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    Il y a 50 ans, Bertrand Tavernier nous fascinait avec son premier film, un thriller psychologique adapté de Simenon
    Corentin Palanchini
    Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

    Découvrez ou redécouvrez Philippe Noiret bouleversant de justesse dans ce thriller sorti il y a 50 ans cette année : "L'Horloger de Saint-Paul", disponible sur OCS jusqu'au 30 juin.

    Le 16 janvier 1974, Bertrand Tavernier sort son premier long métrage de réalisateur, le thriller L'Horloger de Saint-Paul, l'histoire d'un père apprenant que son fils a commis un meurtre et s'est enfui. L'homme, un horloger, va tout faire pour comprendre ce qui a bien pu lui passer par la tête. Le film est disponible aux abonnés OCS jusqu'au 30 juin.

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    Noiret-Rochefort, duo gagnant

    Le père est joué par Philippe Noiret, et le commissaire qui mène l'enquête par Jean Rochefort. Grand cinéphile, Tavernier ne vient pas citer tous les cinéastes qu'il adule. Au contraire, il filme simplement et de façon tout à fait maîtrisée : quelques travelings, quelques zooms bien placés, un peu de caméra à l'épaule et des plans fixes.

    Il se permet tout de même quelques tentatives techniquement complexes comme lorsqu'il décide de suivre ses protagonistes en les devançant, à contrejour, alors qu'ils descendent dans un tunnel, en cherchant à ne pas perdre la lumière.

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    Mais Tavernier ne veut pas de spectaculaire, car ce qui lui importe, ce sont ses personnages, et surtout Michel Descombes, le père horloger, en proie à ses doutes, ses interrogations, son amour filial et les circonstances tragiques dans lesquelles il réalise cet amour.

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    L'Horloger de Saint-Paul a de suite imposé Tavernier comme un réalisateur à surveiller, alors même que personne ne voulait financer son premier long métrage, comme il le révélait à la télévision lorsqu'on lui remettait le prix Louis-Delluc, récompensant le réalisateur le plus prometteur de l'année 1974 :

    L'Horloger de Saint-Paul
    L'Horloger de Saint-Paul
    Sortie : 16 janvier 1974 | 1h 45min
    De Bertrand Tavernier
    Avec Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jacques Denis
    Spectateurs
    3,4
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    (...) On s'est heurté aux refus de plusieurs producteurs, qui nous ont laissé tomber les uns après les autres, et ça me fait plaisir d'avoir le Delluc quand on pense à la manière dont nous avons été traité par certaines personnes, ça me fait plaisir. C'est peut-être un sentiment de revanche idiote, mais [avec] la manière dont les gens vous humilient dans ce métier, on a envie de prendre une revanche. (…) Plusieurs producteurs l'ont refusé, mais Noiret m'a toujours soutenu de manière formidable (…).

    Des choix artistiques engagés

    Le scénario est adapté du roman L'Horloger d'Everton de Georges Simenon, qui se déroule dans une petite ville des Etats-Unis. Tavernier et ses auteurs Jean Aurenche et Pierre Bost décident de transposer l'action en France et plus précisément à Lyon, ville natale de Tavernier.

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    Les écrits d'Aurenche et Bost, scénaristes du cinéma français des années 30 à 50, ont été assassinés par Les Cahiers du cinéma époque Truffaut et Godard. Symboliquement, en choisissant de travailler avec le duo, Tavernier envoie un message aux auteurs de la Nouvelle-Vague, avec lesquels il a d'ailleurs travaillé : le cinéma, c'est autant Jean-Luc Godard que Claude Autant-Lara et Jean Delannoy, avec lesquels Aurenche et Bost ont travaillé.

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