Rashômon
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 27 avril 2014
La même histoire raconté selon les différents points de vue il semble que Kurosawa soit un des premiers réalisateurs à utiliser le procédé, en tout cas il l'utilise à fond. Il fait aussi un travail sur ses lumières.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 avril 2014
Bien avant ses sept samouraïs, Kurosawa introduit sa patte unique dans le cinéma japonais avec Rashomon, où il étudie le système des points de vue de personnages sur une scène de crime. Le film commence de façon classique avec les flash-backs qui devraient établir la vérité. Sauf que tout est perturbé par la découverte des témoignages trafiqués, par peur des représailles ou par intérêt personnelle, si bien qu'à la fin le spectateur ne sait plus quelle version était vraie. La mise en scène de Kurosawa se concentre sur la nature humaine sur laquelle il donne une vision pessimiste : le lieu de rendez-vous des trois témoins est un champ de ruine, métaphore de l'âme humaine, par la forêt où deux guerriers se disputent, à la manière de deux animaux, une pauvre femme désamparée. Les séquences de témoignages sont filmées comme une caméra posée sur une scène de théâtre : on n'entend pas les paroles des juges, seul le spectateur interprète chaque discours. Mais le film manque de rythme, les vraies et fausses vérités s'enchaînent jusqu'à lasser le spectateur qui s'aperçoit que finalement rien ne sera jamais confirmé dans l'affaire, et que le film termine sur une morale un peu bâclée. Ce n'est pas le meilleur film de Kurosawa, cependant il sert de tremplin à sa grande carrière dans son travail scénaristique et cinématographique.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mars 2017
Un film qui me tient tout particulièrement à cœur car il a été ma porte d'entrée dans le cinéma de Kurosawa et le cinéma asiatique par la même occasion.

Xème siècle, Japon, de fortes pluies, trois voyageurs, et plus précisément un moine, un bûcheron et un passant, se réfugient dans un temps en ruine. Le moine et le bûcheron sont terrifiés, notamment par le procès auxquels ils viennent d'assister. Le procès tourne autour d'un célèbre bandit accusé d'avoir violé une femme et tué son mari, un samouraï et ils vont forcer le troisième à écouter leurs récits.

Voilà comment débute "Rashômon" d'Akira Kurosawa, le film qui le fit connaitre en occident notamment grâce à l'oscar d'honneur du meilleur film étranger ainsi que le lion d'or à la mostra de Venise. Il propose une structure narrative, inventive et somptueuse, où les crimes seront analysés selon différents points de vues, le moine, le bucheron, la victime ou encore l'accusé.

Le récit, en forme de kaléidoscope s'avère très bien écrit et surtout passionnant, alors que cela reste toujours fluide et surtout on cherche la vérité à travers les propos de chacun des protagonistes, avec un rythme toujours maîtrisé et un suspense tenant de bout en bout, jusqu'à un dénouement final et une fin laissant encore le doute dans nos tête et qui s'avère réussi.

De plus, son récit s'avère aussi d'une richesse intellectuelle, sans aucune lourdeur, se questionnant autour de la mort, la justice, la conscience ou encore la moralité. On admire aussi la qualité et la maîtrise technique et visuelle de Kurosawa, entre sa mise en scène moderne et dynamique, ses travellings, mouvements de caméras, jeux d'ombres ou encore ses cadrages. C'est virtuose à beaucoup de points de vues ! La photographie en noir et blanc est superbe tandis que les interprétations sont aussi impeccables et notamment Toshiro Mifune dans le rôle du bandit.
Henrick H.
Henrick H.

4 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2014
Quelle belle idée de raconter un même fait divers avec une version différente selon le protagoniste qui la conte. Chacun d'eux tente de donner la meilleure image de lui-même et de sauver son honneur. L'honneur, la base du film, mais aussi la dénonciation de celui-ci par Kurosawa comme étant ce qui mènerait l'humanité à sa perte. L'issue est tout de même positive : on peut toujours croire en l'homme et en sa bonté. Le seul bémol, un jeu beaucoup trop théâtral parfois.
ghyom
ghyom

110 abonnés 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2014
Quelle claque !

