Dans Une Bataille après l'autre, film de Paul Thomas Anderson, il incarne Steven J. Lockjaw, stéréotype du colonel américain aussi pitoyable qu'il peut être inquiétant. Avec cet antagoniste, Sean Penn tient son meilleur rôle depuis longtemps et offre, sans en douter, l'une des meilleures performances de toute sa carrière.
Révélé au début des années quatre-vingt, l'acteur s'est fait connaître pour son jeu intense et sa faculté à disparaître derrière ses personnages. Parmi les plus célèbres, on peut citer celui d'un condamné à mort dans La Dernière marche, d'un sergent-chef dans La Ligne rouge ou encore celui d'un père endeuillé dans Mystic River de Clint Eastwood.
Ce rôle lui permet de décrocher son premier Oscar en 2004. Cinq ans plus tard, l'acteur en rafle un deuxième grâce à son interprétation d'Harvey Milk, homme politique et militant LGBT, dans le biopic signé Gus Van Sant. Son personnage de suprémaciste blanc peut-il lui permettre d'en décrocher un troisième ?
Une interprétation inspirée
Si Hollywood réserve toujours des surprises - tout dépendra des autres candidats -, une telle victoire serait logique tant l'acteur - qui s'est dernièrement beaucoup engagé pour l'Ukraine - n'a jamais été aussi inspiré à l'écran. Et pour cause, dans Entertainment Weekly, Sean Penn révèle avoir été tellement happé par le scénario qu'il l'a lu d'une traite, complètement nu, en sortant de la douche.
À l'écran, il donne vie à un militaire ultra-viriliste - et ce, jusque dans sa façon de marcher -, trahi par ses désirs inavoués pour l'intrépide Perfidia Beverly Hills (Teyana Taylor), une révolutionnaire. Cette caricature n'empêche jamais le protagoniste d'être complexe. Il impose un sentiment de danger dans une scène et provoque le rire dans la suivante. Sean Penn réussit même à susciter un peu de compassion pour son personnage à la fin du film. Un exploit.
Quelques réactions des spectateurs :
Une Bataille après l'autre, actuellement au cinéma