En 1979, Roger Moore enfilait le smoking de James Bond pour la 4ème fois dans Moonraker, un opus qui lorgnait du côté de la science-fiction, surfant sur le succès de Star Wars deux avant avant. Le récit nous présentait une navette spatiale américaine, Moonraker.
Cette dernière, confiée au gouvernement britannique, disparaît soudainement. L'agent 007 est chargé d'enquêter, mais il découvre vite que le responsable n'est autre que le constructeur de l'engin spatial lui-même, Hugo Drax. Ce grand méchant tend à recréer une nouvelle race d'hommes parfaits en anéantissant l'humanité actuelle.
Un James Bond Girl différente
Dans cet opus de James Bond, le premier rôle féminin a été attribuée à Lois Chiles. Elle y incarnait le Dr. Holly Goodhead, une scientifique américaine travaillant pour la NASA (et également agent de la CIA, ce que B007 découvrira plus tard).
Sa mission est d'enquêter sur Hugo Drax, soupçonné de préparer un plan machiavélique lié à la conquête spatiale. Au début, Holly se méfie de notre agent secret préféré (et réciproquement), mais ils finissent par unir leurs forces pour contrecarrer les plans de Drax. Intelligente, compétente et indépendante, elle se distingue des "James Bond Girls" traditionnelles par son professionnalisme et ses capacités techniques (pilote de navette, médecin, espionne...).
Pourtant, malgré les qualités du personnage, qui n'est pas relégué au rang de simple faire-valoir du héros, son actrice n'a pas vraiment apprécié son expérience dans la saga culte. Le producteur de la franchise, Albert R. Broccoli, voulait déjà s'arroger les services de la comédienne pour L'espion qui m'aimait (1977), mais cette dernière avait décliné l'offre, fatiguée de l'industrie après Gatsby le magnifique avec Robert Redford.
EON
Money, money, money
De plus, elle n'était pas vraiment fan de la manière dont la franchise dépeignait les femmes. "Il faut comprendre que c’était les années 70, et les femmes étaient très contrariées d’être représentées comme des objets sexuels. Donc, devenir une "James Bond girl" n’était pas forcément quelque chose de souhaitable", a-t-elle confiée, citée dans le média FarOutMagazine.
"Porter cette combinaison spatiale jaune pendant une grande partie du film ne me rendait pas très séduisante, et certains fans ont été déçus. Mais c’était leur concession au mouvement féministe", a expliqué Lois Chiles, estimant que les producteurs souhaitaient se racheter une conduite après les critiques sur l'aspect sexiste et misogyne des films 007 de l'époque.
J’avais besoin de travailler, j’avais besoin d’argent, et j’avais besoin de l’expérience.
Si la comédienne n'avait que très peu d'estime pour la saga Bond, pourquoi a-t-elle finalement accepté de jouer dans Moonraker ? Avec une franchise non dissimulée, Lois Chiles a révélé avoir donné son accord pour des questions d'argent. "J’avais besoin de travailler, j’avais besoin d’argent, et j’avais besoin de l’expérience", a-t-elle confié.
En effet, l'actrice avait fait une pause de 4 ans dans sa carrière, ce qui constituait une longue période sans revenus pour elle. C'est pourquoi elle a saisi cette opportunité de renflouer son compte en banque en jouant dans une saga aussi lucrative que James Bond.
Et comme pour boucler la boucle, elle fera un caméo (non créditée au générique) en 1997 dans Austin Powers, la parodie de 007 portée par Mike Myers. Elle joue la femme du sbire écrasé par un rouleau compresseur dans une scène comique. Aujourd'hui âgée de 78 ans, Lois Chiles a pris sa retraite. Sa dernière apparition au cinéma remonte à 2006 avec Kettle of Fish de Claudia Myers.