Kurosawa nous entraine cette fois-ci dans un petit conte philosophique. Via l'histoire d'un meurtre et du procès qui s'en suit, on assiste aux différents témoignages. Chaque fois l'histoire diffère. Alors qui croire ? Quelle valeur peut-on accorder à un témoignage ? Comment la subjectivité et l'égo et/ou l'honneur des témoins influencent leurs témoignages ? Quid du mensonge ? Le témoignage du mort par l'intermédiaire d'un médium est-il moins valable que celui des vivants ? Finalement qu'est-ce que la réalité ? Qui peut dire que ce n'est pas une illusion, qu'il est trompé par son esprit ? N'y a-t'il qu'une seule réalité ? etc.
Kurosawa a encore une fois apporté beaucoup de soin au montage sonore, que ce soit par le choix de la musique et son utilisation et les bruits ambiants qui rendent l'histoire dynamique aidés en cela par le comique théâtral de Toshiro Mifune.

Un très très grand film.
Sid Nitrik
Sid Nitrik

74 abonnés 416 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 janvier 2014
Le cinéma de Kurosawa est connu pour sa finesse technique et sa narration révolutionnaire. « Rashômon » en est un bon exemple. Dans un Japon médiéval en proie à tous les fléaux (guerre, famine, catastrophes naturelles, banditisme...), 3 voyageurs discutent d'une histoire de meurtre à plusieurs versions, chacune étant racontée par les protagonistes de ce récit. On a donc une sorte de narration en poupées russes. Le propos « contenu » tourne autour de l'honneur, le « contenant » se base plus sur l'humanisme, le pessimisme ou l'optimisme qui en découlent à travers notamment les paroles du bonze et du bûcheron. Ce choix de narration laisse place à une intrigue solide qui tient en haleine jusqu'à la fin. On est véritablement guidé par l'envie de connaître la véritable histoire. Les différents propos, eux, sont empreints de la philosophie nippone et du Bushido et autres codes d'honneur et permettent entière liberté d'interprétation du final au spectateur. Le film est donc sur le fond particulièrement brillant. On mettra des bémols sur la forme. Certains excès de lenteur dans le rythme et le minimalisme omniprésent laissent parfois place à des scènes interminables dont on peut douter de l'utilité et de l'impact. Les acteurs sont bons mais l'on peut s'agacer également des quelques rires et cris forcés qui reviennent à longueur de film. Parfois un peu trop théâtral donc. Il en reste donc une œuvre fort correcte, très subtile et intelligente, mais dont la forme peut rebuter quelque peu. A découvrir mais pour s'éveiller à Kurosawa, mieux vaut-il commencer par « Les 7 samouraïs », « Yojimbo » ou « Sanjuro », plus accessibles.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 janvier 2014
Ancien film japonais en N&B, certainement un classique dont j'ai abordé les premières images en traînant la patte mais en me doutant qu'un petit temps d'adaptation, comme souvent dans ce type de film asiatique peu sexy a priori, suffirait pour me happer. Pari gagné !

Sur une 'intrigue' assez simple que le scénario oblige à être répétitive, le film est plus qu'intéressant.
Il s'agirait de découvrir qui a tué le mari noble (je ne dis pas 'le noble mari') de la femme violée par un bandit de grands chemins. En fait, spoiler: on ne le saura pas, sauf à se refaire pour soi un film, une version subjective
malgré les témoignages en images des différents protagonistes (même du mort outre-tombe) et celui d'un paysan témoin. Car le propos du réalisateut ne réside pas vraiment là.

Il serait plutôt question d'égoïsme, d'honneur (souvent déplacé, archaïque voire criminel), d'orgueil, de mépris/e, de crédit ou valeur accordés à la parole, de 'lutte des classes', de vol, de valeurs, de passage d'un état ou statut à un autre, de dague ou de sabre (freudiens ?) dont l'usage rendrait maître de quelque chose, de jungle contre civilisation et inversement (et pas toujours dans l'idée qu'on croit), d'Eros et Thanatos, et de cent autres notions prêtant à réflexion - a posteriori, rassurons tout le monde, ou en rédigeant une petite critique.

