"Comment accepter que quelques minutes d’horreur anéantissent toute une vie ? Comment trouver la force de prononcer le mot viol quand on en est victime, mais qu’on a peur de ne pas être écoutée, entendue ni même crue ? Et comment continuer de vivre en sachant qu’une partie de soi est morte à jamais ?"
C’est à ces nombreuses questions qu’Après la nuit, la nouvelle mini-série de France 2 diffusée ce lundi 10 mars, tente de répondre.
Créée par Marie Gacem et réalisée par Frank Steen, la série suit l’histoire de Stéphanie Duval, une femme mariée et mère de famille. Un matin, cette dernière réalise avec stupéfaction qu’elle a été violée dans la nuit. Alors qu’elle décide de garder le silence, Camille, Isabelle, Nafissa sont agressées avec le même mode opératoire.
Tandis que les institutions restent passives, Karine, une jeune gendarme, mène l’enquête et comprend que ces femmes ont été victimes du même violeur. Stéphanie, Camille, Isabelle, Nafissa vont alors s’unir pour briser le silence. Leur force, elles la trouveront dans le groupe qu’elle forme et le combat qu’elles vont mener pour faire éclater la vérité.
Après la nuit traite donc de la vie qui bascule après un viol, de la honte, de la pression sociale, de la difficulté de vivre mais aussi de la beauté de se reconstruire.
Et pour traiter un sujet aussi délicat, rien n’est épargné aux téléspectateurs. Des pensées les plus intimes des protagonistes aux scènes les plus difficiles à regarder, la série nous amène au plus proche de la réalité de ses personnages.
C’est notamment le cas avec les trois scènes de viol du premier épisode. Des scènes difficiles pour ne pas dire insoutenables mais nécessaires pour témoigner de l’indicible.
"C'est une des choses les plus dures que j'ai faites"
Charlie Bruneau, l’interprète de Stéphanie, s’est confiée au micro d’Allociné sur cette scène particulièrement difficile à tourner.
"C'est une des choses les plus dures que j'ai faites dans ma carrière. Je n'ai pas du tout aimé. Ça a été extrêmement compliqué. Dans les tournages, on a toujours des scènes qu'on redoute un peu pour différentes raisons. Mais celle-ci, je l'avais mise de côté comme si ça n'allait jamais arriver et c'est arrivé.", nous a-t-elle expliqué.
Et la comédienne d’ajouter, "Je l'ai très mal vécue. J'ai trouvé ça extrêmement violent à tourner. Ça m'a vraiment meurtrie pour la réalité. Je ne peux pas dire que j'ai pris conscience parce que je l'avais déjà, mais dans mon corps, il y a eu quelque chose où je me suis dit que c'était inhumain et inimaginable de vivre ça. Ça a été une déflagration et je peux vous assurer que j'étais bien contente de ne pas avoir à rentrer avec ça chez moi le soir."
Des scènes importantes à montrer
Si ces séquences sont éprouvantes à jouer comme à regarder, Charlie Bruneau insiste toutefois sur le fait qu’elles sont "très importantes à montrer parce que c’est la réalité".
"Il faut le voir !", dit-t-elle avant de préciser, "Ça permet de se ré-ancrer dans une réalité. Je trouve que la fiction a cette vertu de nous remettre malheureusement dans une forme de réalité et de nous dire : voilà ce qu'il se passe. J'avoue que j'ai trouvé ça très compliqué à faire mais je ne regrette absolument pas d'avoir tourné une scène aussi difficile".