Affaire Luc Besson : la justice refuse la réouverture de l'enquête pour viol
Laëtitia Forhan
Laëtitia Forhan
-Chef de rubrique cinéma
Fan de cinéma fantastique, de thrillers, et d’animation, elle rejoint la rédaction d’AlloCiné en 2007. Elle navigue depuis entre écriture d'articles, rencontres passionnantes et couvertures de festivals.

En mai dernier, le parquet général de la cour d’appel de Paris avait requis la réouverture de la procédure pour viol visant Luc Besson, à la suite de nouveaux éléments produits par la plaignante Sand Van Roy. La demande vient d'être rejetée.

PacificPressAgency / Bestimage

MAJ du 23 juin 2026 : La cour d'appel de Paris a rejeté la demande de réouverture de l'enquête visant Luc Besson dans l'affaire de viol dénoncée par l'actrice Sand Van Roy, a-t-on appris mardi 23 juin. L'information a été confirmée par les avocats des deux parties. L'avocat de Sand Van Roy a indiqué qu'un pourvoi en cassation serait formé, tandis que celui de Luc Besson a salué une décision qui maintient le non-lieu prononcé dans ce dossier.

Médiapart révèle que le parquet général de la cour d’appel de Paris a requis ce mardi 12 mai, la réouverture de la procédure pour viol visant Luc Besson. Cette demande fait suite à la production de nouveaux éléments matériels par la plaignante, Sand Van Roy.

La comédienne avait déposé plainte pour viol contre le réalisateur le 18 mai 2018. Elle accuse Luc Besson de l’avoir agressée et violée dans un hôtel parisien. Deux mois plus tard, Sand Van Roy dénonçait d'autres agressions sexuelles commises au cours de deux années d’une "relation d’emprise professionnelle" avec Luc Besson.

Le cinéaste a toujours contesté ces accusations, évoquant une relation consentie. Après plusieurs années d’enquête, un non-lieu avait été prononcé en décembre 2021, puis confirmé par la cour d’appel de Paris en 2022 et par la Cour de cassation en juin 2023.

De nouvelles analyses ADN

Selon les réquisitions du parquet général, que Mediapart a pu consulter, de nouvelles analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement porté par Sand Van Roy le soir des faits constitueraient "un élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles".

Dans sa requête motivant la décision du parquet général, consultée par Libération, l’avocat de la comédienne, Maître Antoine Gitton, indique que l’objet n’avait en réalité "jamais été expertisé de manière adéquate au cours de l’enquête", la zone arrière n’ayant pas "fait l’objet du moindre examen".

API / BESTIMAGE

Libération précise que Sand Van Roy a donc dû elle-même faire expertiser ses sous-vêtements, dans un laboratoire agréé aux Pays-Bas, puis par un huissier afin de constater que les scellés sont restés intacts, et enfin par une experte médico-légale en Belgique.

"L’ADN du mis en cause a été retrouvé, avec le degré de certitude le plus élevé, sur la partie postérieure du string", affirme Me Gitton sur la base des analyses. Ce dernier juge "inconcevable" que sa cliente ait dû engager les expertises à ses propres frais.

La requête mentionne également des divergences entre les déclarations des parties concernant les pratiques sexuelles évoquées dans le dossier. Elle indique que les résultats des analyses biologiques seraient, selon l’avocat de la plaignante, compatibles avec la version de Sand Van Roy et en contradiction avec celle de Luc Besson.

L'avocat de Luc Besson, Maître Thierry Marembert, rappelle de son côté que la justice française s’est déjà prononcée à plusieurs reprises dans cette affaire et qu’elle a systématiquement conclu à l’absence d’infraction pénale.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit examiner la demande de réouverture lors d’une audience prévue le 2 juin prochain.

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