Lors de l'été 2022, Dominik Moll proposait La Nuit du 12, thriller d'une grande puissance qui s'emparait du sujet des féminicides à travers le point de vue d'un policier. Dans Rapaces de Peter Dourountzis, il est également question d'un féminicide et d'une enquête mais menée, cette fois, par des journalistes.
Le scénario est cosigné Christophe Cantoni, lui-même ancien journaliste pour le magazine Détective. Le journal sert de point de départ au film. L'histoire suit Samuel (Sami Bouajila), un journaliste, et sa fille, Ava (Mallory Wanecque), stagiaire à la rédaction. Alors qu'ils couvrent la mort d'une jeune fille attaquée à l'acide, le duo fait le lien avec un autre crime similaire.
Un dernier acte saisissant
Au début du troisième et dernier acte du film, les deux personnages principaux se trouvent dans un restaurant isolé près de la route. Commence alors une longue séquence - de près de 20 minutes ! - d'une grande efficacité qui fait monter le film en intensité.
Zinc
Bien sûr, il serait dommage d'en révéler les détails. Il y est question de suspense et de piège qui se resserre. Le réalisateur prend le temps d'instaurer un climat d'angoisse et se repose sur le hors-champ afin d'instaurer un profond sentiment d'inconfort.
"J’aime cette idée d’embarquer le spectateur dans un grand thriller, et lui montrer que cela passe avant tout par des situations plausibles, accessibles et quotidiennes", explique le cinéaste dans le dossier de presse.
Des influences majeures
Il poursuit : "Ici, j’ai eu envie d’étirer le temps, en jouant sur une double temporalité. Celle des clients qui dînent tranquillement ; un temps qui s’étire, se dilate. Et celle de Samuel et Ava, leur urgence silencieuse, qui rend la scène irrespirable. Tout le monde peut s'identifier au fait d'être pris au piège."
Parmi les inspirations du film Rapaces, le réalisateur cite, entre autres, Duel de Steven Spielberg, Blow Out de Brian De Palma ou encore Mississippi Burning d'Alan Parker. Voilà de quoi donner envie.
Rapaces, au cinéma dès ce 2 juillet