Celui qui voudrait regarder "Au nom du père" sans rien connaître de l'IRA et des Quatre de Guildford n'a aucune raison de s'inquiéter car le film lui expliquera tout. C'est à la fois louable de la part de Jim Sheridan de tenir par la main son spectateur dans le but de lui faire pleinement partager l'émotion d'un tel sujet et en même temps regrettable sur le plan cinématographique. Le schématisme des personnages, de l'action et de la mise en scène sont bien sûr les symptômes majeurs d'un académisme frappant, mais cet académisme n'en demeure pas moins habité. Si le film nous emporte et qu'il nous transmet lors d'un procès final une haine ravageuse, c'est parce qu'il est totalement engagé. La conscience de faire un film révoltant et brûlant se ressent à chaque minute, à travers un rythme soutenu, une musique puissante et une qualité d'interprétation étourdissante – Daniel Day-Lewis est extraordinaire dans sa façon de passer progressivement d'une innocence un peu bête à une véritable maturité, via la prise de conscience politique. En somme, il est difficile de nier le caractère démonstratif du film mais il est également impossible de rejeter l'impression d'urgence assez folle qui en ressort.
Inspiré de l’histoire vraie dite des "quatre de Guildford", "In the name of the father" est un film intense, sublimé par la performance exceptionnelle du trop rare Daniel Day-Lewis. L’acteur y interprète un jeune homme injustement emprisonné quinze années durant dans un contexte politique de guerre civile en Irlande du Nord, alors qu’il est innocent. Gerry Conlon, jeune délinquant dans le Belfast des années soixante-dix, passe son temps à se saouler et faire la fête, à la grande consternation de son père, Giuseppe, imperturbable Pete Postlethwaite. Un jour, accusé d’être l’instigateur d’un attentat sanglant pour le compte de l’IRA, Gerry est emprisonné et condamné à la prison à vie, tout comme son père. Derrière les barreaux, Gerry va redécouvrir son père : son masque de faiblesse, son espoir et sa force intérieure inégalée. Avec l’aide d’une avocate dévouée, fabuleuse Emma Thompson dans l’un de ses meilleurs rôles, Gerry est déterminé à prouver son innocence, nettoyer le nom de son père injustement sali et faire éclater la vérité sur ce qui restera l’une des plus graves erreurs judiciaires du Royaume-Uni. Sans aucun doute l’œuvre la plus réussie de Jim Sheridan, qui permet de percevoir toute l’ambiguïté et la justesse de la relation père-fils dans un milieu carcéral dénué d’humanité.
Rage et désespoir. Le plus grand succès de Sheridan est la combinaison de deux sous-genres cinématographiques : Le film de procès, qui retrace le déroulé d’une erreur judiciaire et le fin de prison, qui montre la survie du good guy dans l’univers carcéral. La grande réussite c’est de parvenir à exceller sur les deux tableaux. Le thème du conflit anglo-irlandais est cher au cœur de Sheridan. Il dira même que c’est son seul véritable engagement. Comme dans le reste de sa filmo, Sheridan en profite pour développer autour d’un thème qui l’obsède, les relations entre père et fils. Ici, le père symbolise la sagesse et la bonne morale tandis que le fils est la tête brûlée qui refuse de vivre les mêmes brimades que le paternel. Les deux personnages vont finalement définir deux stratégies face au contexte nord-irlandais. Sheridan n’épargne personne. Le gouvernement Britannique en prend pour son grade. L’IRA est présenté comme un mal justifié mais un mal quand même. La raison viendra d’un père affaibli que seule la mort pourra renforcer. Sur la forme, tout cela est assez classique mais on se prend véritablement pour l’enjeu politique et dramatique de cette histoire vraie. Day-Lewis est saisissant, tant en prisonnier insoumis qu’en jeune foufou des rues de Belfast. A voir et à revoir.
Issu d'une histoire vraie ," Au nom du père " nous fait découvrir les erreurs judiciaires d'une Angleterre sur les dents, en pleine guerre terroriste avec IRA dans les années post 70 , Il leurs fallait des coupables ; et ils les ont trouvé ! Un film qui reste d'actualité, c'est sur, à voir pour les amateurs du genre !
Un film dur et puissant, renforcé par le fait qu'il traite d'une histoire vraie. Certains pourront reprocher un aspect "émotionnel" trop présent, mais en même temps, comment faire autrement ?..
