"Je ne suis pas capable d'avoir une conversation spontanée" : il y a 30 ans, cet acteur de Star Wars faisait une confidence touchante
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Invité dans l'émission The Dick Cavett Show en 1995, James Earl Jones, célèbre pour être notamment la voix de Dark Vador, racontait son long et constant combat contre son bégaiement, qu'il parvint à surmonter à force d'acharnement.

Lucasfilm Ltd.

Monstre sacré hollywoodien à la célèbre voix imposante et profonde, James Earl Jones tirait son ultime révérence en septembre 2024, à l'âge vénérable de 93 ans. Dans une carrière au très long cours, s'étalant sur plus de soixante ans, il aura incarné près de 190 rôles sur petit comme grand écran.

Et si une telle carrière fut fatalement parfois en dent de scie, elle reste émaillée de nombreux rôles inoubliables, comme celui, culte, dans Conan le barbare. Et, bien entendu, sa voix posée pour l'éternité sur le personnage de Dark Vador dans la saga Star Wars.

"je ne suis pas capable d'avoir une conversation spontanée"

En avril 1995, l'acteur fut l'invité dans l'excellente émission Dick Cavett Show présentée par l'animateur vedette du même nom. L'occasion pour Jones d'évoquer son long combat contre le bégaiement. Il confie ainsi qu'il n'éprouve aucune présomption ni arrogance vis-à-vis de sa voix célèbre, la qualifiant même de "l'amante la plus infidèle" qu'il ait jamais eu, car elle lui fait souvent défaut à cause de son bégaiement.

En raison de ce trouble qui l'a fortement marqué durant sa jeunesse, il explique qu'il lui est impossible de tenir une conversation impromptue ou d'enchaîner facilement des mots et des idées de manière spontanée :

"Je suis bègue. Non seulement je suis bègue, mais comme je l'ai été pendant si longtemps au cours de mes années de développement, je ne suis pas capable d'avoir une conversation spontanée. Autrement dit, je ne peux pas être animateur, par exemple. C'est impossible pour moi. Je n'arrive pas à enchaîner les idées et les mots aussi bien que ça".

Tout jeune élève, James Earl Jones était souvent mutique, et refusait même régulièrement de parler, par crainte de se mettre à bégayer au mauvais moment et pour éviter de cruelles moqueries.

Une première révélation pour lui fut la lecture -qu'on imagine douloureuse vu son handicap- d'un poème qu'il avait écrit, en classe, à la demande de son professeur. Un texte qu'il avait intitulé "Ode to a Grapefruit", soit "Ode à un pamplemousse". Jones se rendit alors compte qu'il arrivait à délivrer une diction tout à fait intelligible grâce à sa mémoire.

Un praticien lui conseilla alors de prendre des cours de théâtre : ce qui devait n'être au départ qu'une thérapie deviendra bientôt une passion dévorante, et une véritable planche de salut. Si son problème de bégaiement a largement été corrigé depuis, l'acteur a cependant expliqué toujours lutter contre, devant penser en amont à ce qu'il devait dire.

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