme et de bonté sans autre arrière-pensée que celle d'enfin sauver une vie.
PERMIS de CRITIQUER
PERMIS de CRITIQUER

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mars 2020
Avec "Rashômon", Kurosawa signe son premier chef-d'oeuvre universel. En remportant le Lion d'Or à la Mostra de Venise en 1951, le jeune réalisateur donne un gigantesque coup de massue sur la tête d'un cinéma occidentale que l'on croyait tout puissant. "Rashômon", c'est l'histoire d'un meurtre, celui d'un samouraï dont le corps sans vie est découvert dans une forêt par un bûcheron, vient alors l'heure des témoignages, tout d'abord; celui du bûcheron, puis celui d'un bonze (prêtre), ayant aperçu le couple peu de temps avant l'assassinat du samouraï, puis vint celui de l'assassin présumé, un bandit du nom de Tajômaru magnifiquement interprété par l'immense Toshiro Mifune, qui précède le témoignage de l'épouse du samouraïs mort, et pour finir, nous assistons au récit des faits par le principal intéressé: le samouraï mort parlant à travers un médium. L'affaire peut paraître simple, en admettant que les témoins donnent une version véridique des faits observés ou commis, or ce n'est pas le cas. En effet, chacun arrange l'histoire afin qu'elle lui soit favorable (histoire de se donner le beau rôle). Avec ce film, Kurosawa pointe directement du doigt les plus profonds défauts de l'âme humaine, son incapacité à dire la vérité la faute à son obsessionnel besoin de se mettre sans cesse en avant et par conséquent, sa stupéfiante capacité à mentir quel qu’en soit l'enjeu. Bref, une magnifique tragédie portant sur cette incurable maladie humaine qu'est le mensonge. Si l'histoire se trouve être à elle seule une trouvaille magnifique, "Rashômon" doit également beaucoup à sa mise en scène. Les allés et venus des personnages dans cette forêt qui ne semble t'avoir de fin mêlés aux mouvements fluides des caméras du "maître" (travelling, zooms...) et au dynamisme des scènes développe une sensation oppressante et presque angoissante d'enfermement, le spectateur devient témoin à part entière de la scène (sensation renforcée par les divers plans rapprochés) et se trouve de ce fait en capacité de juger quelle version des faits est la plus crédible. De plus, le fabuleux scénario de l'incontournable Shinobu Hashimoto qui fait se succéder les témoignages et s'entremêler présent et flash-back donne une fois de plus une touche de modernité au film. Mais que serait "Rashômon" sans la présence du grand Toshiro Mifune, ici, il nous offre une de ses interprétations les plus sauvages, sa force bestiale, son charisme, son talent, jusqu'à son incroyable regard félin, forme l'un des personnages les plus atypiques et inoubliables de l'histoire du cinéma, celui du célèbre bandit Tajômaru. N'oublions pas non plus la sublime bande originale du compositeur attitré de Kurosawa: l'immense Fumio Hayasaka qui nous offre une partition légère et inoubliable notamment inspirée du "Bolero de Ravel". Ainsi, "Rashômon" n'est ni plus ni moins qu'un chef-d'oeuvre du cinéma mondial, une superbe tragédie scrutant les fins fonds de l'âme humaine, une âme perverties par le mensonge et le désir, mais qui, comme aime à le montrer Kurosawa, ne l'est peut-être pas totalement.
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