Depuis presque 50 ans, les premières minutes de ce film empêchent des milliers de spectateurs d'aller se baigner
Corentin Palanchini
Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

C'est l'un des meilleurs films d'aventure du cinéma, et sa scène d'ouverture signée Steven Spielberg est un modèle à suivre.

Quel est le point commun entre Il était une fois dans l'Ouest, The Dark Knight, La La Land ou Le Seigneur des Anneaux ? Ces films possèdent des scènes d'ouverture saisissantes, marquantes voire carrément mythiques qui méritent que l'on s'y attarde. Et si Steven Spielberg avait frappé les spectateurs en plein cœur avec cette introduction, celle d'un autre de ses films est devenue un classique indémodable.

Dans la mer, un homme saoul ne vous entendra pas crier

Les Dents de la Mer
Les Dents de la Mer
Sortie : 28 janvier 1976 | 2h 04min
De Steven Spielberg
Avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss
Presse
3,2
Spectateurs
4,0
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L'ouverture des Dents de la mer est exemplaire. Après un générique en vue subjective du requin nageant au niveau des fonds marins, le spectateur est invité à une fête sur la plage. Les joints de cannabis et les baisers s'échangent dans un "peace and love" ambiant parfaitement détendu.

Mais un homme légèrement aviné repère une femme un peu à part de la soirée. On n'entend pas ce qu'ils se disent, mais Chrissie (Susan Backlinie) part en courant pour aller se baigner, suivie par l'homme. Saoul mais se défendant de l'être, ce dernier suit tant bien que mal la jeune femme mais, arrivé sur la plage, est assommé d'alcool et décide de s'y reposer, laissant Chrissie nager seule. Monumentale erreur !

Chrissie vit ses derniers instants Universal Pictures
Chrissie vit ses derniers instants

Après nous avoir filmé l'actrice par le dessous avec la musique stressante de John Williams que l'on associe immédiatement au son d'arrivée du requin, Spielberg choisit de la montrer ensuite en surface, mais secouée tel un fétu de paille par la bête, que l'on ne voit jamais.

En trois minutes et trente-six secondes, le réalisateur nous a exposé le danger qui rôde, montré le modus operandi de la bête, donné son thème musical afin que nous sachions quand elle approche et situé que l'action se déroule de nos jours. Une efficacité implacable pour un cinéaste qui signe alors seulement son deuxième long métrage. Chapeau, ou plutôt, dans le cas de Spielberg, casquette !

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