In Ciné Veritas  

Membre depuis 1457 jours | Dernière activité : 23/03/2019

Suivre son activité
Le fantôme de la liberté

Critique de Le fantôme de la liberté - par In Ciné Veritas

   3.5 - Bien
Dans Le fantôme de la liberté, Luis Buñuel s’appuie sur un large et prestigieux casting en partie identique à celui du Charme discret de la bourgeoisie, son précédent long-métrage. Au-delà d’une distribution en partie commune, les deux films partagent aussi une même tonalité marquée d’une liberté certaine. Le réalisateur et son coscénariste, Jean-Claude Carrière, ont tissé de subtils liens scénaristiques dans la succession de vignettes qui composent le film. La bascule d’une histoire à l’autre est matérialisée par un quasi imperceptible passage de témoin entre le personnage principal de l’histoire finissante qui s’éclipsera à un personnage secondaire promu protagoniste principal de l’histoire à venir. Le fantôme de la liberté prend les allures d’un cadavre exquis où le surréalisme, l’humour et le non-sens finissent par faire sens. Luis Buñuel maintient le cap sur ses thématiques favorites. Au fil des récits, il s’adonne à nouveau à un portrait sarcastique de ses cibles privilégiées : la petite bourgeoise urbaine, les détenteurs des fonctions régaliennes de l’État ou encore les représentants de l’Église catholique. En tournant au ridicule ces agents sociétaux, le cinéaste souligne leur inutilité pour mieux mettre en relief sa critique d’un conformisme qu’il se plait à prendre à rebrousse-poil. Les vignettes proposées sont ainsi autant de féroces pieds-de-nez à la morale bien-pensante de la société, entre autre de consommation, des années 70.