C'est au-delà du cercle polaire, tout au nord de la Norvège, que Sukkwan Island plante son décor. Dans ce paysage glacial et désert, un père et son fils cohabite pendant un an dans une minuscule cabane en bois isolée du monde. Les conditions de vie extrêmes vont pousser les deux personnages dans leurs retranchements et réveiller les dysfonctionnements de leur relation.
Ce film réalisé par Vladimir de Fontenay adapte le roman de David Vann, publié en 2009. Le long métrage, comme l'ouvrage avant lui, reposent sur une histoire vraie, celle de l'auteur et de sa relation conflictuelle avec son père. C'est suite au suicide de ce dernier que l'écrivain a entrepris la création de cette histoire.
Le réalisateur a découvert le roman grâce à son propre père. "J’ai vu une promesse de récit propice au cinéma dans cette tragédie familiale qui prend place au cœur de grands espaces, sous les aurores boréales", explique-t-il dans le dossier de presse.
Un tournage sous -30 degrés
Porté par Swann Arlaud dans le rôle du père et le jeune acteur Woody Norman, le film emprunte autant au thriller survivaliste qu'au drame intime, abordant des sujets encore tabous comme la santé mentale - entre autres, la dépression - et l'isolement.
Le tournage de Sukkwan Island n'a pas épargné ses comédiens, les plongeant dans les mêmes conditions que leurs personnages. "On a parfois tourné par -25 ou -30 degrés, détaille le cinéaste. Swann et Woody ont dit qu’ils n’avaient jamais vécu ça ! Mais ça a soudé toute l’équipe, et construit quelque chose de très puissant entre nous."
Le film a été tourné en deux parties : d'abord l'hiver, "quand c'était le plus dur et et que les comédiens ne se connaissaient pas encore très bien", puis l'été, saison qui "correspondait à ce moment du film un peu idyllique."
Sukkwan Island, actuellement en salle