Dans la douloureuse Histoire mémorielle des villes et villages martyrs victimes de la barbarie nazie, il existe de nombreux et tristes exemples. En France, l'épisode le plus tristement fameux reste celui d'Oradour-sur-Glane. Ce village, situé à 22 km au nord-ouest de Limoges, fut le théâtre d'un massacre perpétré par la division Das Reich, le 10 juin 1944. 642 personnes trouvèrent la mort.
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En République Tchèque, qui s'appelait encore la Tchécoslovaquie à l'époque, il y a eu la tragédie de Lidice. Un exemple qui choqua le monde entier, et raconté dans le film sorti en Direct to Video en 2012 chez nous, sous le titre Opération Lidice, ou Lidice. Il est désormais disponible dans le catalogue Prime Video.
En voici la bande-annonce...
Réalisé par le cinéaste tchèque Petr Nikolajev, le film évoque les conséquences de l'assassinat par la Résistance tchèque de Reinhard Heydrich, qui fut placé par Hitler à la tête du Protectorat de Bohême-Moravie.
Attaqué en plein Prague le 27 mai 1942, il succomba à ses blessures une semaine plus tard. La répression nazie qui s'abattit sur la population fut terrible, d'une sauvagerie et brutalité inouïe : on estime au final qu'elle fit plus d'un millier de victimes.
Le Oradour-sur-Glane tchèque
Le petit village de Lidice, situé dans la région de Bohême centrale, en république tchèque, en garde l'atroce et douloureux souvenir. Village martyr considéré comme le Oradour-sur-glane tchèque, celui-ci fut entièrement détruit par les nazis le 10 juin 1942 : ils accusaient en effet les habitants d'avoir soutenu - sans preuve d'ailleurs - les auteurs du commando ayant perpétré l'assassinat.
Cerné par un détachement de la 7e division SS Prinz Eugen, le village fut investi par les nazis qui y tuèrent les 184 hommes âgés de plus de 16 ans. Les femmes furent déportées à Ravensbrück. Une dizaine d'enfants, correspondant aux critères de la "race aryenne", furent placés dans des familles allemandes pour y être rééduqués. Les autres furent d'abord déportés à Lodz, puis envoyés au camp d'extermination de Chełmno, où 82 enfants périrent dans les camions à gaz. Seuls 17 enfants ont survécu.
Ceská Televize
Après le massacre et les déportations, les nazis firent en sorte d'éliminer toute trace de l'existence même du village de Lidice, qui fut d'abord incendié. Puis en quelques mois de travaux, le terrain fut nivelé à la dynamite, les pierres enlevées, l'étang comblé, la route et la rivière détournées, tandis que le cimetière fut vidé de ses morts. Le lieu fut littéralement atomisé jusqu'au souvenir.
Le massacre eut un tel retentissement dans le monde que le nom de Lidice fut donné à des localités du Mexique, du Brésil ou des États-Unis, ainsi qu'à des nouveau-nés. Les mineurs britanniques organisèrent même une collecte pour la reconstruction de la commune martyre, qui commença en 1947. Le nouveau village fut ainsi rebâti à l'ouest de son emplacement original, et devint un haut lieu de mémoire dédié aux victimes de la barbarie nazie.