Les éléments (soleil chaud, vent sec, pluie diluvienne), une certaine lenteur ou atmosphère rappellent le théâtre antique et confèrent une indéniable noblesse à l'ensemble. L'épouse-objet pose et surjoue comme au temps du cinéma muet, le mari phallocrate apparaît détestable (en 2014) mais parmi tous les autres personnages, l'espiègle et dément violeur fait pétiller un jeu dynamique presque vital qui réveillerait tout spectateur endormi. De toute façon, sans lui, pas d'histoire donc pas de film. Et il est excellent.

En outre, les scènes de lutte dans la forêt sont particulèrement bien réalisées.

Ainsi des témoignages, qui est l'assassin, qui est coupable, qui a dit vrai s'efface au profit d'une autre vérité bien plus large, englobante voire universelle et s'appellerait peut-être Réalité.

La fin amène une lueur d'espoir salvatrice quant à la nature humaine. spoiler: On peut avoir foi en l'humanité grâce au moine évidemment (stérile euh, abstinent) mais surtout au pauvre paysan chargé de famille, à travers lequel la vie peut être et va être perpétrée après que la justice de la pluie a lavé l'air et la terre pour le faire avancer sur le chemin de l'avenir nu qu'il tient dans ses bras.


Le film fini, nous, spectateurs, repartons dans nos foyers, à nos vies, mais lourdement instruits de la subjectivité de l'âme humaine, des destins sociaux et des complexes facettes de la vie.
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mars 2014
Quatre versions et points de vue concurrentiels, racontées en flash-back successifs, sur le meurtre d’un samouraï et le viol de son épouse à l’époque médiévale au Japon. Une œuvre à la structure narrative brillante et un conte philosophique subtil, mais quelques excès de longueurs. Oscar du meilleur film étranger et lion d’or à Venise.
Acidus

872 abonnés 3 939 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 décembre 2013
Akira Kurosawa signe une nouvelle fois un bon film avec ce "Rashômon" dont la principale subtilité vient de sa structure narrative. Il en découle un certain suspens (Où se trouve la vérité?) et un portrait de l'Homme peut optimiste. Rien à redire du côté des interprétations (Toshiro Mifune au top!) et de la mise en scène. On repprochera toutefois à "Rashômon" son caractère froid et distant, véritable handicap pour ce genre de film.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2013
Très intéressant parfois que de lire l'œuvre dont le film est adapté afin d'avoir une meilleure perspective. C'est précisément ce que j'ai fait avec « Rashômon », adapté de la passionnante nouvelle « Dans le fourré » du non moins passionnant Ryūnosuke Akutagawa. Si le résultat est en définitive très fidèle au texte de l'auteur, Akira Kurosawa a eu la grande intelligence de l'enrichir d'un point de vue narratif, si bien que l'ensemble garde une vraie personnalité. Mais ce qui frappe avant tout, c'est bien entendu l'impressionnante maestria visuelle qui caractérise pratiquement chaque plan. Nul doute qu'à ce titre, Maître Kurosawa était un véritable génie, offrant à l'œuvre un souffle, une puissance qui ne se dément jamais. Conséquence : alors que l'histoire et le propos étaient déjà remarquables, « Rashômon » devient carrément somptueux à plusieurs reprises, la saisissante interprétation de chacun (Toshirō Mifune et Takashi Shimura en tête) ne faisant que renforcer ce sentiment. Reste un très léger aspect répétitif (mais pouvait-il être vraiment évité?) et donc une légère frustration me concernant quant à l'histoire connue dès le départ (c'est le risque dans ce cas-là), mais impossible pour autant d'oublier ce spectacle de premier ordre, aussi brillant qu'intelligent : une belle réussite.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 octobre 2013
Un très grand film . Le jeu d'acteur est un peu théâtrale mais completement justifier grâce à la fin où tout est éclairci avc une grande intelligence . Le jeu d'acteur est bon , les plans bien travaillé , un scénario simple et efficace qu'on déguste comme un gateau . Bravo Akira
Desman
Desman

