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Ana, mon amour

Critique de Ana, mon amour

   3.5 - Bien
En prenant pour modèle une séance de psychanalyse, Calin Peter Netzer livre un film en marge des canevas narratifs usuels. Entre réalité, rêve et illusion, la volonté du réalisateur roumain de perdre le spectateur est patente et contraint ce dernier à la recherche d’indices au fil d’un récit extrêmement exigeant. Ana, mon amour, film psychanalytique dans sa forme, procède de la double projection mentale de la trajectoire de son duo amoureux et interroge la vie de couple. Illusoire possiblement, brillant probablement, passionnant assurément. Critique complète sur notre blog ciné : incineveritasblog.wordpress.com
Summer

Critique de Summer

   3 - Pas mal
Summer affiche de belles qualités formelles récompensées par le Prix de la mise en scène obtenu en 2015 lors du festival Sundance. Alanté Kavaité flirte avec l’art photographique et fait preuve d’un évident talent de réalisation cinématographique. Les prises de vue, parfois poseuses et alambiquées, sont toujours surlignées à bon escient par une belle bande-son composée par Jean-Benoît Dunckel, membre du duo Air. La réalisatrice lituanienne multiplie les effets, tourne certaines séquences en caméra embarquée et alterne des (très) gros plans et des cadres plus amples. Chaque séquence est traversée par une plasticité ambitieuse jusqu’à l’excès. Un certain maniérisme recouvre ainsi d’une esthétique arty, par moment artificielle, le récit au féminin d’une relation amoureuse manquant de corps et dont nous pouvons regretter le peu d’originalité.
Le Crépuscule des aigles

Critique de Le Crépuscule des aigles

   1.5 - Mauvais
Le crépuscule des aigles est un film de guerre qui évite soigneusement de traiter et montrer les atrocités de la première Guerre Mondiale. En dehors des trop sporadiques scènes de batailles terrestres, John Guillermin tourne son regard du côté des forces aériennes allemandes peuplées d’aristocrates adeptes de l’entre soi. Entre deux réceptions dans de beaux salons, entre deux coupes de champagne, ces pilotes chevronnés font la guerre et quelques acrobaties rendues possibles par une aviation encore balbutiante à l’époque… Le film ne manque pourtant pas d’ambition notamment dans la reconstitution de batailles livrées sur le front terrestre (nombreux figurants). Les batailles aériennes font moins illusion car leur continuité est mise à mal par les faux raccords (notamment sur luminosité du ciel) entre les plans filmés en décors naturels et ceux tournés en studio. Parmi ces derniers, les gros plans paraissent peu crédibles au regard de leur stabilité et netteté. Malgré son originalité (la première Guerre Mondiale vue d’un cockpit d’avion), le scénario du Crépuscule des aigles n’évite pas les écueils du patriotisme et de l’héroïsme militaire, fussent-il orientés (scène de l’hôpital), à travers la quête de la médaille « The blue Max », haute distinction décernée avec les honneurs de la nation aux pilotes ayant abattus vingt avions ennemis. John Guillermin ne propose qu’une vision unilatérale (celle des pilotes allemands) et militaire délaissant le pan civil. Ce récit très conscrit peine à valoir pour modèle et perd encore de son réalisme par la convocation d’un casting anglo-saxon dont le seul mot allemand prononcé sera « Herr » et sans le moindre accent germanique. Le choix de faire camper le récit côté allemand est surprenant car, au prix de quelques adaptations mineures, l’histoire aurait plus été à sa place côté alliés. L’ambiance feutrée, l’entre soi, l’absence de tension et le non traitement de la réalité du premier conflit mondial cantonnent Le crépuscule des aigles au rang des superproductions de divertissement, loin des films-témoignages sur la première Guerre Mondiale.
Après la tempête

Critique de Après la tempête

   2.5 - Moyen
Après la tempête a un précèdent, Still walking de huit ans son aîné. Outre Hiroshi Abe comme acteur principal, ces deux drames familiaux de Hirokazu Kore-eda partagent des thématiques voisines : portrait d’un père dans son rôle d’éducateur sur fond de crise de la quarantaine, désunion d’une famille « ordinaire » et, à force de renoncement, les ambitions individuelles d’un passé révolu forgent les désillusions collectives d’un présent. La mécanique scénaristique garde un même axe, celui composé par la génération familiale la plus ancienne qui, à nouveau, offre le principal lieu de conciliabule. Un lieu confiné à l’image de la mise en scène de Hirokazu Kore-eda moins porteuse de souffle dans Après la tempête que dans Sill walking. Le portrait unilatéral et sévère de la gente masculine et le peu d’empathie générée font barrage à l’appropriation du film par le spectateur. En ne renouvelant pas son cinéma, Hirokazu Kore-eda donne l’impression de le bégayer. De film en film, la magie attendue disparaît au point de sembler absente dans Après la tempête. Celle observée dans Nobody knows (2004) paraît désormais très lointaine des derniers métrages du cinéaste.
Le Direktør

