Il pleut. La nuit est tombée. Et le sol se met soudain à trembler.
Contrairement à ce qu'espèrent les passagers des deux voitures qui ont stoppé devant l'enclos du T-Rex, ce n'est pas le tonnerre. Ni le courant qui revient.
Mais l'origine de ce bruit terrifiant ne tardera pas à se révéler. D'abord, sous la forme d'un cuissot de chèvre ensanglanté, jeté sur le pare-brise de l'un des véhicules. Ensuite, à travers la gigantesque silhouette d'un dinosaure, sortant progressivement des palmiers pour ne faire qu'une bouchée de la clôture électrique.
Impossible d'arrêter un chef-d'oeuvre !
"P*****, j'en ai marre d'avoir toujours raison", murmure un Ian Malcolm tremblant, tandis que débute la scène la plus spectaculaire de Jurassic Park, et sans doute l'un des instants les plus incroyables de l'Histoire du cinéma.
Après une heure de film à attendre son arrivée, le T-Rex est enfin là. Et il n'est désormais plus question de changer de chaîne.
A vrai dire, dès les premières secondes du long métrage de Spielberg (qui dispose d'une excellente moyenne spectateurs de 4,3 sur 5 sur AlloCiné), chacun a déjà compris qu'il pouvait ranger sa télécommande dans le tiroir de sa table basse et qu'il allait passer la soirée à Jurassic Park.
Avant même que n'apparaisse à l'écran le premier plan du film (juste après le logo Universal Studios bercé par d'envoutants bruits de jungle), les cartons introductifs de Jurassic Park, ponctués par trois irrésistibles sons frappés tels les trois coups d'une pièce de théâtre, nous ont déjà permis de prendre notre décision.
Un chef-d'oeuvre vient de débuter, et on ne saurait y mettre fin.
Universal Pictures
Un film proche de la perfection
Tout simplement parce qu'en plus d'être un joyau de mise en scène, une réflexion philosophique d'une richesse et d'une actualité frappantes, et un divertissement de première main, Jurassic Park est un film dans lequel on se sent comme à la maison.
A condition de l'avoir revu suffisamment souvent, on est pratiquement capable de se repérer géographiquement sur l'île de John Hammond, de répondre aux personnages en récitant la réplique suivante comme si on discutait avec eux, de se remettre à la chasse aux easter eggs en espérant avec gourmandise en avoir laissé quelques-uns dans les jungles du parc.
Car oui, même au bout de la énième fois, Jurassic Park est un film d'une profondeur telle que l'on n'a jamais fini de l'explorer. S'il repasse un de ces soirs, essayez donc de l'arrêter. Comme si votre télévision était basée sur le mouvement, vous ne serez probablement plus capable de faire un seul geste.
(Re)découvrez la bande-annonce de "Jurassic Park"...