De quoi ça parle ?
Amin revient à Sète après ses études à Paris, rêvant toujours de cinéma. Un producteur américain en vacances s’intéresse par hasard à son projet, Les Principes essentiels de l’existence universelle, et veut que sa femme, Jess, en soit l’héroïne. Mais le destin, capricieux, impose ses propres règles.
7 ans après la sortie de Mektoub My Love Canto Uno, la 2ème partie sort enfin au cinéma. Ce film d’Abdellatif Kechiche, cinéaste lauréat d’une Palme d’or pour La vie d’Adèle, et multi-Césarisé, a subi de multiples remontages et était au cœur de diverses polémiques. Il aura fallu donc être patient pour découvrir la suite des aventures d’Amin, ses amours, ses amis…
Ce nouveau volet nous invite à faire connaissance avec de nouveaux personnages, l’actrice Jessica Patterson et son mari producteur Jack Patterson. L’arrivée de ce couple va chambouler la trajectoire d’Amin, et nous emmener vers un ton assez différent du premier Mektoub My Love, avec plus de rebondissements, de suspense et de tensions.
En quoi cette suite se distingue du premier volet ? Que va devenir Intermezzo ? Nous avons rencontré deux des acteurs principaux de Canto Due, Shaïn Boumedine et Salim Kechiouche pour un entretien.
AlloCiné : Comment nous présenteriez-vous cette suite ?
Shaïn Boumedine (Amin) : On retrouve ces personnages qu'on a aimés dans Canto Uno, cette famille, ces potes. Il y en a deux, trois qui viennent se rajouter à cette bande de copains. On retrouve cette lumière, on retrouve ce sud, cette ville de Sète. Et puis, ça met en place un peu une autre partie de l'histoire, avec un producteur américain qui vient se mêler à tout ça, et au rêve d'Amin de devenir scénariste. Donc je dirais que si on a aimé Mektoub Canto Uno, on retrouvera cette lumière, ce naturel, et si on a envie d'avoir un peu plus de rythme, ça arrive dans la deuxième partie du film.
Salim Kechiouche (Tony) : C'est un film qui peut exister à part entière. C'est le temps des bilans pour les personnages. De nouveaux événements viennent bousculer ce petit microcosme. (...) Il y a un virage qui est surprenant et très drôle. (...) Et pour les amateurs de Kechiche, ils vont retrouver vraiment son cinéma. Il revient un peu à ses classiques. Et c'est pour notre plus grand bonheur.
Pathé
Une précision à apporter parce que la confusion existe : Canto Due n'est pas le film Intermezzo présenté à Cannes en 2019, et jamais sorti depuis. Est-ce qu'il y a quand même un lien entre ces deux films ? Comment vous expliquez l'articulation entre Uno, Intermezzo et Due ?
Shaïn Boumedine : Intermezzo vient se glisser, se glisser entre les deux. On retrouve ces personnages, le temps de quelques soirées. Mais il ne vient pas se mettre en opposition avec la suite. Canto Due fait suite directe à Canto Uno. Il y a même quelques images d'Intermezzo qui ont été réutilisées dans Canto Due.
Intermezzo est un bonus que quelques spectateurs auront vu
Salim Kechiouche : C'est un film qui existe aussi tout seul comme une parenthèse. Alors est-ce qu'on le verra ? Est-ce qu'on ne le verra pas ? Est-ce que ceux qui l'ont vu à Cannes auront été les privilégiés ? Mais en tout cas, c'est une parenthèse et ça n'influe en rien ni la narration, ni le lien entre les deux Canto Uno et Canto Due.
Vraiment, c'est un diptyque qui existe à part entière. Et celui-là est vraiment comme une parenthèse musicale, je dirais. Un bonus que quelques spectateurs auront vu.
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Ce n'est vraiment pas banal pour un film français d'avoir une telle attente entre une première partie et une deuxième partie. Comment avez-vous vécu cette attente ?
Shaïn Boumedine : Comment on a vécu cette attente ? On avait hâte, simplement. Avec le temps, les souvenirs s'en vont et reviennent quand on voit quelques photos du tournage.
On se souvient des scènes qu'on a faites, de la manière dont on les a jouées. En découvrant le film enfin cet été à Locarno, on met des images définitives sur tout ce qu'on a vécu. Donc beaucoup d'attente, de nostalgie en revoyant les images.
Après 7 ans d'attente, on a vu Mektoub My Love Canto Due : 7 questions que vous vous posez peut être sur le film d'Abdellatif Kechiche !Salim Kechiouche : Beaucoup d'envie de voir le film. Et puis maintenant que je l'ai vu, beaucoup d'envie de le montrer aux gens. Presque de la frustration d'attente de découvrir ce film, de découvrir notre travail.
Il y a eu le Covid, mais ça a quand même fait deux ans un peu de vide dans nos emplois du temps, dans le cinéma, dans le théâtre, dans l'art. On a quand même continué aussi nos vies. J'ai tourné dans pas mal de choses aussi. J'ai réalisé un film. On a continué à vivre tout en s'impatientant de découvrir cette suite, parce que c'est quand même pour nous quelque chose de spécial (6:06) et quelque chose dans lequel on a donné beaucoup d'investissement.
Propos recueillis par Brigitte Baronnet à Paris le 25 novembre 2025