"Je n'ai pas grand chose à faire à côté de lui" : il y a 18 ans, Gérard Lanvin annonçait qu'il ne reviendrait pas dans la suite de cette comédie culte aux 5 millions d'entrées
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Laëtitia Forhan - Clément Cusseau

Entre tensions et rancunes, découvrez pourquoi Gérard Lanvin a tourné le dos à “Camping 2” malgré le succès du premier film. Un indice : Franck Dubosc…

Si le duo formé par Gérard Lanvin et Franck Dubosc avait marqué les esprits dans le premier Camping, l’absence du personnage de Michel Saint-Josse dans la suite avait de quoi surprendre. Beaucoup se sont demandé pourquoi l’acteur n’avait pas repris son rôle dans le deuxième film. La réponse est simple : Lanvin n’a pas souhaité renouveler l’expérience.

Lorsque le premier Camping débarque en salles en 2006, c’est un carton immédiat. Le public tombe sous le charme des Flots-Bleus, ce camping fictif où s’entassent familles et habitués hauts en couleur. Parmi eux, Patrick Chirac, campeur exubérant incarné par Franck Dubosc devient instantanément emblématique. Mais un autre personnage fait parler de lui : Michel Saint-Josse, un chirurgien bourgeois joué par Gérard Lanvin, contraint de passer ses vacances au camping après une panne de voiture.

Le contraste entre les personnalités des deux personnages a contribué à faire du film un énorme succès populaire, avec près de 5 millions d’entrées. Pourtant, lorsque la suite a été mise en chantier, Lanvin a décliné la proposition, malgré une offre financière alléchante.

Camping
Camping
Sortie : 26 avril 2006 | 1h 35min
De Fabien Onteniente
Avec Gérard Lanvin, Mathilde Seigner, Franck Dubosc
Presse
2,3
Spectateurs
2,1
louer ou acheter

Conflits d’acteurs

Derrière cette décision se cachent des tensions entre les deux acteurs, en particulier une forme d’amertume chez Lanvin. Dans une interview accordée à notre site datant de 2007, il déclarait :

J’ai rendu service une fois à Franck Dubosc, je ne le ferai pas deux fois, surtout avec tout le bien qu’il a dit de nous. C’est le film de Franck Dubosc, Camping non ? Pourtant j’avais l’impression d’avoir joué dedans. Je pense qu’un partenaire a l’obligation de parler du plaisir qu’il a eu à parler à la personne en face (...) moi je n’ai pas grand chose à faire à côté de quelqu’un qui n’a pas su comprendre la présence impérative et indispensable de l’autre.

Pathé Distribution

Il déplore notamment le fait que Dubosc se soit, selon lui, attribué l’intégralité du mérite du film, alors qu’il estime avoir joué un rôle important dans la création de son personnage, bien au-delà de ce qui était écrit à l’origine, jusque dans l’évolution du scénario, et ce, même si la comédie est inspirée d’un sketch de Franck Dubosc.

Camping ne fonctionne que parce que j’ai trouvé l’emploi. Le sujet de départ était déjà choisi mais c’est moi qui ai trouvé l’idée de mon personnage, c’est moi qui ai trouvé le fait que sa vieille voiture tombe en panne à côté d’un camping, et c’est moi qui ai trouvé l’idée d’un personnage qui observe l’autre dans son délire.

Un retour incohérent selon Lanvin

Visiblement irrité, Gérard Lanvin ajoute qu’il n’a aucune envie de revenir dans une suite où il devrait, selon ses mots, “jouer un con”, rôle qu’il attribue ironiquement à Dubosc : “Je ne vois pas pourquoi je reviendrai dans un camping après avoir incarné un homme qui déteste le camping. Faudrait jouer un con mais ce n’était pas mon rôle, c’est celui de Franck Dubosc…

De son côté, le réalisateur Fabien Onteniente a toujours expliqué que la structure de la saga Camping était pensée pour faire évoluer Patrick Chirac face à un nouveau personnage à chaque opus. Ainsi, Richard Anconina a pris le relais dans le second film, puis un trio de jeunes comédiens dans Camping 3. Cela dit, cette justification ne suffit pas à masquer les désaccords profonds entre les deux stars du premier film.

Daniel Angeli

Tentative de réconciliation 10 ans plus tard

Ces différends professionnels ont conduit à une véritable fracture entre les deux comédiens, qui ne se sont pas reparlés pendant près d’une décennie. Leur tentative de réconciliation s’est matérialisée en 2015 avec le film Pension complète, un remake de La Cuisine au beurre (1963) signé Florent Emilio Siri, où Lanvin et Dubosc reprennent les rôles jadis tenus par Bourvil et Fernandel et où ils se donnent la réplique... en se faisant la guerre, encore une fois.

StudioCanal

Mais cette réunion n’a pas eu l’effet escompté. Le film est un échec commercial et artistique. Dans un entretien accordé à BFMTV en 2020, Gérard Lanvin n’a pas mâché ses mots.

C’était un film affairiste. On s’est fait baiser. Il faut l’accepter. On s’en relève. Tu ne passes pas des 6 millions d’entrées de Camping à 200.000 entrées comme ça. Il faut qu’il y ait tout autour du film de la nullité.

Derrière la lumière des projecteurs et le succès apparent des comédies populaires se cache parfois une réalité bien plus nuancée. Celle de comédiens aux visions opposées, de tensions non dites, et de désillusions professionnelles. Une décennie de froid entre Gérard Lanvin et Franck Dubosc en est la preuve.

Les trois volets de la saga Camping, tout comme Pension complète, sont disponibles sur Netflix.

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