En 2022, la majorité de la promotion de Top Gun : Maverick ne tournait pas tant autour du retour de l'un des films les plus emblématiques des années 80, mais bien sur le fait que Tom Cruise et ses partenaires avaient suivi un entraînement intense pour pouvoir tourner à bord de vrais avions de chasse en vol. Et c'est à peu près ce que l'on retrouve aujourd'hui avec F1, le nouvelle réalisation de Joseph Kosinski.
En remplaçant Tom Cruise par Brad Pitt et les avions par des voitures de course, dans ce récit qui nous emmène dans les coulisses du championnat de Formule 1, où une ancienne gloire des circuits vole au secours de l'écurie de son ancien partenaire (Javier Bardem) et doit apprivoiser son nouveau coéquipier (Damson Idris), diamant brut qui demande à être poli sur l'asphalte des circuits.
Trois ans après Top Gun : Maverick, Joseph Kosinski rejoue donc la carte de l'immersion, pour nous faire vivre les courses au plus près des pilotes et de leurs véhicules. Mais cela signifie-t-il que Brad Pitt et ses partenaires ont vraiment conduit les bolides en question pour les besoins du film ? Oui et non. "F1 est le premier film de voitures où les acteurs sont filmés dans la voiture", nous disait ainsi la star à Londres, le soir de l'avant-première du film, alors que des composants d'iPhones ont notamment été utilisés pour mettre au point une caméra permettant d'être au plus près d'eux et suivre leur point de vue. En plus de plans capturés grâce à des objectifs fixés sur l'avant du châssis.
Donc Brad Pitt et Damson Idris ont bien conduit les voitures du film, à ceci près qu'il ne s'agissait "que" de F2 ou F3 maquillées pour ressembler à des F1 (de la même manière que Tom Cruise et les comédiens de Top Gun : Maverick n'ont pas vraiment pu piloter eux-mêmes les F/A-18 des personnages, même s'ils étaient à bord). Cela ne veut pas dire que la préparation n'a pas été intensive, bien au contraire : "Brad a donné 4 mois à Damson pour être en mesure de conduire l'une des voitures du film", nous explique le producteur Jerry Bruckheimer.
"Il y avait quinze caméras autour des voitures"
"Et c’est tellement difficile. Pouvoir effectuer ses virages, se prendre 5G, rouler à 290 km/h en se rappelant son dialogue, le tout avec une caméra juste devant toi qui cache une partie de ton champ de vision. Il y avait quinze caméras autour des voitures, et nous en utilisions quatre à la fois pour ne pas freiner les voitures. Nous avons travaillé étroitement avec les équipes de F1 et les pilotes, pour que tout soit possible et aussi crédible et réel que possible. Il a fallu convraincre les pilotes qu’ils ne seraient pas les méchants du film. La F1 est le seul sport où ton coéquipier est ton adversaire, car chaque pilote de chaque équipe veut être le numéro 1. Le seul à battre est ton coéquipier. C’est le drame parfait pour le cinéma."
"Quand on m’a appelé pour ce film et que l’on m’a dit que Joseph Kosinski voulait mettre des acteurs dans les voitures et sur les pistes de course, j’étais comme un fou. Et heureux", raconte de son côté Brad Pitt, alors que le cinéaste a aussi pu bénéficier des vrais circuits sur lesquels se déroulent les courses pour y poser ses caméras. Ce qui a rajouté un défi supplémentaire : "Le plus difficile a été le temps, avoir des fenêtres très étroites pour pouvoir tourner les scènes de courses, mais aussi les scènes dramatiques, parce que l’on tournait sur les circuits devant un vrai public."
"Ce n’est absolument pas de cette manière que l’on tourne des blockbusters comme celui-ci d'ordinaire"
"Nous n'avions parfois que cinq ou dix minutes pour le faire, ce qui veut dire seulement deux ou trois prises. Ce n’est absolument pas de cette manière que l’on tourne des blockbusters comme celui-ci d'ordinaire. Ça a forcé tout le monde à être prêt, alerte et à être au summum de son jeu. Mais cela offre aussi au film une énergie brute que nous n'aurions pas pu avoir autrement." Et c'est effectivement ce qui fait la force de F1, en plus de nous faire voir les coulisses du milieu, donc le jeu en valait la chandelle.
Propos recueillis par Clara Braccini et Olivier Portnoi à Londres les 21 et 23 juin 2025