En 1975, un jeune délinquant irlandais Gerry Conlon, est arrêté par la police. Il est accusé d'être responsable des attentats terroristes de Guildford. Le film commence doucement puis monte en puissance au fur et à mesure de l'évolution de Gerry. La réalisation de Jim Sheridan est classique mais terriblement efficace.
C'est un film lessivant, transcendant, un film qui apaise presque le cœur quand il se termine. Le spectateur peut même rester muet quelques minutes après la fin, parce qu'il faut reprendre ses esprits malgré tout, et que, même si elle semble s'être mise en pause l'espace du film, la terre continue de tourner. Se dire que tout cela est tiré d'une histoire vraie est d'autant plus bouleversant. Tour à tour torturé, ironique, mélancolique puis épique, ce film relate avec une intelligence folle ce scandale d'Etat effroyable et son effet dévastateur sur les vies de ceux qu'il a touchés. La mise en scène de ce film est si originale qu'elle peut en être déroutante au départ, tant les plans sont nerveux et instables. Puis le film avance, et cette mise en scène dynamique épouse l'histoire, si bien que le fond et la forme fusionnent pour créer un ensemble harmonieux. Sur des musiques magnifiques, le film met en œuvre toute la catharsis cinématographique : l'immaturité de Gerrie, ce gamin emprisonné à perpétuité pour un crime qu'il n'a pas commis, est d'autant plus insupportable qu'elle renvoie celui qui la regarde à sa propre immaturité. L'incommunicabilité de l'amour qui l'unit à son père est bouleversante, et avoir réussi à la retranscrire avec autant de justesse relève du génie. On se révolte en voyant le comportement de cet immature incorrigible face à ce père dévoué. Les acteurs sont grandioses. Un film magnifique, un véritable chef d'œuvre à voir pour sa culture générale
Honorable et mené avec sérieux, Au Nom du Père souffre auprès de moi du syndrome "film à Oscars", race de métrages avec laquelle je serais toujours quelque peu en froid. Inspiré d'une histoire vraie et calibré tout du long pour flatter des sentiments naturels, le film de Jim Sheridan manque de la violence avec laquelle j'aime être désorienté par une oeuvre d'art. Je ne parle pas ici de violence graphique, ni même psychologique, mais plutôt des armes dramatiques que peut fourbir un film pour me désorienter et me sortir du confort de mes certitudes éthiques, pour le peu que je puisse en avoir. Certes, rien de condamnable à se plaindre d'une injustice d'un tel calibre que celle vécue par les "Guilford Four", ou simplement à se recueillir à son propos. Mais les sentiments mis en jeu sont si évidents qu'en faire le récit me parait non seulement enfoncer des portes ouvertes, mais même se complaire à la limite du bon sentiment. Si Au Nom du Père est coupable de cette paresse, ce n'est toutefois qu'à dose infime ; dans l'ensemble, il demeure bien dosé et jamais trop manichéen, sachant qu'il garde aussi un intérêt historique. N'empêche, son traitement bien trop confortable en fait un objet prévisible, et complètement inapte à me toucher profondément.
un film dont en peut pas dire beaucoup de chose, puisque tout est dévoilé par le synopsis mais le film est trés prenant et attachant a tel point quand reste scotché a l'ecran,sans en dire un mot tant que le sujet est lourd par le dévoilement de l'injustice...
Le père et le fils en prison pour la même cause politique comment le système pénitentiaire anglais va tenter de briser le plus virulent des 2 Impressionnant.
Très belle retransmission du scandale de Gerry Colon et de sa famille. Je ne connaissait pas du tout cette histoire et c'est donc sans attentes que je regarde le film : une belle claque. Daniel Day-Lewis excellent, tout comme le père Pete Postlethwaite, et une ambiance parfaite, du nouveau départ sympathique à la descente aux enfers. On se met à la place de Gerry, et on croit à une mauvaise blague... Qui se prolonge quinze années durant... Un drame. A la fin du film, on se sens bien en 2016, avec un système judiciaire plus élaboré. Apparemment, Gerry Colon n'a pas réussi à se remettre de cette épreuve. Ce qu'on peut facilement comprendre avec ce film.
Superbe film avec de l'émotion, une histoire vraie qui ne laisse pas indifférent. Les acteurs sont touchant avec une relation père / fils bien décrite.
