426 millions de dollars : noté 4,5 sur 5, c'est l'un des plus grands westerns de tous les temps et il quitte bientôt Netflix !
Clément Schmidt
Clément Schmidt
Horreur, thriller, docu, romance... En séries comme en films, Clément ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.

Le film “Django Unchained” quitte Netflix le 31 décembre, l’occasion pour nous de revenir sur ce western pas comme les autres et sur son personnage qui a fait couler beaucoup d’encre.

8ᵉ long-métrage de Quentin Tarantino, Django Unchained est, encore aujourd’hui, le film de tous les records pour le cinéaste. À la fois plus gros budget (100 millions de dollars) et plus gros succès commercial de sa carrière (426 millions récoltés), le film obtient la note stratosphérique de 4,5 sur 5 sur AlloCiné, le plaçant à la 21ᵉ place des films les mieux notés de tous les temps par les utilisateurs. 

Django Unchained
Django Unchained
Sortie : 16 janvier 2013 | 2h 44min
De Quentin Tarantino
Avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio
Presse
4,6
Spectateurs
4,5
Disponible sur HBO MAX

Mais derrière cette approbation dithyrambique, Django Unchained est aussi un film beaucoup plus radical qu’il n’y paraît, qui mérite d’être (re)découvert sous un angle différent.

Un western pas comme les autres

Si Django Unchained reste à ce jour le western le plus rentable de toute l’histoire du cinéma, le film de Quentin Tarantino se démarque des œuvres qui l’ont inspiré par son approche très frontale du passé américain. 

Le western est en effet un genre paradoxal à plus d’un titre. Il est à la fois un pur fantasme cinématographique de la “conquête de l’Ouest”, qui met en scène des héros mythologiques bâtisseurs de la civilisation (les fameux cow-boys), tout en documentant les crimes de masse occasionnés par cette conquête sur les populations natives. Cet imaginaire est donc habité par une culpabilité fondamentale, que certains films n’hésitent pas à aborder frontalement. Citons à titre d’exemple Les Cheyennes de John Ford en 1964.

Warner Bros

C’est dans cette démarche que s’est inscrit Quentin Tarantino avec Django Unchained, comme il l’expliquait en 2007 à nos confrères du Telegraph : “[Je souhaite faire] des films qui traitent du passé horrible de l’Amérique, de l’esclavage et tout ça […] Des films de genre, mais qui abordent tout ce que l’Amérique n’a jamais affronté parce qu’elle en a honte, et que les autres pays n’abordent pas vraiment parce qu’ils n’estiment pas en avoir le droit.

Miramax

Ce qui frappe avec Django Unchained, c’est qu’il s’agit d’un western entièrement raconté du point de vue d’un personnage qui se rebelle contre cet imaginaire. L’univers du film est ainsi dépeint comme un monde profondément raciste, classiste, misogyne et ultra-violent, à des années-lumière du fantasme réconfortant auquel nous étions habitués. Un dynamitage en règle, que le réalisateur Michael Moore (Bowling for Columbine, Fahrenheit 9/11) décrira comme étant “l'une des meilleures satires cinématographiques de tous les temps”. Tarantino : 1 / Le Western : 0

Un héros aux mille facettes

L’homme derrière la dynamite se nomme Django Freeman, interprété par Jamie Foxx, un héros sans peur, déchaîné, éperdument amoureux de sa femme, et surtout : esclave affranchi. C’est ce dernier point qui a occasionné de nombreux débats : ce personnage afro-américain, charismatique et vengeur, n’est-il pas en réalité tout aussi caricatural que le cowboy dont il prétend triompher ? 

On peut en effet se demander pourquoi Tarantino nous dépeint un univers du western profondément violent et injuste, pour ensuite se concentrer sur un personnage certes héroïque, mais qui n’est intéressé que par le sort d’une seule personne (sa femme) et absolument pas par celui de tous les autres esclaves.

Miramax

Si cette critique est tout à fait entendable, on peut lui opposer l’idée que l’égoïsme de Django est justement ce qui en fait un personnage aussi intéressant. Loin du traditionnel héros américain venu sauver la veuve et l’orphelin en leur apportant la liberté, la quête de Django est purement individualiste, dans un monde où la lutte collective est pourtant une nécessité. Un personnage aussi amoral que le monde contre lequel il se bat.

Miramax

C’est dans cette ambiguïté que se trouve toute la richesse du personnage, et de l’interprétation de Jamie Foxx, aussi mutique que bouleversant lors des scènes où d’autres esclaves sont violentés devant lui. Une performance exceptionnelle, qui nous rappelle que son talent lui avait déjà valu un Oscar en 2004 pour le film Ray. Un grand acteur, pour un grand personnage, dans un grand film. 

Django Unchained est disponible sur Netflix jusqu’au 31 décembre. 

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