Il y a quelques jours s’est tenu à Los Angeles l’événement TUDUM de Netflix. Pendant près de deux heures, les talents sont montés sur scène pour faire des annonces et dévoiler des images de leurs prochains projets.
Guillermo del Toro, accompagné de ses acteurs Oscar Isaac et Mia Goth, a fait un passage remarqué. Le réalisateur mexicain était particulièrement heureux de présenter aux fans la première bande-annonce de son Frankenstein. Cela fait de nombreuses années qu’il rêve de porter à l’écran le roman de Mary Shelley, chef d'œuvre de la littérature gothique maintes fois adapté au cinéma et à la télévision.
Et le résultat est époustouflant, à la hauteur du talent du cinéaste oscarisé : la qualité des décors, l’esthétique léchée, la direction artistique et l’ambiance générale semblent avoir convaincu les spectateurs d’attendre la sortie de Frankenstein avec impatience. Mais voilà, une grande partie d’entre eux demandent à Netflix de pouvoir le découvrir dans les meilleures conditions possibles, à savoir dans une salle de cinéma.
Un débat qui dure
Il suffit de jeter un oeil sous les commentaires de la vidéo Youtube, qui a atteint les 4 millions de vues en quelques jours, pour le comprendre. Et c’est là tout le paradoxe de Netflix : on reproche à la plateforme de produire des films de mauvaise qualité. Et quand elle investit dans un projet ambitieux, on lui reproche justement de le diffuser seulement sur petit écran.
Ce n’est pas la première fois que Netflix se retrouve face à de telles critiques. Parfois, cette demande vient expressément du réalisateur ou de la réalisatrice. Dernier exemple en date : Greta Gerwig et son adaptation du Monde de Narnia. Cette dernière a insisté pour que son film sorte au cinéma (aux Etats-Unis tout du moins) sous peine de quitter le projet. Et elle aurait eu gain de cause.
L’option de la sortie limitée au cinéma est souvent adoptée par Netflix pour permettre à un film de concourir aux cérémonies les plus prestigieuses (c’est la condition sine qua non). Cette règle ne s’applique malheureusement qu’aux Etats-Unis. En France, à part quelques projections dans des lieux prestigieux comme la Cinémathèque (qui a un partenariat avec Netflix), il est rare de pouvoir découvrir l’un de leurs films au cinéma.
Et Frankenstein, attendu en novembre prochain, ne devrait pas faire figure d'exception.