Mi Amor : après Mission : Impossible, Pom Klementieff partage l'affiche de ce thriller ultra rythmé avec Benoît Magimel
Laëtitia Forhan
Laëtitia Forhan
-Chef de rubrique cinéma
Fan de cinéma fantastique, de thrillers, et d’animation, elle rejoint la rédaction d’AlloCiné en 2007. Elle navigue depuis entre écriture d'articles, rencontres passionnantes et couvertures de festivals.

Guillaume Nicloux est de retour au cinéma avec le thriller "Mi amor" porté par Pom Klementieff et Benoît Magimel. Un film dans lequel la musique est bien plus qu'un simple accessoire.

Deux ans après Dans la peau de Blanche Houellebecq, Guillaume Nicloux revient avec Mi amor, un thriller porté par Pom Klementieff - révélée à l'international par les sagas Avengers et Mission : Impossible - Benoît Magimel et Freya Mavor.

Pom Klementieff incarne Romy, une DJ française venue mixer aux îles Canaries avec son amie Chloé (Freya Mavor). Mais au petit matin, Chloé disparaît sans laisser de trace et Romy, confrontée à l’indifférence des autorités, décide de mener sa propre enquête aux côtés de Vincent, le patron du club (Magimel).

Mi Amor
Mi Amor
Sortie : 6 mai 2026 | 1h 53min
De Guillaume Nicloux
Avec Pom Klementieff, Benoît Magimel, Freya Mavor
Presse
2,8
Spectateurs
4,0
Séances (157)

Ici, Guillaume Nicloux transforme la beauté solaire de l’île de Gran Canaria en décor d’un thriller oppressant, où l’absence, la paranoïa et les forces obscures qui hantent les lieux se conjuguent à une bande sonore techno omniprésente signée Irène Drésel et Sizo Del Givry.

Une bande-son comme moteur du récit

Car ce qui frappe le spectateur dans Mi amor, c’est la bande-son. Plus qu’un simple accompagnement, elle est un personnage à part entière, qui guide le récit jusqu’à l’obsession.

Contrairement à la plupart des productions, la bande originale n’a pas été composée en postproduction, mais en amont du tournage. Les artistes Irène Drésel et son partenaire de scène Sizo Del Givry ont d’abord écrit les morceaux que le personnage de Romy est censé mixer à l’écran.

Les Films du Kiosque

Ce choix a eu une conséquence déterminante : la musique n’est pas venue habiller le film, c’est le film qui s’est construit autour d’elle. Le réalisateur explique dans le dossier de presse :

"Je souhaitais une partition musicale importante mais je ne pensais pas que nous irions jusqu’à une durée d’1h53. Irène Drésel et Sizo ont composé en amont du tournage les morceaux de Romy puisqu’ils devaient être joués pendant les scènes de DJ.

Puis au montage, ils ont repris la composition dans l’ordre, en suivant la chronologie du scénario… Peu à peu, le film s’est construit avec ce cadre vampirisant… La musique a motivé certains de mes choix et dicté un rythme… Au bout d’un moment, il a semblé évident que la musique était un organe majeur du film et qu’elle allait l’irriguer sans interruption."

Une immersion sensorielle et mentale

Pensée comme importante, la musique a fini par devenir omniprésente, couvrant presque toute la durée du film. Ce choix répond à plusieurs intentions selon le cinéaste. D’abord, il prolonge l’état mental de l’héroïne. DJ de profession, Romy vit dans un monde où le son est constant, physique, presque viscéral. La musique devient alors l’expression directe de sa perception du réel, de plus en plus altérée. Elle traduit sa dérive intérieure, son angoisse, mais aussi son énergie, sa fuite en avant.

Les Films du Kiosque

Ensuite, cette continuité sonore crée une forme d’hypnose. La musique enferme le spectateur dans une expérience sensorielle, l’empêchant de “sortir” du film. Elle agit comme une transe, maintenant un état de tension permanent.

Des couleurs altérées

À cette dimension sonore s’ajoute un travail visuel radical. En collaboration avec le chef opérateur Romain Fisson, le réalisateur a utilisé un procédé infrarouge et modifié les capteurs de la caméra pour altérer les couleurs du décor. Le résultat : un monde utopique, aux teintes cuivrées et irréelles, qui semble répondre directement à la musique.

Guillaume Nicloux explique : "Avec Romain Fisson, le chef opérateur, nous avons déréglé les capteurs de la caméra et filmé avec un procédé infrarouge permettant d’altérer l’environnement sans dénaturer la carnation des visages.

Travailler de cette façon était troublant car nous avions sous nos yeux la réalité modifiée en direct. Nous avons supprimé plusieurs couleurs afin de n’en conserver que certaines. Il a fallu vérifier les vêtements portés à l’image, les objets et les véhicules, car selon les teintures, la colorimétrie ne réagissait pas de la même façon. »

Ainsi, Guillaume Nicloux transforme son thriller en expérience immersive, où le spectateur est pris dans un flux musical et visuel ininterrompu, à la frontière de la transe et de l’angoisse.

Mi amor est à découvrir au cinéma.

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