De quoi ça parle ?
À bientôt 40 ans, David Zimmerman est photographe mais personne ne le sait. Alors qu'il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit... Quelques heures plus tard, David se réveille : il est dans le corps de l’inconnue.
Et si vous vous réveilliez un matin dans le corps d’une autre personne ? C’est le point de départ de L’inconnue, présenté en compétition au dernier Festival de Cannes et porté par Léa Seydoux et Niels Schneider.
À la croisée du thriller et du fantastique, L’inconnue nous plonge dans une ambiance que vous n'êtes pas prêts d'oublier, avec une intrigue dense, troublante et pleine de mystères. Un récit qui évoque certaines œuvres de David Lynch ou de Michelangelo Antonioni, et qui invite le spectateur à s’interroger sur l’identité, l’apparence et la perception de soi.
L'univers du film est volontiers énigmatique, et c'est un des éléments qui a séduit le tandem au casting du film.
"J'ai toujours été assez attirée par des sujets qui sont un peu des sujets existentiels. J'avais aussi fait un film assez différent, mais qui peut aborder des thèmes un peu similaires, avec La Bête de Bertrand Bonello. Et aussi France de Bruno Dumont, c'est aussi un peu sur qu'est-ce que c'est que d'être vivant, finalement, répond Léa Seydoux.
Pour moi, le film parle de ça avant tout. Et donc, oui, j'aime ces sujets-là. Et là, en l'occurrence, pour le film d'Arthur, c'était vraiment complètement fou de jouer un homme coincé dans le corps d'une femme et ce postulat de départ, qui est évidemment complètement fantastique, m'a permis d'aller explorer un peu la nature humaine d'une façon que j'ai trouvée absolument passionnante."
"Le film est conçu pour interroger sur des questions assez universelles sur l'identité"
Niels Schneider complète : "Je pense que le film est conçu pour ne pas donner de réponses et pour interroger sur des questions assez universelles sur l'identité. Et même le fait, moi, je l'ai vu plusieurs fois, le film, et le film continue de se transformer, bizarrement, à se métamorphoser comme les personnages. L'identité, finalement, circule dans le film. Je trouve ça très beau que le film existe différemment pour tous les spectateurs."
"Quand j'ai lu le scénario, je ne savais pas exactement de quoi ça parlait. Mais en même temps, ça m'a posé 150 000 questions qui sont très profondes. Qui sommes-nous? Comment continuer quand tout ce qui nous constitue s'effondre ? De quoi sommes-nous faits ? Est-ce qu'on est nous-mêmes si on a un corps différent ? Est-ce qu'être nous-mêmes, ça se passe dans le regard de l'autre, de la personne qui nous regarde ? J'ai traversé ce film comme une expérience. Et le film n'a pas du tout la prétention de répondre à ces questions-là, mais plutôt à s'interroger. Je trouve que c'est la plus belle manière de rendre ce film vivant, et pas figé".
L’inconnue est l’adaptation du roman graphique “Le Cas David Zimmerman”, coécrit par Arthur Harari, le réalisateur du film, et son frère Lucas Harari. Publiée en 2018, la bande dessinée avait rencontré un bel accueil, décrochant entre autres le Prix Les Inrockuptibles BD.
Propos recueillis par Brigitte Baronnet au Festival de Cannes 2026