Au nom du père. Réalisé par Jim Sheridan. Fidèlement adapté de l'histoire des Quatre de Guildford avec Daniel Day-Lewis.
Au nom du père raconte l'histoire de Gerry Conlon, contraint de devoir aller à Londres et se fait arrêter par la police pour les attentats des pubs de Guildford. Le film nous montre les méandres de ce que nous ne savons pas, de ce que nous nous refusons de savoir. L'histoire d'innocents dont la vie a été volé à cause de l'opinion publique et du système judiciaire tellement occupé à remplir les quotas et de fournir une punition rapide et du gouvernement qui cache l'infecte vérité pour ne pas perdre la face.
Le film nous fait passer par plusieurs émotions grâce à chacune de ses scènes qui sont mise en valeur au maximum de leurs capacités. spoiler: La scène du tribunal nous fait pleurer et nous fait éprouver une haine envers le système chaotique représenté par le jury, le public, le gouvernement et les policiers. On a envie de voir les responsables de cette justice partiale être punis (d'ailleurs j'espère que les responsables réels de cet événement ont vu le film pour se rendre compte de l'erreur qu'ils ont commis). Et cette scène est rendu insoutenable par le sentiment d'injustice de voir toute une famille se faire condamné avec des faux faits pour satisfaire une envie revancharde, le tout avec une musique qui fait de cette scène un véritable pincement de cœur.
spoiler: La scène de l'interrogatoire est dérangeante et nous présente un système auquel nous n'avons pas envie de croire, la violence policière au service d'un système préférant remplir un quota pour satisfaire, une fois de plus le peuple qui crie vengeance. Le tout en plus d'offrir l'une des meilleures scènes de Daniel Day-Lewis.
spoiler: Toute la séquence en prison est un champ libre pour une relation père-fils touchante avec un fils cherchant à se raccrocher à ce qu'il lui reste et un père à l'optimisme désespéré. La prison étant aussi la mise en abyme du conflit Irlandais-Britannique et le prolongement injuste de ce qui arrive à Gerry et sa famille. Pour finir sur l'optimisme du père pour la vraie justice se transmettant à son fils résigné pour lui permettre de continuer la lutte pour la vérité.
Et la dernière scène spoiler: au tribunal et du dénouement tant attendu arrive en satisfaction. La joie de voir enfin la liberté retrouvée des protagonistes dont 15 ans ont été volé par le dit système. Voir cette justice revenu est un véritable spectacle d'émotions après tous les événements passés dans le film.
Toutes ces émotions sont portées par les acteurs, Daniel Day-Lewis, Pete Postlethwaite et Emma Thompson chaque scène est un véritable théâtre pour leurs talents. Ainsi nous voyons des personnages subir, pleurer, souffrir et émouvoir. Chacun devient littéralement le personnage qu'il incarne. Renforçant le réalisme dérangeant du film et donnant au film une véritable force.
Au nom du père dénonce un système tout en racontant les événements avec tendresse et émotion. Un chef-d'oeuvre dramatique qui je l'espère, aura un effet sur ces situations. En espérant que ce film aura eu un effet sur ce qu'il dénonce.
Un film issu d'une histoire vraie qui nous prend par l'estomac réalisé et écrit par un grand cinéaste nommé Jim Sheridan !! On suit avec colère par cette injustice ce drame qui s'est passé à Londres ou un attentat à l'époque ou les Anglais et les Irlandais étaient en conflits dans les années 70, une bande de copains Hippie se voit accuser à tort suivi de la famille du héros, la plupart à perpétuité et je parle pas de la pression pendant les gardes à vue ou ils ont été traité durement physiquement et moralement par la police de Londres. Ce long métrage coup de poing et sensible nous accroche aux tripes. La mise en scène de Jim Sheridan est nerveuse mais pas que ça, il arrive à nous attacher aux personnages avec des moments légers et humains devant toute la brutalité comme le papa attachant nommé Giuseppe et son fils un peu rock 'n roll. Le tout est interprété par des brillants comédiens comme Daniel Day Lewis (toujours grandiose), Pete Postlewhaite attachant, Emma Thompson qui intervient dans la seconde partie en avocate plus les acteurs et actrices dans des seconds roles prodigieux. Un chef d'œuvre.