De quoi ça parle ?
Mikado et Laetitia vivent avec leurs enfants sur les routes. Quand une panne de moteur les amène à s’installer le temps d’un été chez Vincent, un enseignant qui vit seul avec sa fille. C’est le début d’une parenthèse enchantée qui pourrait aussi bouleverser l’équilibre de toute la famille alors que Nuage leur fille aînée se prend à rêver d’une vie normale.
La réalisatrice Baya Kasmi dévoile ce mercredi son 3ème long métrage après Je suis à vous tout de suite et Youssef Salem a du succès (plus de 150 000 entrées, en janvier 2023).
Coécrit avec Olivier Adam et Magaly Richard-Serrano, Mikado est un film sur la famille brassant plusieurs thématiques fortes, et qui touchent au coeur car on les devine partiellement inspirées de faits réels.
"Je suis partie d’histoires personnelles que l’on m’a racontées, explique Baya Kasmi, dans les dossier de presse du film. Les hasards de la vie font que dans ma famille élargie, dans mes amitiés, il y a des gens qui ont été placés dans des foyers ou dans des familles d’accueil, et cela sans que l’autorité parentale ait été retirée à leurs pères et/ou à leurs mères. Cela veut dire, en gros, que les parents n’étaient pas en mesure de s’occuper d’eux mais continuaient de décider pour eux... Un paradoxe qui crée un sentiment d’injustice puissant chez eux et a fondé en partie ce qu’ils sont devenus à l’âge adulte.
Mikado et Laetitia veulent recréer la famille qu’ils n’ont jamais eue
Comment ne pas être méfiant, comment ne pas avoir peur des autres, quand on a grandi sans protection et sans regard d’amour ? (...) Mikado et Laetitia veulent recréer la famille qu’ils n’ont jamais eue mais ils n’ont pas les codes, ils n’ont pas d’autres choix que d’inventer."
A notre micro, la comédienne Vimala Pons (le personnage de Laetitia) complète : "C'est la transposition de choses très intimes qui font partie de la vie (de Baya Kasmi), (...) des choses qu'elle sait transformer. C'est une grande révélatrice. Elle pratique l'art de l'autobiographie patinée, c'est-à-dire camouflée. C'est une des choses que j'aime le plus chez elle, en tant que scénariste. En tant que réalisatrice, elle fait un retour aux sources pour moi."
Et d'ajouter : "Dans Mikado, elle suit vraiment des sensibilités et des personnages en rentrant dans le cœur d'histoires brisées."
Baya Kasmi a un regard singulier sur les gens, sur la vie en règle générale
Pour Félix Moati (le personnage de Mikado), "Baya Kasmi a un regard singulier sur les gens, sur la vie en règle générale, que ce soit dans la comédie pure comme Youssef Salem a du succès, qui est une espèce de relecture un peu des romans de Philip Roth ou dans Je suis à vous tout de suite, qui a une grande part biographique, et maintenant, dans Mikado, qui est un pur mélodrame, elle reste tout à fait elle-même dans des registres totalement différents. C'est ça qui me plaît chez Baya."
Un film influencé par le cinéma américain des années 80-90
Mikado frappe par son ambiance très solaire, tourné dans le Sud de la France, à la fin de l'été.
Baya Kasmi s'en explique : "Je souhaitais éviter absolument le réalisme social gris qui va avec les histoires d’enfants placés, les pauvres et les marginaux, parce qu’ils ont aussi des bonheurs. Il fallait que l’on puisse s’identifier à la famille de Mikado."
On s'identifie également grâce aux influences qui se dégagent du film. La cinéaste a été influencée en particulier par A bout de course de Sydney Lumet. Elle indique : "Je dirais même que ce film m’a portée". Et poursuit : "Puisque l’on est dans l’hommage au cinéma américain des années 80/90, il me faut également citer Un monde parfait de Clint Eastwood, et Gilbert Grape de Lasse Halström. Et je pourrais ajouter l’effrontée de Claude Miller, côté français.
Mentionnons le casting remarquable : autour des têtes d'affiche Félix Moati, Vimala Pons et Ramzy Bedia, on peut voir les excellentes Patience Munchenbach (dans le rôle de Nuage), vue auparavant dans le film Acide, et Saül Benchetrit.
Mikado est en salles ce mercredi.