"C'est le premier film que j'ai vu, et je peux vous dire qu'il est déchirant" : Daniel Day-Lewis donne son film préféré, et c'est un chef-d'oeuvre
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Tout le monde a un film favori, et les stars hollywoodiennes adorent s'épancher dessus. Comme Daniel Day Lewis, qui avait confié il y a plusieurs années être un fan absolu d'une merveille sortie il y a 55 ans.

Parmi les questions auxquelles les stars répondent volontiers figure celle de leurs films favoris. Et on ne parle pas ici de leurs films favoris au sein de leurs propres filmographies respectives. Un ou des films coups de coeur pour des raisons évidemment très diverses : des oeuvres qui ont été des révélations pour elles; parce qu'elles ont marqué leur enfance, parce qu'elles ont eu une influence importante dans leurs carrières, ou tout simplement parce que ces oeuvres ont nourri leurs imaginaires.

On ne redira jamais assez combien Daniel Day Lewis est un immense acteur, le plus grand de sa génération, sorti tout récemment de sa retraite par son fils cinéaste, puisqu'il est le personnage principal d'Anemone.

Comme nombre de ses confrères, Daniel Day Lewis a aussi ses totems cinématographiques. Il s'en était confié auprès de la journaliste Cindy Pearlman, dans son souvrage You Gotta See This, édité en 2007, dans lequel elle compilait les confessions des stars sur leurs films fétiches.

"C'était pour moi la découverte de tout un monde de possibilités"

Parmi ceux-ci, Daniel Lewis cite Chaussure à son pied de David Lean, dans lequel Charles Laughton tient le rôle principal, un an avant que ce dernier ne signe un des plus grands films du cinéma américain, La Nuit du chasseur. "C'était l'un des plus grands acteurs de tous les temps" commente Lewis. "Il était intouchable. J'aime Chaussure à son pied, [...] c'est l'un de ces films qui vous accrochent émotionnellement".

Il cite aussi Vacances romaines, le merveilleux classique de William Wyler avec Audrey Hepburn; Sur les quais pour Marlon Brando. Ou encore Mean Streets : "C'est l'un de mes films préférés, et le tout premier film de Scorsese que j'ai vu. C'était pour moi la découverte de tout un monde de possibilités qui s'ouvraient à moi dans les rues d'Amérique. Je peux aussi mesurer comment ce film a mené à Taxi Driver, Raging Bull, et tous les films de Robert de Niro. [...] Le monde de Marty résonne avec la vie. Johnny Boy [NDR : le personnage incarné par de Niro dans le film] est l'une des grandes créations du cinéma contemporain".

"Je peux vous dire que c'est un film absolument déchirant"

Dans cette liste, une oeuvre occupe pourtant une place à part. Un pur chef-d'oeuvre d'ailleurs, sortie il y a 55 ans : Kes de Ken Loach. "C'est le premier film que j'ai vu. Il reste mon favori jusqu'à ce jour. Je ne sais pas s'il est disponible en vidéo, mais je peux vous dire que c'est un film absolument déchirant, parce qu'il évoque l'histoire d'un jeune garçon seul au monde. J'avais les mêmes sentiments de temps en temps lorsque j'étais jeune, et ce film a fait résonner en moi ces émotions".

On peut déjà répondre en différé à l'interrogation de l'acteur. Le film est non seulement disponible en vidéo, mais il vient d'ailleurs de sortir dans une belle copie Blu-ray en juillet dernier, chez l'éditeur Potemkine.

Kestrel Films Ltd.

Le film de Loach -le second de sa carrière- est effectivement une merveille absolue et, oui, déchirant au possible. Présenté à Cannes, à la Semaine de la Critique, en 1970, Kes raconte l'histoire de Billy, douze ans, vivant dans une petite ville minière du nord-est de l’Angleterre.

Il ne supporte plus son univers : sa mère l’ignore, son frère le traite en souffre-douleur et à l’école, distrait et indiscipliné, ses camarades et professeurs lui sont hostiles. Un jour, il trouve un jeune rapace et décide de dresser l’oiseau. Son professeur lui demande d’exposer à la classe l’art de dresser un faucon. Billy réussit enfin à intéresser ses camarades…

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