Ni Glee, ni Monstre : cette série sans tabou a lancé le roi de l'horreur moderne et c'était génial !
Emilie Semiramoth
Emilie Semiramoth
Cheffe du pôle streaming, elle a été biberonnée aux séries et au cinéma d'auteur. Elle ne cache pas son penchant pour la pop culture dans toutes ses excentricités. De la bromance entre Spock et Kirk dans Star Trek aux désillusions de Mulholland Drive de Lynch, elle ignore les frontières des genres.

Bien avant "Glee" ou "Dahmer", "Nip/Tuck" est LA série qui a révélé le génie dérangeant de Ryan Murphy et révolutionné la télévision. Mais attention, elle quitte bientôt le catalogue de Prime Video.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est ni Glee, ni la saga Monstre (qui a commencé avec Dahmer) qui ont fait la gloire de Ryan Murphy. Il faut remonter un petit peu plus loin dans le temps jusqu'à... Nip/Tuck !

Avant de nous faire chanter dans les couloirs d'un lycée ou frissonner avec les pires tueurs de l'histoire de l'Amérique, le showrunner le plus influent de la télévision moderne avait déjà tout bouleversé avec ce drame médical révolutionnaire diffusé de 2003 à 2010, sur FX outre-Atlantique.

Nip/Tuck
Nip/Tuck
Sortie : 2003-07-22
Série : Nip/Tuck
Avec Dylan Walsh, Julian McMahon, Joely Richardson
Spectateurs
3,4
Voir sur Prime Video

Le laboratoire de tous les excès

Nip/Tuck suit les aventures de Sean McNamara (Dylan Walsh) et Christian Troy (Julian McMahon), deux chirurgiens esthétiques de Miami dont la clinique devient le théâtre de toutes les dérives et le laboratoire de tous les excès. La première série de Ryan Murphy pour FX est essentiellement un soap-opéra tape-à-l'œil, sexy et exagéré, mais aussi assez brillante par moments.

La série est déjà révélatrice de l'ADN Murphy. Elle est à son meilleur lorsqu'elle laisse libre cours à son humour noir et joyeux sur la vanité, la haine de soi et une célébration charnelle du corps. Cette capacité à mélanger une forme de gore assumé, de l'humour noir et une critique sociale acerbe devient la marque de fabrique du créateur.

FX

Un choc esthétique et narratif

Diffusée pendant six saisons et 109 épisodes, Nip/Tuck a posé les bases de tout l'univers Murphy à venir. On se rend compte que le chaos de Ryan Murphy n'a pas commencé avec Glee ou même American Horror Story. En revoyant Nip/Tuck, on constate qu'il déforme la beauté, la laideur et les pulsions de la société depuis des décennies.

La série n'hésite pas à montrer des opérations chirurgicales dans le détail, questionne déjà les standards de beauté et la société de consommation avec une violence inédite à la télévision. Cela semble sinistre, mais une bonne dose d'humour noir permet de maintenir le récit sur la durée et contribue à l'attrait de la série auprès des téléspectateurs. Car, oui, elle a toujours su maintenir cet équilibre précaire entre malaise et fascination.

FX

L'ADN d'un génie en formation

Rétrospectivement, Nip/Tuck apparaît comme le creuset de tout l'univers Murphy. On y trouve déjà cette obsession pour les corps abîmés (American Horror Story), cette critique féroce des apparences (The Politician), cette tendresse pour les marginaux (Pose) et ce goût pour la provocation pure (Dahmer).

Ryan Murphy est devenu synonyme de télévision d'horreur, mais son premier grand succès a été une série médicale hors normes. Sans Nip/Tuck, pas d'empire Murphy. Cette série reste le socle de tout ce qui a suivi, la matrice d'un créateur qui n'a jamais cessé de nous déranger.

Nip/Tuck est disponible sur Prime Video jusqu'au 9 octobre.

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