Soprano est à l'affiche depuis mercredi du film de Tony Datis, Marius et Les Gardiens de la Cité Phocéenne.
Premier long métrage dans lequel le rappeur marseillais a le rôle principal, le film suit Marius, un guide touristique haut en couleur qui trimballe ses clients dans son bus panoramique. Le jour où son véhicule tombe en panne, mettant en péril son petit business, il fait la rencontre de trois gamins du quartier qui prétendent être sur la piste d'un trésor. Marius se retrouve alors engagé dans une dangereuse aventure...
Une version marseillaise du film de Richard Donner, Les Goonies dont Tony Datis et Soprano - qui se connaissent depuis près de 20 ans - sont tous les deux fans.
A l'occasion de la sortie du long métrage nous avons pu nous entretenir avec Soprano qui nous a parlé des films et séries qui luis sont chères (dans la vidéo ci-dessus) et des liens entre ses chansons et le cinéma.
Vous avez une chanson intitulée « Le diable ne s'habille plus en Prada ». Pourquoi ce clin d’œil à ce film en particulier ?
Soprano : C’est surtout la phrase qui m’a inspiré, plus que le film lui-même — même si je l’aime beaucoup. En fait, tout est parti d’une chanson de Jacques Brel que j’écoutais. Il s’y mettait dans la peau du diable et s’adressait aux gens, en disant des choses comme : "Ne vous inquiétez pas, tout va bien, ça continue à casser, à faire péter des voitures…" Je me suis dit : mais c’est génial comme idée. Il utilisait ce personnage du diable pour dresser un constat sur la société, et j’ai trouvé ça très fort.
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Je me suis dit que j’allais faire un peu comme lui. Mais cette fois, j’imaginais que le diable, avant, il était riche, puissant… Et qu’aujourd’hui, avec toutes nos mauvaises actions, on l’a dépouillé. C’est là que le titre m’est venu : Le diable ne s’habille plus en Prada. Une manière détournée de dire que les vrais monstres, c’est peut-être nous. C’est une expression que je voulais inventer, un peu provoc’, mais qui pousse à réfléchir.
Dans la chanson « Hiro », vous faites référence à la série Heroes. Qu’est-ce qui vous a marqué dans cette série, et dans le personnage d’Hiro Nakamura en particulier ?
Soprano : La première saison de Heroes m’a scotché. Je l’ai regardée en boucle. L’idée que tout le monde puisse avoir un super pouvoir, c’était incroyable. Et je disais souvent à mes potes : quand je fais des morceaux lumineux, je suis Hiro Nakamura. Quand je me mets à rapper plus fort, je suis Sylar.
Ce que j’adore chez Hiro, c’est que son pouvoir, c’est de voyager dans le temps. Et ça, c’est le super-pouvoir que j’aimerais avoir. Pas pour faire des trucs spectaculaires, mais pour revivre les plus beaux moments de ma vie, ou essayer d’en corriger certains.
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Quand j’ai écrit "Hiro", c’était au départ très personnel, un morceau sur ma vie. Et puis, en écrivant, j’ai commencé à élargir le propos : à parler du monde, de ce que j’aurais aimé changer. Je pourrais faire un "Hiro 2" aujourd’hui, avec tout ce qui se passe… Il y aurait tant de choses à raconter.
C'était mon petit délire cinéphile
Chasseur d’étoiles est un album nourri de références à la science-fiction. Vous l’avez conçu comme une sorte de bande originale. C’est un hommage à quel film, en particulier ?
Soprano : "Chasseur d’étoiles", c’est mon album le plus Allociné ! Vraiment ! J’ai mis plein de clins d’œil au cinéma dedans. La référence principale, c’est Stranger Things — ça m’a beaucoup inspiré pour les sons, l’esthétique, les clips, notamment celui de "Près des étoiles".
Il y a un morceau qui s’appelle "Justine & Abdelkrim", qui est clairement un hommage à La Boum. Avec MC Solaar, on a fait Le Grand Bleu...
À chaque chanson, on a essayé d’intégrer une référence à un film ou à une ambiance des années 80. Même dans les sonorités, les titres, les featurings… tout devait avoir un lien avec cette époque. C’était mon petit délire cinéphile, mais en musique.