Ce film va faire la course en tête à la cérémonie des César 2025, ce vendredi 28 février. Ce n'est ni L'Amour ouf, ni Emilia Perez : il s'agit du Comte de Monte-Cristo, et ses 14 nominations.
Le Comte de Monte Cristo a réussi son pari : celui d'attirer un large public, avec 9,4 millions d'entrées, soit le 2ème plus gros succès de 2024 en salles (derrière Un P'tit truc en plus).
Aux César, il a réussi à glaner plusieurs nominations techniques attendues (costume, décor...) mais aussi dans les catégories les plus prisées (film, réalisation, scénario adapté, acteurs et actrices...)
Comment expliquer un tel succès ? Et comment les réalisateurs ont-ils vécu l'accueil international du film ? AlloCiné a pu s'entretenir avec Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, quelques jours avant la cérémonie, à l'occasion du Diner des nommés des César.
Le public jeune s'est emparé du film. En quoi cela vous a touché et comment l'expliquez-vous ?
Matthieu Delaporte : Ça nous a touché parce que c'était un de nos objectifs. Ça fait des années qu'on martèle avec Alexandre [de La Patellière] que le public jeune n'est pas inaccessible, qu'il faut juste lui proposer des films qu'il n'a pas l'habitude de voir.
Ça nous a confirmés dans notre idée qu'il y avait la place pour un cinéma comme ça en France
S'ils vont voir des films américains, des Marvel de quatre heures, ils peuvent bien aller voir un film français de trois heures. Mais pour ça, il faut leur redonner l'envie d'aller voir des films comme nous quand on avait leur âge.
Au fond, c'était merveilleux de voir ça, merveilleux de voir qu'il y a des familles entières qui y allaient. Ça nous a rassurés. Ça nous a confirmés dans notre idée qu'il y avait la place pour un cinéma comme ça en France. Et donc, depuis, on est un peu sur un petit nuage.
Il y a eu un grand succès en France, mais aussi un succès à l'international. Est-ce que vous pouvez nous commenter le succès du Conte de Monte-Cristo à l'étranger ?
Matthieu Delaporte. : C'est vrai qu'on a eu la chance de voyager avec le film. On est allé dans beaucoup de pays. On est allé en Allemagne, en Turquie, aux États-Unis, au Brésil, aux Pays-Bas, et on va bientôt partir pour le Japon. C'est extraordinaire de partir en voyage avec le film sous le bras, de rencontrer les publics locaux.
Et la presse, c'est vrai qu'on a la chance d'avoir un film qui est très bien accueilli, donc c'est très joyeux. C'est super de rencontrer des publics tous différents, qui sont emballés. Ca pleure dans tous les pays, c'est merveilleux !
Avez-vous le souvenir d'un pays en particulier dont la réaction vous a marquée ?
Alexandre de La Patellière : J'ai un souvenir assez émouvant de Los Angeles. Parce qu'à Los Angeles, on a montré énormément le film à des étudiants. On a fait tout un programme pour que des étudiants... Il y a, je crois, 3 000 étudiants qui ont vu le film. Je pense qu'ils n'avaient quasiment jamais vu un film français, et certainement pas un film français de trois heures, ce qui se passe au XIXᵉ siècle. On se demandait à quelle sauce on allait être mangé. Ils ont été très émus par le film.
On a eu beaucoup d'échanges avec eux. C'était très émouvant. En plus, ça se passait à Los Angeles, dans un endroit qui est la DGA, qui est un temple du cinéma pour nous. On avait l'impression de boucler une boucle. C'est ça qui m'a marqué, qui était super.
Je sais pas si vous aurez envie de commenter, mais on se disait que le film aurait pu avoir encore plus de nominations, notamment pour les second rôles ou révélations...
Matthieu Delaporte : Nous aussi, on aurait voulu ! Mais c'est compliqué de se plaindre. C'est un peu idiot, mais c'est la première chose à laquelle on a pensé quand on a vu la liste. On a pensé à Patrick Mille, Vassili Schneider, Julien de St Jean, Anamaria Vartolomei.... Mais en tout cas, ils sont là avec nous. Ils sont dans nos cœurs. On ira boire tous ensemble pour fêter tout ça.
Propos recueillis au Diner des nommés des César, le 10 février 2025