"Ça ne te ressemble pas" : il y a 47 ans, Clint Eastwood a connu son plus grand succès alors que tout le monde lui déconseillait de jouer dans ce nanar
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini

Contre l’avis général, Clint Eastwood a décidé de jouer dans un film complètement à part dans sa filmographie : une comédie loufoque où il partage l’écran… avec un orang-outan. Le résultat ? L’un des plus grands succès de ses débuts au cinéma !

Nous sommes à la fin des années 1970. Clint Eastwood est déjà une star grâce à des rôles virils et sombres, notamment dans L’Inspecteur Harry. Pourtant, en 1978, il fait un pari étonnant en acceptant de jouer dans Doux, Dur et Dingue, une comédie d’action totalement décalée. Le film sort en décembre 1978 aux États-Unis (et en avril 1979 en France), et personne, ou presque, ne croit à ce projet… sauf lui.

Le pitch est plutôt inattendu : Philo Beddoe, un mécanicien un peu bagarreur, arrondit ses fins de mois en participant à des combats à mains nues. Mais quand Lynn, une chanteuse dont il est amoureux, disparaît, il se lance à sa recherche. Pour l’aider ? Son frère de cœur Orville… et Clyde, son fidèle compagnon orang-outan. Une enquête à la fois musclée et déjantée commence.

Doux, Dur et Dingue
Doux, Dur et Dingue
Sortie : 3 avril 2010 | 1h 50min
De James Fargo
Avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Geoffrey Lewis
Spectateurs
3,1
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Pourquoi accepter un rôle aussi atypique ?

Dans une interview accordée en 2003 au Guardian, l’acteur et réalisateur de légende est revenu sur ce choix étonnant.

Oui, j’ai fait des choix étranges au cours de ma carrière. Ce film, mon agent, tout le monde même, m’a supplié de ne pas le faire. C’était après L’Inspecteur Harry, j’avais fait beaucoup de films d’action et d’aventures et ils m’ont dit : ‘Ça ne te ressemble pas’ et j’ai répondu : ‘Alors, qu’est-ce qui me ressemble ? Je n’en sais rien.’

Warner Bros.

Ce qui a motivé Clint Eastwood, c’est avant tout l’envie de casser les codes et de toucher un autre public. Il a expliqué : “Selon moi, ça me permettait de toucher une génération plus jeune, de faire un film que les enfants pourraient voir (...). Et il y avait quelque chose d’étonnamment ‘branché’ avec ce film – ce type étrange se confie à un orang-outan et se fait enlever sa copine : tout est un petit peu différent [des films habituels]. Ça me semblait à faire, à l’époque.

Un orang-outan pour co-star

Quant au fait de jouer avec un orang-outan, Clint Eastwood a gardé un souvenir attendri de son partenaire à poils.

C’était génial, c’était comme travailler avec un enfant de six ans. Ils sont censés atteindre le niveau d’un enfant de sept ans et n’ont que la capacité d’attention d’un enfant, alors il faut tout donner dès la première prise.

Warner Bros.

Contre toute attente, Doux, Dur et Dingue a fait un carton : plus de 100 millions de dollars récoltés au box-office mondial. Un score impressionnant pour l’époque. Fort de ce succès, une suite a vu le jour deux ans plus tard : Ça va cogner (1980), qui a rapporté à son tour 70 millions de dollars. Ces deux films figurent parmi les plus gros triomphes commerciaux de Clint Eastwood dans les années 1980. Comme quoi, parfois, suivre son instinct peut mener bien plus loin que suivre les conseils des experts dans le domaine !

Doux, Dur et Dingue est à retrouver en VOD.

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