C'était en 1997, Alain Chabat réalisait son premier long métrage, une comédie baptisée Didier, du nom du chien qu'il allait lui-même interpréter face à Jean-Pierre Bacri. Mais comment lui est venue l'idée de donner lui-même vie à un canidé, en l'occurrence un labrador ? Au micro de la RTBF au moment de la promotion du film, il répondait à cette intrigante question :
"Je trouvais ça marrant d'imaginer..."
Pathé
"Je ne sais pas d'où est venue l'idée. Je sais que c'était un mardi et que j'étais en jean, c'est tout ce que je peux vous dire... Si ce n'est que j'ai toujours aimé faire le chien, regarder les chiens, me demander ce qu'ils ont dans le crâne. Parce que le chien entend 'blablabla Didier' ou 'Qu'est-ce que blablabla Didier' ou 'Et Didier blablabla', donc il se dit : 'Ah c'est bien, il y a quelque chose qui se passe'... Je trouvais ça marrant d'imaginer ce chien qui a ce mode d'emploi là du monde, sur deux pattes, avec le même cerveau et les mêmes préoccupations qu'avant, si ce n'est que c'est un bipède."
Cependant, jouer au chien dans une comédie ne voulait pas dire faire n'importe quoi à l'écran, et Chabat a piqué des attitudes pour les reproduire fidèlement et ne pas trop caricaturer l'animal :
"Le chien est vachement attentif, il essaye de ne pas faire de c**neries, de ne pas faire de bêtises, il est à l'écoute de son maître, il n'est pas tout le temps comme ça [Chabat fait la tête de chien avec la langue qui pend], il est comme ça quand il est essoufflé. Donc [pour le film], je voulais qu'il soit vachement digne, qu'il essaye de se tenir bien tout le temps."
"Le plus dur étant..."
Pathé
"Et puis, [j'ai pris] des petits tics de chien que tout le monde connaît, c'est vrai qu'ils tournent sur eux-mêmes avant de s'asseoir, ils ont des petits mouvements de tête pour savoir d'où vient le bruit, et le plus dur étant de se lécher les c***lles quand on est sur deux pattes, ce qui est beaucoup plus simple quand on est un chien, ça c'est sûr !"
Cette attention à ne pas aller trop loin et la justesse de son interprétation lui vaudront une nomination au César du Meilleur acteur et lui vaudra le César du meilleur premier film.
A sa sortie, Didier touchera le cœur du public et sera un succès colossal avec 2,9 millions d'entrées propulsant l'acteur de la troupe des Nuls au rang des réalisateurs les plus prometteurs. Après un documentaire sur le groupe de rap NTM (Authentiques) co-réalisé avec Stéphane Begoc en 2000, Chabat poursuivra avec le célèbre Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre deux ans plus tard, une autre réussite totale.