Critique de Le Direktør

   3 - Pas mal
La singularité de la filmographie de Lars von Trier n’a plus à être démontrée tant elle apparaît désormais flagrante. Chaque film de l’auteur d’Antichrist occupe une place qui n’est jamais celle pressentie à la lecture du synopsis. Le direktør (2006) n’échappe pas à cette ligne par essence non directrice d’une œuvre aussi passionnante que fascinante. Ici, le réalisateur danois endosse le costume de narrateur et alerte son auditoire dès la première séquence du film : « c’est une comédie, un genre inoffensif » ! Plus de détails sur notre blog ciné : incineveritasblog.wordpress.com
Censored Voices

Critique de Censored Voices

   2 - Pas terrible
Censored voices déçoit tant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, Mor Loushy, auteure du documentaire, tente de mettre en œuvre une progressivité des témoignages via le défilement des jours d’interview. Une mécanique factice qui convainc peu. Les personnes filmées ne sont pas celles dont nous entendons les enregistrements audio (ce fait n’est révélé qu’en fin de documentaire…). Souhaitons que ces figurants étaient conscients du procédé mis en œuvre qui leur fait porter les propos tenus par autrui… Cette façon de faire est très discutable et les quelques réactions lues sur les visages impassibles peuvent ne relever que du montage technique du documentaire ! Nous pouvons aussi nous interroger sur le fait que ces témoignages audio n’aient pas fait l’objet d’un enregistrement vidéo alors qu’en 1967 les moyens de filmage étaient courants. Enfin, signalons un titre et un synopsis quelque peu mensongers puisque moins d’un tiers des enregistrements entendus avaient été censurés par l’armée. Sur le fond, seul le point de vue israélien est donné, jamais celui-ci n’est contrebalancé par des témoignages arabes. Le seul « contrepoids » est constitué par des soldats s’interrogeant (un peu) sur quel aurait pu être leur réaction s’ils avaient été dans le camp adverse. Le cas des réfugiés arabes n’est par exemple traité que le temps d’une unique et courte séquence. Les larmes sont celles des familles israéliennes et si les victimes arabes sont filmées, il n’est nullement fait cas de leur nombre et des déplacements de population qui n’avaient rien d’un épiphénomène. L’une des dernières séquences de Censored voices montre des chars défilant prêts pour une prochaine guerre, une éventualité que ne vient pas démentir la conclusion de la plupart des témoignages. Pour leur majorité, leurs porteurs restent dans une désespérante logique guerrière. Malgré la caution de l’écrivain Amos Oz et d’images d’archives, Censored voices, documentaire unilatéral et fabriqué souffre de zones d’ombre voilant l’effet de contraste espéré avec le triomphalisme officiel de 1967.
Une simple histoire

Critique de Une simple histoire

   2 - Pas terrible
Excédant à peine la durée d’une heure, Une simple histoire apparaît comme un film fragile, tant par son casting composé d’acteurs non professionnels que par sa réalisation au budget probablement très limité. Cette première perception est renforcée par un tournage en 16 mm réalisé en noir et blanc et en décors naturels, en l’occurrence ceux du Paris de la fin des années 50. En visionnant ce film de Marcel Hanoun, nous pensons au cinéma de Robert Bresson d’autant que le scénario déployé relate un fait réel. C’est celui d’une Lilloise flanquée de sa jeune fille cherchant du travail dans la capitale et dont le passé ne nous sera pas révélé. Au fil des jours et du décompte de ses maigres économies, l’héroïne raconte ses errances. Ici, la narration se fait récit par l’intermédiaire d’une voix-off décrivant tous les faits et gestes filmés et, au-delà, reformulant ou répétant tous les dialogues. Nous pouvons imaginer que Marcel Hanoun a opté pour ce procédé pour souligner l’isolement de son héroïne dans une ville qu’elle ne connaît pas et comme et étrangère d’un monde perçu à travers un roman-photo ou derrière la vitrine d’un concessionnaire automobile. Mais cette structure narrative rigide, la rareté des commentaires sur l’état d’âme du personnage et les plans très majoritairement fixes imposent une distance entre le film et les spectateurs finalement étrangers aussi à l’histoire racontée. La fin elliptique d’Une histoire simple achève ce contentieux travail de distanciation.
Hippocrate

