Il appartient à cette nouvelle génération d'acteurs qui rythment le cinéma d'aujourd'hui. À l'instar de Paul Mescal, Josh O'Connor ou Jacob Elordi, Harris Dickinson monte les échelons de l'industrie à une vitesse impressionnante. Il a donné la réplique à Nicole Kidman dans le thriller Babygirl, joué dans la Palme d'or Sans filtre de Ruben Östlund et incarnera prochainement John Lennon dans le biopic épique des Beatles réalisé par Sam Mendes.
Il est aussi réalisateur. Urchin, son premier long métrage, a été récompensé au Festival de Cannes avec le Prix du meilleur acteur - dans la section Un Certain regard - pour Frank Dillane. Il y raconte le destin contrarié de Mike, un sans abri londonien qui tente de se sortir de la spirale de l'addiction. Le titre, Urchin, renvoie justement à l'image d'un jeune garçon livré à lui-même.
Aidé par l'interprétation de son acteur principal, d'une grande justesse, ce drame social séduit par ses idées de mise en scène modernes et son authenticité, s'inscrivant directement dans l'héritage du cinéma de Ken Loach. Également scénariste, Harris Dickinson s'est inspiré de ce qui l'intéressait le plus : les gens.
Une expérience intense
"J'adore notre folie, notre complexité et même notre côté absurde. C'est une histoire très personnelle, car elle est étroitement liée à ma vie, révèle le jeune cinéaste. L'hôtel où il travaille, par exemple, j'y ai travaillé aussi. L'endroit où il va ramasser les déchets, c'est également un boulot que j'ai fait."
Frank Dillane parle d'un tournage intense - bouclé en 28 jours seulement : "Je ne peux pas dire que cela a toujours été simple. Quand nous sommes arrivés à la fin du tournage, j'étais épuisé." L'acteur parle notamment d'une séquence, qu'il partage avec la Franco-britannique Megan Northam, qu'il a dû recommencer 32 fois.
Valentina Claret/PsnewZ/Bestimage
Maître mot : empathie
Les nombreux sujets qu'aborde le film, entre addictions et santé mentale, Harris Dickinson s'applique à les traiter avec empathie, sans une once de jugement pour son personnage. "Urchin montre quelqu'un qui, malgré tous ses efforts, se bat aussi contre lui-même, explique-t-il. Il se bat contre ses réflexes et le traumatisme qui le ronge. Comment transcender ça ? Comment s'en libérer ?"
Il poursuit : "Je pense que cette société devrait remettre en question son propre jugement et hypocrisie quand il est question des personnes que l'on croise dans la rue. Et je m'inclue dedans. Je ne prétends pas être un sauveur de cette cause. J'essaie simplement d'y contribuer."
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Cannes, en mai 2025.
Urchin est actuellement au cinéma