Rebuilding : après Challengers, cet acteur brillant est à l’affiche d’un drame bouleversant et lumineux
Isaac Barbat
Isaac Barbat
-Rédacteur ciné-séries
Biberonné aux films de genre dès son plus jeune âge, amoureux des monstres et de l'hémoglobine, ses excursions cinématographiques le mènent parfois jusqu'à Truffaut ou Duvivier… pour son plus grand plaisir !

Révélé par Seule la terre, The Crown et Challengers, Josh O’Connor est à l’affiche de Rebuilding de Max Walker-Silverman. Présenté au Festival de Sundance, cette ode à l’espoir et à la résilience est à découvrir en salle dès maintenant.

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Une plongée authentique dans l’Ouest sauvage américain

Dans l’Ouest américain, dévasté par des incendies ravageurs, Dusty voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement à redonner du sens à sa vie. Entouré de personnes qui, comme lui, ont tout perdu, des liens inattendus se tissent. Porté par l’espoir de renouer avec sa fille et son ex-femme, il retrouve peu à peu la volonté de tout reconstruire.

Rebuilding
Rebuilding
De Max Walker-Silverman
Avec Josh O'Connor, Meghann Fahy, Kali Reis
Sortie le 17 décembre 2025
Presse
3,3
Spectateurs
3,7

Trois ans après A Love Song, considéré comme l’un des dix meilleurs films indépendants de l’année 2022 par le National Board of Review, le jeune et talentueux Max Walker-Silverman fait son retour dans les salles obscures avec Rebuilding, au cinéma cette semaine. Présenté au Festival du film de Sundance, où il a reçu un accueil triomphal, ce second long-métrage est particulièrement cher au cœur du cinéaste, puisque ce dernier s’identifie grandement à l’histoire de son protagoniste.

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Pour sa jeunesse, d’abord : né dans l’Ouest rural du Colorado, Max Walker-Silverman en connaît les paysages et les habitudes, les communautés et leurs difficultés à parfois se faire entendre. Mais aussi pour la dangerosité de la région, régulièrement touchée par de terribles incendies depuis quelques années. La sœur du cinéaste a d’ailleurs été victime d’une situation très similaire à celle qui frappe le personnage de Dusty dans Rebuilding. Le réalisateur raconte : “Elle s’en est sortie de justesse. Elle a conduit toute la nuit avant d’arriver chez ma mère, sa voiture chargée de ses affaires. Après une longue étreinte, maman lui a demandé si, dans sa fuite, elle avait pu prendre les recettes de grand-mère. C’est ce qui lui manque le plus aujourd’hui.

Malgré tout, la solidarité de leurs proches a permis à Max Walker-Silverman et sa famille de s’en sortir durant cette période difficile. Une situation qui l’a particulièrement touché et a été l’un des éléments déclencheurs de l’écriture de son second long-métrage. “Nos amis et voisins ont commencé à venir nous voir. Ils apportaient de la nourriture, du réconfort et cette promesse sincère, devenue presque un refrain : faire tout leur possible pour nous aider.

Pour autant, Rebuilding n’est pas qu’une ode à la solidarité humaine. État des lieux particulièrement sceptique et inquiétant du réchauffement climatique et de ses effets désastreux sur les milieux ruraux et leurs populations – près de 6 millions d’hectars ont brûlé aux États-Unis lors d’incendies accidentels ou causés par la sécheresse en 2025 – , ce second long-métrage dresse aussi un portrait résolument moderne des figures masculines traditionnelles, qui, en ces temps difficiles, doivent nécessairement se déconstruire.

Un portrait moderne du virilisme toxique et de ses effets

Révélé au grand public pour son rôle de cow-boy gay dans Seule la terre, pour son interprétation de Charles III dans la série The Crown et pour avoir partagé l’affiche de Challengers avec Zendaya et Mike Faist, Josh O’Connor signe une nouvelle performance remarquable dans Rebuilding où il incarne Dusty, un personnage malmené par la vie, qui refuse pourtant de s’ouvrir aux autres dans les moments où leur secours serait le bienvenu.

Son interprétation, toute en retenue et en silences, témoigne d’une véritable capacité à transparaître l'ineffable, à témoigner d’une tempête intérieure sans jamais en esquisser le moindre signe. Une sensibilité par laquelle Max Walker-Silverman a immédiatement été touché . “J’ai été séduit par Josh O’Connor pour une raison à la fois évidente et difficile à définir : son âme, explique-t-il. Je connaissais la profondeur qu’il apportait dans Seule la terre, ainsi que son aisance dans des films plus intimes, dans des rôles exigeants et sans concession.

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Dans la série The Crown – pourtant très éloignée de l’univers dans lequel évolue le personnage de Dusty – il a su insuffler une humanité rare à un homme enfermé dans une armure de masculinité rigide, un trait que Dusty partage à sa manière.”

En ce point, le cinéaste lie son film à une problématique résolument moderne, pourtant nécessaire et passionnante : le besoin, urgent, des hommes de fendre l’armure pour accepter, eux aussi, d’être aidés. Admettre ses faiblesses, reconnaître ses torts, faire le choix de se confier… Autant de difficultés éprouvées par ces derniers dans une longue tradition masculiniste, sur laquelle Max Walker-Silverman tente justement d’alerter, dans une approche cinématographique similaire à Tom à la ferme, Ad Astra ou plus récemment The Power of the Dog.

Le mythe de l’autonomie – très ancré dans l’histoire américaine, et particulièrement dans l’Ouest – est particulièrement triste, explique Max Walker-Silverman. J’ai vu beaucoup d’hommes glisser de cette autonomie vers la solitude, puis vers l’épuisement. Ce mythe reflète certains de nos instincts les moins nobles : se refermer sur soi, ériger des murs, poser des barrières. Mais cela ne sert personne, quel que soit le camp. Une des choses puissantes que les catastrophes provoquent, c’est qu’elles fissurent ce mythe, même si ce n’est que temporaire. [...] Ce qui compte, c’est qu’à la fin, Dusty réalise qu’il a besoin des autres, tout comme eux ont besoin de lui.

Drame social et écologiste aussi bouleversant que lumineux, portrait masculin résolument moderne porté par un Josh O’Connor au sommet de son art, Rebuilding est à découvrir dès maintenant au cinéma.

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