ÇA PARLE DE QUOI ?
Par un été étouffant, Rose et sa fille Sofia se rendent à Almeria une station balnéaire du sud de l’Espagne. Elles viennent consulter l’énigmatique docteur Gómez, qui pourrait soigner la maladie de Rose, clouée à un fauteuil roulant. Sofia, jusque-là entravée par une mère possessive, s’abandonne au charme magnétique d’Ingrid, baroudeuse qui vit selon ses propres règles. Tandis que Sofia s’émancipe, Rose ne supporte pas de voir sa fille lui échapper – et les vieilles rancoeurs qui pèsent sur leur relation vont éclater au grand jour…
WET HOT SPANISH SUMMER
Il y a quelques jours, Emma Mackey et Vicky Krieps se sont succédées au 78ème Festival de Cannes. La première faisait partie du casting d'Alpha de Julia Ducournau, présenté en Compétition le lundi 19 mai, tandis que le seconde était la tête d'affiche de Love Me Tender d'Anna Cazenave Cambet, projeté dans la catégorie Un Certain Regard le lendemain. En février dernier, elles étaient pourtant côte-à-côte pour accompagner Hot Milk à Berlin.
Scénariste du très remarqué She Said, autour de l'enquête qui a révélé les agressions dont le producteur Harvey Weinstein a été accusé (puis reconnu coupable) en 2017, Rebecca Lenkiewicz passe pour la première fois derrière la caméra en adaptant le roman Hot Milk de Deborah Levy. Comme dans le long métrage de Maria Schrader cité quelques lignes plus haut, il est de nouveau question de deux femmes, mais également d'une passion brûlante, renforcée par le soleil du Sud de l'Espagne, et de secrets de famille.
Ceux qui sont à l'origine de la rancoeur entre Rose (Fiona Shaw, qui n'a pas son pareil pour jouer les personnages détestables), clouée à un fauteuil roulant à cause d'une maladie, et sa fille Sofia (Emma Mackey), qui tente de se dégager de son emprise et voit dans sa rencontre avec Ingrid (Vicky Krieps) une ouverture vers la liberté. Vincent Perez est également au casting de ce drame qui alterne entre sensation d'étouffement et bouffées d'oxygène, pour nous mettre dans la peau de son héroïne, troublée par des désirs inassouvis.
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La frustration est d'ailleurs l'un des thèmes centraux d'Hot Milk, qui doit beaucoup à ses comédiens et notamment Emma Mackey, que la caméra suit de bout en bout et qui, de film en film, s'éloigne de l'image qui était la sienne dans Sex Education, pour s'affirmer comme une actrice intense qui ne cherche pas à rester dans sa zone de confort, ce qu'avait notamment montré Emily, autre histoire de passion amoureuse. Aussi grise et pluvieuse que celle-ci est brûlante, avec des conditions de tournage qui n'ont pas demandé beaucoup d'imagination au casting.
Entre le vent, le sable et le soleil écrasant, l'équipe a été confrontée à quelques défis d'ordre climatique. Pour le bien d'un film sensoriel, où l'on ressent aussi bien la chaleur de l'extérieur que la froideur de certains dialogues, ou encore les frissons de désir entre les deux personnages joués par Emma Mackey et Vicky Krieps. Construite autour de contrastes, cette première réalisation se révèle donc prometteuse pour la suite, et elle ne fait que confirmer, si besoin était, le talent de ses deux comédiennes.