8 abonnés 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 octobre 2013
Pas le meilleur Kurosawa de mon point de vue. La mise en scène et la photographie sont nickel. Le scénario est assez simple dans sa construction. Certaines scènes ne sont pas raccord (problème de montage ?). L'histoire repose beaucoup sur la question de l'honneur, très importante dans la culture japonaise, et n'étant pas spécialiste de cette dernière je pense être passé à coté de certaines subtilités. Les personnages eux-mêmes n'étant pas d'accord sur ce qui est honorable ou pas il est difficile de s'y retrouver. Bref pas le plus abordable des Kurosawa pour un occidental.
CeeSnipes

327 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 octobre 2013
En 1950, c’est vers le Japon qu’il fallait se tourner pour voir une innovation cinématographique. En effet, avec Rashômon, Akira Kurosawa démocratisait l’utilisation des multiples points de vue.

Contant l’histoire d’un meurtre crapuleux agrémenté d’un viol présumé, Rashômon a le bon goût d’être court. Si pour nous autres Occidentaux, le rythme peut sembler particulièrement lent, le film prend son temps pour enchaîner les histoires, il en profite pour manipuler son spectateur, qui perd pied avec la vérité au fur et à mesure que les révélations arrivent. Akira Kurosawa distille son message à petites doses, un message profondément provocant qui remet encore en cause l’Homme, plus de 63 ans après sa sortie. En effet, le film soulève des points encore très justes aujourd’hui. Et la grande force de Kurosawa, c’est d’avoir réussi à vulgariser cela, sans jamais le prendre à la légère. Le film est réellement compliqué, il faut vraiment s’accrocher, mais avec un peu d’attention, le message est limpide. Les acteurs sont excellents, Minoru Chiaki et Machiko Kyô bien sûr, mais surtout l’immense Toshiro Mifune, encore fabuleusement génial et exubérant.

Rashômon est une expérience indispensable pour tout cinéphile, tant le film est réussi et important pour l’Histoire du cinéma. On pourra cependant regretter l’omniprésence du score de Fumio Hayazaka, sympathique quand même.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 septembre 2013
Une évidence s'impose derrière ce Kurosawa, celle d'un film profond. Les notions de vérité et de justice ne sont jamais apparues aussi clairement sibyllines, aussi brutalement incertaines au Cinéma.

Derrière ces remises en question de la foi et de la nature humaine, on ne se peut s’empêcher de recontextualiser la genèse du film, celle d'un après Hiroshima, celle des atomisés, celle sanguinement décrite par Oe dans Notes de Hiroshima.

Au final, l'humanité du film prend la forme d'un aveu, l'aveu d'un pardon et tout délaissant les torrents de pluies abattant sur Rashomon, Kurosawa fait naître une éclaircie, celle d'un cinéma brillant, chaleureux.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 septembre 2013
Réalisé en 1950 par le génial Akira Kurosawa, "Rashômon" raconte les différentes perceptions d'un crime à Kyoto au XIème siècle. Entre réflexions sur le mensonge et la foi en l'Homme, et d'autre part, une construction pour le moins singulière, avec une alternance de scènes dans la forêt et sous le portique d'un temple (composée de deux trios différents), on est pris d'une certaine fascination. Cette dernière prend forme grâce au mélange de tragédie et d'optimisme, lui-même révélé par un déroulement captivant et par une esthétique sublime. D'ailleurs, le noir et blanc a une importance de taille, avec notamment sa capacité à donner des indications sur les humeurs complexes des personnages. Aussi, on saluera la performance impressionnante des acteurs, (Toshiro Mifune est sidérant dans sa folie incontrôlable) participant à la force incommensurable qui se dégage du film. Puissant, troublant, et d'une grande modernité !
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