Ça parle de quoi ?
Dans un gratte-ciel du centre de Séoul, une mystérieuse contamination se propage brusquement. L’immeuble est bouclé et toutes les personnes présentes confinées. Au départ, les infectés rampent comme des bêtes. Mais peu à peu, ils évoluent…
Douze ans plus tard
C'est un moment que les spectateurs qui l'ont découvert en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2014 auront bien du mal à oublier : après trois longs métrages d'animation, Yeon Sang-ho passait aux prises de vues réelles avec Dernier train pour Busan, huis-clos intense qui régénérait le film de zombies, avec des personnages bien écrits qui sortaient des archétypes dans lesquels ils semblaient enfermés comme les passagers des wagons dans lesquels l'épidémie explose.
277 241 spectateurs français sont ensuite montés à bord de ce train, deuxième épisode d'une franchise entamée avec le film d'animation (inédit en France) Seoul Station quelques années plus tôt et qui a placé le réalisateur parmi les talents coréens à suivre. Une euphorie qui est quelque peu retombée avec Peninsula, suite décevante sortie en octobre 2020 dans nos salles, dans un contexte de Covid qui n'a peut-être pas jouer en sa faveur.
The Jokers
Savoir que le réalisateur comptait persistait dans ce registre avait donc fait se lever quelques sourcils, mais il renoue avec le niveau de celui qui était le sien il y a douze ans. Sans l'effet de surprise, puisqu'il confronte de nouveau des humains à une horde de zombies au sein d'un lieu clos (ici une tour) mais sans donner l'impression de se répéter non plus car, comme les infectés de Colony, également présenté en Séance de Minuit à Cannes cette année, qui se mettent régulièrement à jour et gagnent en capacités cognitives, sa franchise évolue. Et amuse les spectateurs autant qu'elle le fait trembler.
Si Seoul Station, Dernier train pour Busan et Peninsula formaient une trilogie, Colony ne fait pas muter l'ensemble en tétralogie mais marque le début d'une nouvelle saga, qui résonne évidemment autrement en cette époque post-Covid, alors qu'il est ouvertement question de virus et d'antidote. On pense évidemment au Zombie de George A. Romero dans son centre commercial, autant qu'à Piège de cristal ou Matrix Reloaded (avec des morts-vivants en guise d'agents Smith multiples) devant cet opus ludique et efficace, qui montre que Yeon Sang-ho a encore des choses à nous raconter dans le genre horrifique.
Les zombies comme métaphore de l'IA
Et c'est ainsi qu'il présente ses zombies, qui agissent désormais de façon plus coordonnée, comme une métaphore de l'intelligence artificielle générative, dans leur manière d'apprendre par imitation et de reproduire les comportements humains sans réellement les comprendre, afin de produire le même type d'effet dérangeant pour le public. C'est peu dire que ça fonctionne, et qu'on se demande comment le metteur en scène continuera sur cette voie ensuite.
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