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    Annie Colère avec Laure Calamy : une histoire méconnue enfin racontée au cinéma !
    30 nov. 2022 à 08:30
    Thomas Desroches
    Thomas Desroches
    -Journaliste
    Les yeux rivés sur l’écran et la tête dans les magazines, Thomas Desroches se nourrit de films en tout genre dès son plus jeune âge. Il aime le cinéma engagé, extrême, horrifique, les documentaires et partage sa passion sur le podcast d'AlloCiné.

    Dans "Annie Colère", Laure Calamy joue une femme qui rejoint le MLAC, un mouvement qui lutte pour la liberté des femmes et dont l'histoire n'avait jamais été raconté sur grand écran. Rencontre avec l'actrice et la réalisatrice, Blandine Lenoir.

    France, 1974. Ouvrière dans une usine de matelas, Annie (Laure Calamy) voit son quotidien bouleversé lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte. Déjà mère de deux enfants, elle ne veut pas le garder. Pour interrompre sa grossesse, elle rencontre un groupe de femmes œuvrant en silence, cachées dans l’arrière-boutique d’une librairie. Très vite, Annie se découvre une sensibilité militante et se lance dans la lutte, quitte à mettre en péril sa vie familiale.

    Annie Colère
    Annie Colère
    De Blandine Lenoir
    Avec Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair
    Sortie le 30 novembre 2022
    Séances (32)

    Avec Annie Colère, la réalisatrice Blandine Lenoir plonge dans le coeur du MLAC (Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception, NDLR). Cette association voit le jour en 1973 et disparaît officiellement en 1975, année du vote de la loi Veil. C’est l’actrice Delphine Seyrig qui avait ouvert les portes de son appartement pour accueillir la première démonstration d’avortement du mouvement.

    Le film suit ce groupe de femmes unies par leurs convictions et dévouées à cette mission dans la clandestinité. Pour Blandine Lenoir, c’est l’occasion de s'intéresser à une histoire encore jamais racontée au cinéma : “Quand j’ai découvert l’existence du MLAC, j’étais fascinée par l’importance de ce mouvement et par le fait que beaucoup de gens ne le connaissent pas. Cela fait partie de l’histoire nationale, de la mémoire collective, pourtant on apprend pas ça à l’école.

    Aurora Films/Local Films
    Dans "Annie Colère", Blandine Lenoir propose un nouveau regard sur les séquences d'avortement au cinéma.

    Elle poursuit : “On devrait toutes et tous savoir que les lois s’arrachent de hautes luttes et qu’on arrive à les obtenir avec des combats aussi forts. Je voulais partager cette connaissance avec les gens, je me suis appliquée à bien raconter ce récit pour que ça touche tout le monde, hommes et femmes, car si une femme tombe enceinte c’est qu’il y a un homme pas loin, forcément.”

    Il y a quelque chose de très lumineux dans ce film.

    Si Annie Colère s’imprègne d’une époque, celle des années soixante-dix - formidablement reconstituée grâce aux costumes d’Anne Blanchard et à la direction artistique de Marie Le Garrec -, le film s’adresse aussi à la nouvelle génération. “Il ne faut pas que les jeunes baissent la garde, rappelle la réalisatrice. Avec ce qu’il se passe aux États-Unis, il y a une prise de conscience, mais il ne faut pas oublier que des difficultés persistent dans différents pays d’Europe et même en France.

    À l’écran, Laure Calamy, excellente, incarne une héroïne d’abord curieuse, puis entièrement impliquée dans le quotidien de ce mouvement. Cet engagement est vécu comme un sacerdoce. Elle est entourée de Zita Hanrot, India Hair, Louise Labeque ou encore Rosemary Standley.

    Dans mon personnage, il y a une forme de naïveté, explique l’actrice. Elle vient d’un milieu modeste, elle n’est pas politisée et elle va découvrir ce collectif avant d’y participer. C’est un bouleversement pour son corps et sa pensée. Elle va réinventer sa vie. Il y a quelque chose de très lumineux dans ce film. Il donne envie de se battre.”

    Propos recueillis par Thomas Desroches, à Angoulême, en août 2022.

    Annie Colère, au cinéma le 30 novembre 2022.

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