Cela fait maintenant plusieurs années que France Télévisions a pris à cœur de traiter de sujets d’actualité à travers ses différents téléfilms.
Et après l’excellent Signalements, qui suivait la véritable histoire d’une femme cherchant à libérer sa nièce du joug de ses parents violents, c’est désormais au délicat sujet des intégristes catholiques que la chaîne va s’attaquer avec Bénie soit Sixtine, une fiction diffusée ce mercredi 5 février à partir de 21h05 sur France 2.
L’émancipation d’une jeune femme
Librement adaptée du roman éponyme de Maylis Adhémar, qui a participé à l’écriture du scénario, cette fiction dresse le portrait de Sixtine, une jeune fille pieuse, élevée dans la tradition catholique, qui voit sa vie basculer quand elle épouse Pierre-Louis Sue de La Garde (Adrien Dewitte), un catholique intégriste issu d’une famille aristocratique. Un homme qui, sur le papier, a tout de l'homme idéal.
Malheureusement, cette idylle parfaite se transforme peu à peu en cauchemar. Après la mort de son mari dans d’obscures circonstances, elle devient la proie d’une belle-mère (joué par Valérie Karsenti) qui l’isole peu à peu du monde extérieur et s'immisce dans l’éducation de son bébé.
Face à tous ces événements, elle n’a qu’une seule solution : fuir cette famille qui l’étouffe de plus en plus. Loin de ses racines et de la religion, elle va commencer à s'interroger sur son milieu et va peu à peu se rendre compte de la folie de l'extrémisme religieux.
Un récit poignant
À travers le portrait de la jeune Sixtine, interprétée avec beaucoup de sensibilité par Capucine Valmary, Bénie soit Sixtine réussit l’exploit de nous offrir une histoire émouvante, touchante et impactante, qui explore avec beaucoup de subtilité le sujet complexe du fondamentalisme chrétien.
À l’instar d’une série comme Unorthodox, cette fiction écrite par Zoé Galeron et Dominique Garnier met en lumière le parcours d’une jeune fille qui va réussir à fuir l’emprise que la famille de son mari exerce sur elle.
Et si l’on aurait pu craindre que le téléfilm dépeigne la religion catholique de manière négative, il n’en est rien. Le but de cette fiction n’est pas de dénoncer la religion, mais plutôt de montrer les méfaits de l’extrémisme religieux, quel qu'il soit. C’est d’ailleurs grâce à sa foi que Sixtine parvient peu à peu à se reconstruire, loin des dogmes et des préceptes archaïques de sa belle-famille.
Pour traiter ce sujet fort et souvent méconnu, Bénie soit Sixtine bénéficie de la mise en scène délicate de Sophie Reine, qui réussit avec brio à allier passé et présent sans perdre le téléspectateur.
Le tout bénéficie de l’interprétation sans faute de Capucine Valmary, qui apporte force et sensibilité au personnage de Sixtine. La comédienne, découverte dans Les Bracelets rouges, a d’ailleurs été primée au Festival de la fiction de La Rochelle 2024 pour ce rôle. En somme, Bénie soit Sixtine est une fiction importante qui devrait faire parler d’elle.