C'était l'un des événements d'un 78ème Festival de Cannes marqué par des premiers longs métrages d'acteurs et actrices : le baptême du feu de Kristen Stewart. Qui n'a pas choisi la facilité en s'emparant des mémoires de Lidia Yuknavitch, "La Mécanique des fluides", pour en tirer un film dur, intense et imprévisible, très étonnant dans sa manière de figurer la psychologie du personnage principal avec son et images. Bref, un opus qui ressemble à sa réalisatrice et dans lequel Imogen Poots livre ce qui est sans aucun doute la plus grande performance de sa carrière.
Mais que signifie le titre de The Chronology of Water ? Lorsque le générique de fin débute, ces mots n'ont jamais été prononcés, dans les dialogues comme la voix-off qui nous accompagne dans le récit, et le spectateur reste donc sans réponse à ce sujet. D'où notre envie de poser la question, non pas à Kristen Stewart avec qui notre temps d'interview, déjà court en cette matinée cannoise, en passé trop vite, mais à son actrice principale Imogen Poots.
"Il y a cette idée que l'on ne met jamais deux fois le pied dans la même rivière, car l'eau s'écoule", nous explique-t-elle. "Lidia parle beaucoup de l'eau, c'est un thème qu'elle ne parvient pas à abandonner dans tout ce qu'elle écrit. Tout comme la natation fait partie de son âme. The Chronology of Water désigne ces notions d'écoulement, de recalibrage, de réflexion aussi, car l'eau réfléchit la lumière de différente manière selon l'angle où l'on se place. C'est un beau titre qui tente de capturer ce qu'est sa vie, mais c'est avant tout un prisme, pas quelque chose que la vérité de votre expérience pourrait changer."
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Cannes le 17 mai 2025