Critique de Hippocrate

   4 - Très bien
Hippocrate radiographie les maux de la fonction hospitalière française. Réalisateur-scénariste mais aussi médecin, Thomas Lilti porte un regard aussi précis que lucide sur le corps médical. La mise en scène classique et les alternances mises en œuvre entre d’une part, la pratique et la psychologie et d’autre part, la gravité et la légèreté, rythment un film qui brille de toute son acuité. Ce réalisme indéniable n’est certainement pas étranger au Valois d'or obtenu par Hippocrate lors de l’édition 2014 du festival du film francophone d'Angoulême. Plus de détails sur notre blog ciné : incineveritasblog.wordpress.com
La Chienne

Critique de La Chienne

   3.5 - Bien
Dès son premier long-métrage parlant, Jean Renoir s’autorise une liberté de ton peu commune à l’époque. Alors que la technique du cinéma parlant est encore balbutiante, le réalisateur remplit son film de bruits d’ambiance très convaincants. Ce procédé et les savants mouvements d’appareil contribuent grandement à l’aspect très réaliste du film. D’un point de vue technique, La Chienne est une belle réussite qui préfigure la filmographie à venir du futur auteur de La règle du jeu. Les mêmes louanges peuvent être portées au scénario et à la narration. Le drame raconté va se muer progressivement en tragédie et se nourrir des rapports de force changeants entre les personnages. Dans le rôle principal, celui de Maurice Legrand, fonctionnaire peu apprécié de ses collègues et désaimé par sa femme, Michel Simon excelle. Maurice Legrand, isolé, fragile, n’a que la peinture qu’il pratique en amateur pour échappatoire. D’abord crédule, ce personnage va évoluer au rythme d’une écriture précise et fouillée. Michel Simon donne corps avec brio à l’évolution psychologique de son personnage et domine un bon casting duquel nous pouvons regretter le sur-jeu théâtral de Georges Flamant. Si Maurice Legrand peint notamment son propre portrait, Jean Renoir peint celui d’une société aux rouages grippés par les faux-semblants et l’injustice et avec pour toile de fond, le désert affectif et social dans lequel le personnage erre. Libre de toute intention morale, La chienne renferme une étude sociale tout aussi efficace que fascinante et qui n’a rien perdu de sa modernité.
La Bataille de Solférino

Critique de La Bataille de Solférino

   1 - Très mauvais
Dans la trame politique de La bataille de Solférino, le spectateur devra se contenter d’une apparition de quelques secondes de Jack Lang et une interview « manquée » (par quelques astuces de montage) de Ségolène Royale. En d’autres termes, la partie documentaire politique du film n’apporte rien qui n’ait le moindre intérêt. L’autre versant du film de Justine Triet concerne le récit des déboires amoureux de son couple central formé par Laetitia Dosch et Vincent Macaigne, respectivement journaliste peu crédible et Vincent Macaigne (i.e. énième rôle de trentenaire « perdu »). Un récit intimiste qui, impudiquement, bat pavé au milieu de la foule entre clameurs (vraies), pleurs et caprices (malheureusement vrais aussi) et disputes hargneuses (fausses). Problème, Justine Triet engage cette part de Bataille de Solférino sans plan de bataille (i.e. scénario). Les petits soldats sont envoyés sur le terrain et nous verrons bien ce qui en ressortira. Le soutien d’une direction d’acteurs en bonne et due forme aurait été appréciable. Cet appui n’arrivera jamais, la direction artistique restera campée au niveau des lignes-arrières. Que reste-t-il à nos valeureux combattants pour tenter de faire bonne figure dans ce bourbier ? L’improvisation dans le jeu fera office d’échappatoire. C’est une procédé redoutable chez John Cassavetes qui en fait une arme collective aux mains d’un groupe d’acteurs-amis dont les membres partagent de nombreuses affinités. Chez Justine Triet, cette arme est individualisée et s’enraye aussi souvent qu’elle est utilisée. Dans La bataille de Solférino, l’improvisation des acteurs est contreproductive et détruit le peu de matière cinématographique que renferme le film. Et là encore, les astuces grossières de montage ne camouflent en rien la vacuité de l’ensemble. Finalement, La bataille de Solférino tourne très vite à la bérézina, la déroute est totale. Espérons que cette bataille outrageusement perdue mette un terme définitif à une guerre vaine, celle du cinéma français autoproclamé néo-auteuriste mais surtout pseudo-intello et nombriliste. Rendons cependant grâce à Justine Triet d’avoir parfaitement su résumer son film dans l’un de ses dialogues : « Une heure et demie pour ça ! »
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