Dans l'univers de Strange, les démons se cachent souvent en prenant une nouvelle apparence (humaine ou autre) ; le seul moyen de les neutraliser est donc de déterminer leur apparence et le nom de ces démons (chaque titre d'épisode est d'ailleurs le nom du démon affronté dans le fameux épisode). La série prend donc plus souvent les allures d'une enquête policière que d'une véritable chasse aux démons. Ce qui rend l'ambiance aussi oppressante, c'est le fait que, comme dans Buffy, les démons utilisent des symboles de la modernité: ça rend les victimes de leurs attaques plus proches de notre quotidien. En fait, il y aurait d'autres parallèles à faire avec Buffy: les recherches sur les démons faites sur divers outils (livres, internet...), le personnage de Strange (qui fait penser à un jeune Giles) et la notion de destinée que les capacités de prémonitions de Strange ne font que confirmer. Par contre, aucune supériorité physique et, malgré quelques scènes drôles, c'est résolument une série bien plus sombre où les émotions sont suggérées et pas (ou peu) montrées. Strange est aidé dans sa lutte par deux personnages qui permettent à la série de garder un pied dans la réalité car il faut bien le dire: le personnage principal porte très bien son nom. Non contents de faire une série avec des histoires originales, les anglais en profitent pour nous présenter des hommes d'église qui sont soit des personnages bons mais tourmentés par énormément de secrets (comme Strange), soit des hommes aux motivations peu claires et qui cachent également de lourds secrets (comme Canon Adolphus Black). Bref, ce sont des hommes avant d'être des hommes d'église. De plus, les notions de bien et de mal sont troubles car même si, a priori, les seuls personnages qui représentent véritablement des méchants dans l'histoire sont les démons, Black donne du fil à retordre à Strange en entravant sa lutte contre les démons. Une série à suivre donc mais malheureusement une série annulée après 6 épisodes.