Décédé en 2006 à l'âge de 76 ans, Philippe Noiret a laissé une empreinte indélébile et inoubliable dans la mémoire cinéphilique. Gentleman débonnaire du cinéma français au phrasé légendaire, toujours tiré à quatre épingles, célèbre pour sa voix aussi chaleureuse que feutrée, il fut un acteur complet, capable de tout jouer.
De la comédie pure au drame bouleversant vrillant le coeur des spectateurs, Philippe Noiret a été un totem du cinéma des années 70-80, aux côtés de ses compagnons de route (et de coeur) que furent Jean-Pierre Marielle et plus encore de Jean Rochefort, dont il était très proche.
"Il n'essayait pas de faire l'original"
Dans son impressionnante filmographie, forte de plus de 130 rôles en 56 ans de carrière, ce n'est, contre toute attente, pas dans le registre du drame qu'il a le plus triomphé au box office. Le Vieux fusil par exemple, chef-d'oeuvre absolu de Robert Enrico, attira en 1975 pas moins de 3,36 millions de spectateurs. Un score nettement en deçà d'une comédie devenue culte et sortie il y a 42 ans : Les Ripoux de Claude Zidi, qui attira 5,88 millions de spectateurs.
Dans le numéro du mook Schnock paru au printemps 2016 qui était consacré à Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, qui lui donne la réplique dans le film, racontait justement sa rencontre avec ce monstre sacré du cinéma. Le début, aussi, d'une longue amitié jamais prise en défaut.
Films 7
"C'était notre première rencontre. Il y avait peut-être un peu de méfiance au départ -Noiret était d'une autre génération, et moi j'étais le jeune con qui venait du café-théâtre- mais elle s'est évanouie presque instantanément.
On s'est mis à parler, et on a commencé une conversation interrompue que 30 ans plus tard. On se parlait de la vie, de la grande aventure, de choses et d'autres... Des chevaux, aussi, qu'on avait en commun. On avait un regard assez proche sur la vie, un certain détachement. C'était une vie en parallèle, avec quelques années de différence.
C'était un des premiers films que je faisais avec un acteur "important". Et on a eu la chance que ce film soit un grand succès, on se retrouve avec bonheur quelques années plus tard. Et quand on a fait le 3e [NDR : en 2003], j'avais l'âge qu'il avait quand on a fait le premier.
Il aimait bien dire qu'il était artisan de son métier : de faire son métier le plus sérieusement possible, sans jamais se prendre au sérieux. [...] Il n'essayait pas de faire l'original, il l'était par sa personnalité. Et il s'en servait pour se mettre au service du texte, tout le temps". Emouvant hommage posthume pour un géant qui manque cruellement au cinéma.
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