"Je l’ai giflé" : 34 ans après, Sharon Stone garde un mauvais souvenir de ce thriller mythique qui a fait d'elle une star
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Vincent Formica

Derrière la scène la plus mythique de “Basic Instinct” se cache une trahison irréparable. Sharon Stone dévoile l’envers du décor du film : une séquence imposée, une confiance brisée et une blessure toujours ouverte.

Trente-quatre ans après la sortie de Basic Instinct, Sharon Stone revient sur une expérience qui a profondément marqué sa carrière – et pas uniquement pour de bonnes raisons. Si le film est aujourd’hui considéré comme un monument du thriller hollywoodien, son tournage reste, pour l’actrice, associé à une profonde désillusion.

Lorsqu’il sort en mai 1992, le long-métrage de Paul Verhoeven fait l’effet d’une déflagration. Réalisé par le cinéaste néerlandais connu pour son goût de la provocation, Basic Instinct fascine autant qu’il scandalise. Le duo formé par Michael Douglas et Sharon Stone enflamme l’écran, et le succès est immédiat : 352 millions de dollars de recettes à travers le monde. À 34 ans, Sharon Stone devient une star planétaire grâce à son incarnation glaçante de Catherine Tramell.

Basic Instinct
Basic Instinct
Sortie : 8 mai 1992 | 2h 10min
De Paul Verhoeven
Avec Sharon Stone, Michael Douglas, George Dzundza
Presse
2,0
Spectateurs
3,8
louer ou acheter

Mais derrière cette ascension fulgurante se cache un souvenir douloureux. L’actrice n’a jamais dissimulé son malaise concernant une scène devenue mythique : celle de l’interrogatoire, marquée par le célèbre croisement de jambes. Une séquence qui, selon elle, serait née d’un profond malentendu, voire d’une trahison.

Une scène culte née d’un malentendu

Dans le documentaire Basic Instinct - Sex, Death & Stone, Sharon Stone revient sur les circonstances du tournage.

Quand on a tourné la scène, je portais une culotte blanche. Le réalisateur Paul Verhoeven a dit qu’elle se reflétait dans les éclairages, donc qu’on voyait que je portais quelque chose.

Elle poursuit en expliquant que le cinéaste lui aurait demandé de l’enlever, tout en la rassurant sur le rendu final : “Il avait donc besoin que je l’enlève, en me disant que ce serait voilé par une ombre, caché, qu’on ne verrait rien. J’ai fait un essai, j’ai regardé le moniteur, et on ne voyait rien. J’ai pris mon cache-sexe, je l’ai mis dans la poche de sa chemise et je lui ai dit : ‘Je te fais confiance.’

Carolco

Ce sentiment de confiance sera brutalement brisé. Lorsqu’elle découvre le montage définitif du film, peu avant sa présentation au Festival de Cannes, Sharon Stone est sous le choc. Contrairement à ce qui lui avait été promis, le plan est conservé tel quel.

J’ai réalisé qu’il y avait la moitié d’un plan où l'on pouvait commencer à voir des poils pubiens. Qu’on ne voyait rien d’autre, mais qu’il y avait cette idée que l’on pouvait voir, et cette idée est très puissante, car on n’avait jamais rien vu de tel dans un film de studio.

La réaction de l’actrice est immédiate et violente. Elle raconte sans détour : “Quand j’ai vu la séquence, je me suis sentie trahie. Je me suis levée et je l’ai giflé. Ce qui m’a choquée, c’est sa trahison.

La gloire à n’importe quel prix ?

Sharon Stone tente alors d’obtenir la suppression de la scène, mais Paul Verhoeven s’y oppose fermement, convaincu de son impact et de son potentiel pour faire d’elle une icône mondiale. Une prédiction qui se révélera exacte, même si l’actrice l’acceptera à contrecœur.

Avec le recul, l’actrice reconnaît la puissance cinématographique de cette séquence, tout en dénonçant la manière dont elle a été imposée : “Si j’avais été à la place du réalisateur, j’aurais certainement conservé cette scène. Mais Paul aurait dû me prévenir. C’était un manque de respect.

Car la célébrité fulgurante qui a suivi a aussi eu un prix. L’actrice affirme avoir été agressée à plusieurs reprises en raison de son image publique, et avoir même perdu la garde de son fils adoptif, les autorités lui reprochant de tourner des “films érotiques”.

Carolco

Aujourd’hui encore, la blessure reste vive. Sharon Stone conclut avec amertume : “Je ne peux pas croire qu’ils m’ait sciemment menti. Le fait qu’ils ne m’ait rien dit m’a blessée car j’ai accepté tout ce qu’il a demandé et il ne m’a pas respectée. Et si ça avait été Michael Douglas à ma place, et qu’on avait pu entrevoir son pénis, il l’aurait prévenu... ou Michael lui aurait mis sa main dans la figure !

Un témoignage qui rappelle que derrière certaines scènes culte du cinéma se cachent parfois des histoires bien moins glorieuses.

Basic Instinct est disponible en streaming sur Netflix.

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